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La Nina de Fuego - affiche

La Niña de Fuego (2014) de Carlos Vermut

La Nina de Fuego - affiche

Couronné du Coquillage d’Or du Meilleur film et du Coquillage d’Argent du Meilleur réalisateur au Festival de San Sebastian 2014, La Niña de Fuego (Magical Girl, 2014) de Carlos Vermut dresse le portrait d’une Espagne contemporaine fortement affaiblie par la crise économique, où chacun est prêt à tout pour préserver sa vie. « J’espère que le public rendra justice à La Niña de Fuego qui est, pour moi, la grande révélation du cinéma espagnol de ce siècle » (Pedro Almodóvar).

Synopsis : Bárbara (Bárbara Lennie) est une belle femme vénéneuse et psychologiquement instable que son mari tente de contenir. Damiàn (José Sacristán) n’ose pas sortir de prison de peur de la revoir. Luis (Luis Bermejo) 
veut la faire chanter mais ne réalise pas encore qu’il joue avec le feu. Le trio se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…

Un mélange de genres, du tragique à l’absurde

La Nina de Fuego - image
© D.R.

La Niña de Fuego n’est pas un film limpide et linéaire pour le spectateur. Le rythme lent et elliptique nous invite à décoder, à nous imprégner du monde qui entoure les personnages pour mieux les comprendre. On cherche la dernière pièce du puzzle, à l’instar de Luis qui s’adonne au puzzle depuis qu’il est sorti de prison. Des indices parsèment le film, comme la discussion qui suggère que l’acceptation de la corrida en Espagne est révélatrice d’une tension non résolue entre la raison et l’émotion.

Le réalisateur revendique une inspiration du cinéma coréen où des codes de genre sont appliqués et sont indissociables de l’intrigue. Des moments de comédie grinçante se mêlent ainsi aux codes du film noir et aident les spectateurs à s’investir dans le parcours des personnages. La relation que Luis entretient avec sa fille mourante est particulièrement touchant, tant dans sa quête inébranlable d’une robe de manga convoitée par sa fille que dans son incapacité à lui offrir sa présence.

L’Espagne, personnage à part entière de l’intrigue

La Nina de Fuego - image
© D.R.

La matière du film est dure et empreinte d’une grande violence que le réalisateur sous-entend. Outre le drame qui se joue devant nous, c’est la situation économique espagnole qui voit son portrait tracé en filigrane avec ces personnages qui peinent terriblement à vivre dans ce monde rude.

Le film garde farouchement le mystère tant dans sa narration que dans sa forme, faite de vignettes et d’un rythme lent. Ce côté cryptique peut dérouter certains spectateurs et les désengager de l’histoire, mais nul ne se sentira indifférent à la douleur des personnages et au jeu brillant des acteurs qui les incarnent avec beaucoup de profondeur et d’émotion. La performance distante de Bárbara Lennie lui a valu le Goya d’interprétation féminine, mais celles de José Sacristán et Luis Bermejo sont tout aussi magistrales.

La Niña de Fuego raconte l’histoire de trois destins se (re)croisant et nous fait réfléchir sur le monde d’aujourd’hui, sur ce qui nous pousse vers l’amour ou vers le désespoir.

C’est un film rude mais puissant.

En savoir plus :

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