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Youth - affiche

#CANNES2015 – JOUR 9, Youth (2015) & Dheepan (2015)

Dheepan - afficheYouth - affiche 

Dernière journée du marché du film, le festival sent terriblement la fin ! Il ne reste que peu de films à découvrir et on sent que la frénésie de Mommy de l’année dernière n’aura pas lieu pour cette édition 2015. Peu importe, on continue de découvrir des films de qualité avec aujourd’hui : Youth de Paolo Sorrentino et Dheepan de Jacques Audiard.

Youth, parfum de jeunesse

Youth - image
© Gianni Fiorito

Le pari de Paolo Sorrentino avec Youth est osé. A l’instar de Indian Palace ou Red, il succombe ainsi à cette mode de refaire tourner des acteurs d’une autre génération – ici, Michael Caine, Harvey Keitel, Jane Fonda – mais qu’on aime toujours autant.

Dans le film, présenté en compétition cannoise, il renvoie ces monuments du cinéma faire une cure de jeunesse et rencontrer la tentation, en côtoyant de jolies filles ainsi que la sublime Rachel Weisz qui redonnera vigueur au plus endormi d’entre eux.

Chaque personnage est dans un tournant de son existence. L’un, chef d’orchestre, doit donner son ultime représentation devant la reine d’Angleterre. L’autre, réalisateur, tourne sa dernière œuvre annoncée comme son testament artistique.

On se souvient de La Grande Bellezza, présentée déjà en compétition officielle à Cannes. Le film avait emballé les festivaliers. Il nous avait pourtant déçu. On retrouve beaucoup de points communs entre les deux œuvres, notamment sur le côté festif, la dolce vita italienne.
Pour autant, on est emporté par cette nouvelle proposition de Paolo Sorrentino qui réussit à donner davantage de dynamisme à un style résolument joyeux.
La musicalité est très forte. Elle sert le fond, notamment avec des scènes de chansons interprétées par l’orchestre de l’institut de jouvence dans lequel résident les protagonistes.

On retrouve ce débordement de vie dans plusieurs plans de caméra ambitieux. Le réalisateur filme avec passion des paysages aux couleurs vives. Il travaille sa caméra sur les mises au point.

On aime beaucoup deux scènes. La première est liée à l’apparition de Jane Fonda dans laquelle elle envoie la charge lourde contre l’industrie du cinéma avec une ironie extrême. Un grand moment d’auto-dérision, surtout lorsqu’on connaît le parcours en ascenseur de l’immense vedette.

La seconde scène est liée à une projection dans les pensées du personnage joué par Harvey Keitel. Il se souvient des actrices qu’il a fait tournées, parfois dans des postures improbables, comme dans le film policier futuriste cité.

Le couple Michael Caine et Rachel Weisz fonctionne parfaitement dans leur relation père-fille. Ils ont besoin l’un de l’autre pour avancer, montrant à l’écran une affection à la fois retenue mais intense.

On espère un prix pour ce Youth qui met de la bonne humeur dans l’esprit d’un festivalier, marqué par des sujets difficiles. Le film est un bol de jouvence et une cure de beauté.

 

Audiard, ça Dheepan

Dheepan - image
© Paul-Arnaud
Why Not Productions

Jacques Audiard a marqué plusieurs fois de son empreinte le festival de Cannes : De rouille et d’os, Un prophète – ce dernier film ayant d’ailleurs reçu le Grand Prix du jury en 2009 -. On avait donc une grosse attente autour de ce Dheepan mettant en scène des acteurs amateurs tamouls.

Le film retrace d’ailleurs l’histoire d’un réfugié sri-lankais venu en France pour essayer de trouver une vie meilleure. Accueillie dans une cité difficile, il va vite prendre conscience des difficultés à survivre dans un milieu qui lui est hostile.

Le réalisateur livre un film complétement à son image. Il commence par exposer un témoignage de vie pour monter crescendo dans une violence extrême. Ce film est particulièrement choc avec la métaphore d’une guerre civile sri-lankaise que le personnage principal a pourtant essayé de fuir.

La mise en scène est très punchy. On n’a pas le temps de se reposer entre les camps de réfugiés, les fusillades, la traversée des émigrants vers l’Europe… Le réalisateur touche paradoxalement à un sujet très actuel, sans jamais prendre parti.

L’argent facile est une tentation pour cet étranger en difficulté. C’est toute la portée de la dramaturgie du film qui est dressée d’une manière très intelligente. Néanmoins, la faiblesse du film vient comme souvent de ses atouts. En faisant tourner des sri-lankais, Jacques Audiard choisit la touche de l’authenticité. Aussi, le casting manque un peu de profondeur et peine à transmettre les émotions.

Une petite déception pour un film intéressant mais qui laisse au final assez froid.

 

Update: 09/09/2015

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