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Seul sur Mars (2015), I’ll be back

Seul-sur-Mars-afficheSeul sur Mars (The Martian) est très certainement le premier film « réaliste » sur Mars. Fini l’ivresse de l’apesanteur ou les envolées lyriques de la métaphysique, place à la colonisation d’une nouvelle contrée, comme à la grande époque de la conquête de l’Ouest.

Synopsis :

Au cours d’une mission spatiale habitée sur Mars, et à la suite d’un violent orage, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort et abandonné sur place par son équipage. Mais Watney a survécu et se retrouve seul sur cette planète hostile…

 

De la toile internet à la toile de cinéma
    

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© 20th Century Fox 2015

    
C’est sous la forme d’un feuilleton posté sur internet par son auteur Andy Weir sur trois ans à partir de 2009 que le récit Seul sur Mars a vu le jour. Une mise en vente sur  Amazon, l’achat par un éditeur et une prise d’option par une société de production plus tard et voilà ce récit propulsé sur le devant de la scène cinématographique. Ou comment un auteur tout seul dans son coin voit son œuvre passer de la toile internet à la toile de la salle de cinéma.

Qui plus est pas par n’importe qui mais par Ridley Scott. Soit le réalisateur visionnaire d’œuvres de science-fiction comme Blade Runner (année), Alien, le huitième passager (1979) et hum… Prometheus (2012).
   

«  Je  vais  devoir  en  chier  de  la science. »

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© 20th Century Fox 2015

  
Voilà, c’est fini, l’espace n’est plus un rêve, un désir mais devient une réalité bien concrète. Fi de la métaphysique (2001, l’odyssée de l’espaceInterstellar), fi de la fantasy (les sagas Star Wars ou Alien…) et fi de la solitude et de l’ivresse de la gravité (Gravity, Mission to Mars…). Seul sur Mars fait entrer l’espace au cinéma dans l’ère du concret, soit l’adoption d’un habitat sédentaire sur une autre planète de notre système solaire par un être humain.

Dorénavant, être seul à des centaines de millions de kilomètres de la Terre n’entraînera plus forcément le personnage principal jusque dans les arcanes de la folie. Il lui suffira pour cela de disposer d’une bonne discothèque disco – musique vintage et décalée comme pour Les Gardiens de la Galaxie – et de rester cool en toute circonstance comme Matt Damon et… le personnage de Fonzy dans la série Happy Days (1974-1984) qui est cité dans le film.

Avec cette attitude, voir sa combinaison transpercée lors d’une tempête de sable ne conduira plus forcément à une mort certaine. Et pour subsister alors que ses provisions s’amenuisent, il suffira presque de planter quelques patates sous serre et d’utiliser ses excréments comme engrais.

L’astronaute Mark Watney est le premier habitant non indigène sur Mars – le titre original du film est The Martian – qui va vivre « presque » comme sur Terre. Ce qui va ôter un peu tout suspens au film.
   

Un film réaliste ?
   

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© 20th Century Fox 2015

    
Mais contrairement à ce que peut laisser penser le titre français du film, Mark Watney ne sera pas tout seul mais il aura toute une planète, la nôtre, pour le soutenir à plus de 225 millions de kilomètres de distance.

Donc à l’heure où Mars semble être la planète la plus à même d’accueillir de futurs colons terriens, le romancier Andy Weir, le scénariste Drew Goddard (World War Z, Daredevil) et le réalisateur Ridley Scott vont anticiper ce probable quotidien de demain, envisagé par la NASA.

Une simulation « réaliste » que l’on retrouve dans les décors, les costumes, les paysages et les situations qui peuvent paraître crédibles malgré les invraisemblances – l’atmosphère sur Mars est par exemple plus fine que sur Terre donc une tempête violente comme celle du film est impossible -. Mark Watney va même croiser la route de la « vraie » sonde spatiale Pathfinder qui s’est posée sur le sol martien en 1997 – le film se passe en 2038 -..
    

Quand l’espace devient

une succession d’équations à résoudre
    

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© 20th Century Fox 2015

    
Ici, pas d’immersion ou de volonté de nous faire partager cette expérience unique et fictive de vivre « réellement » seul sur Mars. Le silence angoissant mais aussi poétique de l’espace laisse donc la place aux humeurs du personnage principal – via le journal de bord filmé auquel il s’attelle pour laisser une trace… scientifique – et aux discussions des équipes « au sol » pour lui venir en aide.

Car le lien avec la Terre n’est pas coupé malgré la distance. C’est un peu le côté ironique de ce film que ce soit le réalisateur du film où « dans l’espace, personne ne vous entendra crier » qui réalise un film où les gens n’ont jamais autant communiqué entre eux à une telle distance. Même le récent Interstellar (2014) avec le même Matt Damon coupait le cordon.

Seul sur Mars est un donc un film plein de bons sentiments qui va trancher avec les précédents films de Ridley Scott et des autres films de science-fiction. Ici, l’espace n’est plus un territoire inconnu ou une source de conflits – même les nations se rallieront pour sauver le martien – mais une succession d’équations scientifiques à résoudre les unes après les autres : comment  se nourrir durablement  ?  Comment  entrer  en  communication  avec  la Terre quand son matériel est hors service ? Comment anticiper le manque d’oxygène ? etc. etc.

Faut-il s’en réjouir ?
   

   
En savoir plus :

  • date de sortie France : 21/10/2015
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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