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[CRITIQUE] “Made in Femina” par la compagnie A Corps’ Intimes : Au cœur de l’intime féminin

Dans Made in Femina, quatre femmes sur scène (trois interprètes et une violoncelliste) nous présentent les étapes majeures du parcours de la femme à travers les textes de Virginie Sala et Anne de Commines.

Synopsis :

Le cycle féminin dans tous ses états est porté à la scène à travers plusieurs parcours de femmes. Toutes ces femmes parlent de leurs corps et des sensations ressenties depuis le jour où elles sont devenues « femmes » jusqu’au moment où elles ont donné la vie. Une violoncelliste accompagne en musique ce voyage au coeur de l’intime féminin.

« Mon sang s’écoule comme un art potentiel.
Ma déchirure crie, obsédée d’insondable. »

 

Made in Femina image1
© D.R.

 

Basés sur leurs propres expériences et sur une trentaine de témoignages de femmes, les saynètes de Made in Femina nous présentent les différents vécus de ces femmes : l’arrivée des premières règles, le premier rapport sexuel, l’avortement, la fausse couche jusqu’à l’accouchement. Elles abordent sur scène des sujets qu’on ne voit pas d’habitude au théâtre.

Les textes sont directs, crus, poétiques, tendres et brutaux, magnifiquement écrits. Ils mettent en lumière la douleur d’être une femme dans un monde où perdurent l’héritage culturel, le poids religieux et où les croyances sociétales sont tenaces… un monde où le regard que l’on porte sur les femmes est difficile à changer.

Made in Femina :
Trois interprètes superbes
et des mots crus et poétiques

 

made in femina 2 - image
© D.R.

 

Les trois interprètes de Made in Femina, Margot Châron, Maïlis Jeunesse et Virginia Sala, portent superbement ces textes de Made in Femina. Elles les incarnent et nous les transmettent avec toutes leurs émotions. Elles nous amusent au début lors de la présentation de l’intérêt de la “moon cup” ou nous touchent profondément lors du témoignage de l’avortement. Les notes omniprésentes d’Emmanuelle Robert renforcent les émotions et sont voulus comme l’incarnation sonore de leur âme, de leur humanité et de leur révolte.

Côté mise en scène, un voilage blanc est manipulé par les comédiennes tout au long de la pièce Made in Femina pour délimiter les lieux ou préserver l’intimité des femmes. La couleur rouge, portée par les comédiennes est de plus en plus présente tout au long des scénettes, véritable signifiant des douleurs et des passions des personnages venus témoignés.

Cette pièce est la première création de la compagnie A Corps’intime. Cette compagnie réunit comédien(ne)s, écrivain(e)s, poètes, musicien(ne)s, graphistes, scénographes autour d’écritures contemporaines qui s’attachent à parler de l’intime et à le mettre en scène. Le contre-point masculin de Made in Femina est prévu.

Les femmes se retrouvent dans les témoignages, les hommes découvrent ou approfondissent leur connaissance sur ce que c’est qu’être une femme. Les auteures ont choisi l’angle de la douleur d’être une femme, mais il est bon aussi d’en être une. On aurait souhaité un peu plus souvent de légèreté et de rires comme lors de la scène de la conférence où les comédiennes s’en donnent à cœur joie et où on se régale.

 

En savoir plus :

  • Made in Femina au théâtre de la Manufacture des Abbesses (Paris, France) du 26  août au 3 octobre 2015
Cathy Ellissèche

Cathy Ellissèche

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Dévoreuse de livres, passionnée de danse, de théâtre et de cinéma, je suis curieuse et friande de toutes créations (même en arts plastiques) qui font s'agiter mes émotions.

TOP 4 CINÉMA : "Les Tontons flingueurs" de George Lautner (1963), "Singing in the Rain" de Stanley Donen et Gene Kelly (1952), "Star Wars, épisode V : L'Empire contre-attaque" de Irvin Kershner (1980), "Gran Torino" de Clint Eastwood (2008)
TOP 4 LITTÉRATURE : "L'Ombre du Vent" de Carlos Ruiz Lafont, "Compartiment pour Dames" de Anita Nair, "Les Dieux voyagent toujours incognito" de Laurent Gounelle, "Harry Potter à l'Ecole des Sorciers" de J K Rowling
Cathy Ellissèche

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