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Much Loved - affiche

#Quinzaine2015 – Much Loved (2015) de Nabil Ayouch

Much Loved - afficheDu 28 mai au 7 juin 2015, le Forum des Images a organisé la reprise de la sélection de La Quinzaine des Réalisateurs. Le public parisien peut ainsi découvrir l’ensemble des films qui ont été proposés dans la compétition parallèle du dernier Festival de Cannes. C’est donc dans ce cadre que Bulles de Culture a découvert Much Loved de Nabil Ayouch. Notre avis sur un film qui a fait grand bruit sur la Croisette.

Synopsis :

Noha (Loubna Abidar), Randa (Asmaa Lazrak), Soukaina (Halima Karaouane) et Hilma (Sara Elmhamdi-Elalaoui) sont des prostituées marocaines. Elles vendent sans vergogne du plaisir à des hommes qui n’hésitent pas à les humilier. Sans aucune aide extérieure, elles sont livrées à elle-mêmes. Elles tentent pourtant de vivre leur quotidien en tant que femmes épanouies, en recouvrant le jour la dignité qu’elles perdent la nuit. 

Une œuvre engagée

 
© Virginie-Surdej

Nabil Ayouch livre une œuvre engagée qu’il refuse de qualifier de choc. La mise en scène est plus qu’audacieuse. Elle sait perturber les codes du cinéma marocain. Le cinéaste sait filmer cette détresse féminine, montrant ces prostituées accomplir les pires choses pour exciter le client. L’œuvre est en soi très dure car elle montre une image féminine dégradée.

Paradoxalement, les scènes les plus perturbantes ne sont pas liées à la nudité, ni à la séquence du viol où un policier abuse de l’une de ces femmes pour classer un dossier. On est en effet davantage gêné lorsqu’on voit ces jeunes prostituées à quatre pattes, en train par exemple d’imiter un cheval devant leurs riches clients.

L’angle de vue fait ressortir toute la soumission malsaine des protagonistes à l’égard de ceux qui pourraient être leurs bourreaux. Ces derniers ont un manque de considération scandaleux envers leurs victimes.

Un film qui dépasse la fiction

© Virginie-Surdej

La fiction est empreinte d’une réalité qui résulte notamment du choix des comédiennes, certaines  étant d’anciennes prostituées.

Au-delà du casting, le réalisateur a touché dans le mille en ébranlant certains faux-semblants moraux de cette société marocaine encore marquée par un fort machisme. Le film a en effet été interdit de diffusion au Maroc, signe d’un profond malaise autour de ce sujet. Une page Facebook a également demandé  l’exécution du réalisateur et de ses comédiennes. Certains extraits du film ont même fuité sur Internet pour montrer que l’œuvre était obscène alors que c’est pourtant le contraire : elle est pleine d’humanité.

Une œuvre réussie et respectueuse de la femme

 
© Virginie-Surdej

Sur le plan artistique, elle est parfaite. L’écriture du scénario est minutieusement travaillée, à la fois épuré et sans fausse note. La trame ne comporte aucune longueur. Chose rare pour un film sociétal, on est en constante attention durant toute sa durée.

Nabil Ayouch se permet également beaucoup d’humour avec quelques situations aux dialogues corrosifs et piquants.

La technique est également juste. Le réalisateur filme avec amour des comédiennes qui défendent leurs rôles comme de véritable professionnelle du cinéma. Much Loved est donc un film profondément authentique, extrêmement respectueux de la femme. Il est à espérer que ses détracteurs n’arrivent pas à ternir une œuvre que l’on espère capable de faire bouger les barrières.

Update: 16/06/2015


 

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