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Red Rose - affiche

Red Rose (2015), l’amour pendant la guerre

RED ROSE - Affiche
© Urban Distribution

Cinquième long métrage de la réalisatrice Sepideh Farsi, Red Rose revient sur la contestation iranienne de 2009, et en fait le décor d’une singulière histoire d’amour. Histoire de la rencontre entre une jeune pasionaria et un homme désabusé, en des temps troublés.

Synopsis :

Téhéran, juin 2009, au lendemain de l’élection présidentielle usurpée. Le tumulte d’une ville qui tangue sous la « Vague verte » de contestation. Un appartement comme lieu de refuge. Un homme (Vassilis Koukalani) et une femme (Mina Kavani) de deux générations différentes. Un téléphone portable et un ordinateur pour relayer les nouvelles de la révolte. Une histoire d’amour qui bouleversera le cours de deux existences. 

L’âge n’est qu’un nombre

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© Urban Distribution

  Si la différence d’âge entre les deux protagonistes est assez élevée, cela ne gêne pas longtemps les deux protagonistes. On peut sentir dès les premières scènes du film – love at the fisrt sight ? – l’attraction qu’exerce sur la jeune Sara (Mina Kavani) l’univers de l’homme mûr Ali (Vassilis Koukalani), alors même qu’ils se rencontrent dans des circonstances loin d’être sans danger. La différence d’âge peut également expliquer les réactions de chacun des protagonistes face à la révolution qui gronde à l’extérieur. Sara, de par sa jeunesse, veut rester ouverte sur le monde, est pleine de convictions, tandis qu’Ali, acteur de la grande révolution précédente  (1979), semble revenu de tout. La fougue de cette dernière va venir bousculer le petit cocon tranquille dans lequel il s’est réfugié. Son intérêt grandissant pour la jeune femme, et sans doute la peur pour elle, vont l’amener à  s’intéresser de nouveau à ce qui se passe à l’extérieur.  Comme une symbolique, il va rouvrir les rideaux de sa maison, lui qui vivait jusque-là en les gardant soigneusement fermés.

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© Urban Distribution

Le contexte politique

Le contexte politique, la réalisatrice Sepideh Farsi s’applique à le garder en arrière-plan, ne le laissant intervenir tout d’abord qu’en fond sonore, sous la forme de la rumeur de la rue qui monte jusqu’à l’appartement. Puis elle le fait apparaître à travers des images volées, recueillies au péril de leurs vies par les militants. Un choix qui marque aussi la modernité de cette révolution dont les acteurs profitent à fond des armes de leur temps. On peut d’ailleurs établir un parallèle entre la montée des événements et la force grandissante des sentiments entre les deux protagonistes, comme si, bien qu’ils s’efforcent de l’ignorer, la réalité autour d’eux ne cesse de les conditionner avant de brutalement les rattraper. 

Magnétique Mina Kavani

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© Urban Distribution

La jeune actrice Mina Kavani est saisissante, et pas seulement grâce à ses magnifiques yeux bleus toujours cernés de khôl. Elle incarne à la perfection ce mélange de candeur et de conviction propres à la jeunesse. S’y ajoute un brin de sauvagerie, une aura mystérieuse et surprenante pour une jeune femme s’exprimant souvent en images – nouvelles pratiques d’une autre génération -. On peut aisément comprendre qu’un homme, quel que soit son âge, en perd la tête et soit emporté dans son tourbillon.  Tourbillon magnifiquement illustré par une scène où les deux amoureux s’enferment dans un instant comme suspendu dans le temps.  Ils chantent ensemble une chanson du patrimoine iranien, comme pour s’accrocher à ce qui est beau dans leur culture. Ils partagent une cigarette comme deux gosses commettant un acte hautement subversif, s’étourdissent d’amour et de substance illicites, le tout filmé de manière singulière et magnifié par la musique de Ibrahim Maalouf. On a juste envie de dire MERCI, comme le disent souvent  les acteurs en français dans le film, à Sepideh Farsi pour cette histoire qui démontre que même en temps de guerre, l’amour comme la nature, peut reprendre ses droits. MERCI à tous ces courageux comédiens pour avoir pris le risque de ne plus revoir le pays, pour nous livrer cette ode à la liberté et à la vie. MERCI pour cette vue de l’intérieur, qui montre bien que les êtres humains et leurs sentiments ne peuvent pas totalement être réprimés par ceux qui font régner la terreur…   

En savoir plus : 

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