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[ITW] Sepideh Farsi (Red Rose, 2015)

Sepideh Farsi - image
© Urban Distribution
Sorti en salles le 09 septembre, Red Rose raconte une histoire d’amour dans un contexte politique très tendu. Une histoire d’amour qui dépasse les différences d’âges, se joue de la violente réalité, même si celle- ci n’est jamais très loin. Rencontre en toute simplicité avec Sepideh Farsi, une réalisatrice généreuse et engagée.

Synopsis :

Téhéran, juin 2009, au lendemain de l’élection présidentielle usurpée. Le tumulte d’une ville qui tangue sous la « vague verte » de contestation. Un appartement comme lieu de refuge. Un homme (Vassilis Koukalani) et une femme (Mina Kavani) de deux générations différentes. Un téléphone portable et un ordinateur pour relayer les nouvelles de la révolte. Une histoire d’amour qui bouleversera le cours des deux existences.

« La captation, par téléphone ou par caméra,

était devenue une arme de combat »

 

RED ROSE - image
© Urban Distribution

 

Bulles de Culture (BdC) : Bonjour et merci à vous de nous recevoir. Pourquoi avoir choisi une histoire d’amour pour évoquer le conflit et pas le contexte politique directement ? Comment vous est venu l’idée du film ?

Sepideh Farsi (SE) : C’est Javad [NDLR : Javad Djavahery, le co-scénariste] qui m’a proposé le sujet avant de commencer à écrire. Il me parle de ces composantes : une histoire d’amour, une passion amoureuse à Téhéran, deux générations, un homme plus âgé et une femme très jeune, le militantisme, plus le contexte politique. C’était en 2011, on venait à peine de sortir la tête de l’eau parce que nous avions tous été très touchés et très actifs aussi. Militant même à l’extérieur, nous étions tellement imprégnés de 2009, que Javad m’a dit, il faut en parler dans ce contexte-là. Pour moi c’était une combinaison pertinente.

Pourquoi ne pas avoir fait directement un film politique ? Parce que cela avait déjà été fait et j’aurais alors préféré faire un documentaire et pas une fiction.

BdC :  Et vous êtes plutôt douée en documentaire… (sourires)

SF : Oui, j’en ai fait quelques-uns, en effet, et reconstituer ça ne m’intéressait pas parce que le mouvement était déjà en baisse de régime, il était déjà maté dans le sang… Ce qui était intéressant pour moi, c’était aussi le défi de faire ce mélange images d’archives et fiction. Et comme ces images- là étaient très particulières parce que filmées par des citoyens non professionnels, elles ont une énergie incroyable, un côté brut, à la fois par l’amateurisme de celui qui filme, et par la violence qui est en face.

D’ailleurs, dans un tout petit bout du film, on voit un des miliciens en civil qui a une caméra au poing, et un militant qui filme aussi. Ils se filment au lieu de se tirer dessus ! Et c’est ça, c’est vraiment extraordinaire, ça veut dire que la captation, par téléphone ou par caméra, était devenue une arme de combat ! Et ça c’était vraiment quelque chose de nouveau  dans ce mouvement. Du coup, ayant déjà fait un film avec un portable, tout cela était fascinant pour moi et formait cette combinaison très pertinente. C’est comme ça que ça a commencé et on est très vite arrivé au scénario du film. 

BdC : Parlons de la qualité des images au début du film, sont-elles volontairement floutées ?

SF : Non, la qualité des images était très basse puisque c’étaient des téléphones de 2 à 3 générations avant. Du coup, la définition n’était pas de la HD, mais 2 à 3 crans en dessous et il fallait les mettre à côté d’images de fiction. On ne pouvait pas les égaliser et ce n’était pas intéressant non plus. je ne voulais pas gommer la différence. Du coup, on a essayé de trouver un grain pour essayer d’homogénéiser ces images, enlever le côté vidéo pixélisé plutôt moche et ça donne un côté qui peut paraître flouté. Ce n’est pas un floutage , c’est juste le traitement esthétique que l’on a choisi pour l’uniformiser.

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