//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / [DOSSIER] Jacques Audiard, l’homme qui s’est fait un prénom
Jacques Audiard - image
© Eponine Momenceau

[DOSSIER] Jacques Audiard, l’homme qui s’est fait un prénom

Fils du célèbre dialoguiste, écrivain, scénariste et réalisateur français Michel Audiard, Jacques Audiard mettra une vingtaine d’années pour se détacher de celui-ci et créer ses premières œuvres en tant que cinéaste. De Regarde les hommes tomber (1994) à Dheepan, retour sur la filmographie d’un auteur de “re-nom” qui a su se faire un prénom.

Jacques Audiard,
fils de Michel Audiard

 

Le Professionnel - afficheNé le 30 avril 1952 à Paris, Jacques Audiard est donc le fils de Michel Audiard, Le Michel Audiard de Un singe en hiver (1962), Les Tontons flingueurs, Garde à vue (1981) Aussi pas étonnant que si Jacques fait au départ des études loin du cinéma – milieu dans lequel il baigne depuis tout petit -, il ne tarde pas à se rendre très vite à l’évidence : il a aussi envie de faire du cinéma. Quel meilleur moyen de le faire que d’apprendre auprès de papa ?

Alors après des expériences sur les plateaux de tournage et dans les salles de montage, il participe à l’écriture de scénarios avec son père bien sûr (Le Professionnel, Mortelle Randonnée…) mais aussi auprès d’autres scénaristes – avec Josiane Balasko et Michel Blanc pour Grosse Fatigue, avec Tonie Marshall et Marion Vernoux pour Vénus beauté (institut)… -.

Jacques Audiard, le cinéaste

 

Regarde les hommes tomber - afficheC’est en 1994 que le réalisateur Jacques Audiard signe un premier film de son nom… et de son prénom. Mort en 1985, son père ne verra pas son fils franchir ce pas. Ce pas que son père n’a pas vraiment réussi avec ses propres réalisations (Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !…), son fils l’effectue avec maestria.

Premier coup d’essai, premier coup de maître. Regarde les hommes tomber (1994) avec le duo générationnel Jean-Louis Trintignant/Mathieu Kassovitz remporte 3 Césars : meilleure première œuvre, meilleur espoir masculin (Mathieu Kassovitz) et meilleur montage (Juliette Welfling).

Un heros très discret - afficheLe deuxième coup d’essai est pas mal non plus. Un héros très discret (1996), à l’écriture toujours aussi complexe et exigeante, décroche le Prix du meilleur scénario au Festival de Cannes.

Jacques Audiard prend alors son temps pour les films suivants (5 ans en moyenne entre chaque film) et peaufine dans les moindres détails ses scénarios (toujours écrits à plusieurs mains), ses tournages et ses montages. Le cinéma de genre va alors entrer encore plus profondément dans son cinéma exigeant où l’esthétisme cotoie une dure réalité sociale.

Sur mes lèvres - afficheEn 2001, Sur mes lèvres (2001) est une romance sur fond de thriller où Jacques Audiard s’appuie de nouveau sur un étonnant duo formé par Emmanuelle Devos/Vincent Cassel. La moisson des récompenses reprend alors de plus belle avec 3 nouveaux Césars : meilleure actrice (Emmanuelle Devos), meilleur scénario original ou adaptation (Jacques Audiard, Tonino Benacquista) et meilleur son (Cyril Holtz , Pascal Villard).

En 2005, c’est le duo malsain Romain Duris/Niels Arestrup dans le remake du film noir Mélodie pour un tueur de James Toback, De battre mon cœur s’est arrêté, que Jacques Audiard obtient son premier vrais succès critique et public. Avec plus d’un million de spectateurs, le film remporte 8 Césars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure musique (Alexandre Desplat), meilleur acteur dans un second rôle (Niels Arestrup), meilleur espoir féminin (Linh-Dan Pham), meilleure adaptation (Jacques Audiard, Tonino Benacquista), meilleur montage (Juliette Welfling), meilleure photographie (Stéphane Fontaine).

Jacques Audiard, l’international

 

Un prophète - afficheEn 2009, succès critique et public continuent, voire s’internationalisent avec le récit initiatique de Un prophète et le duo maître/esclave formé par Tahar Rahim et Niels Arestrup. Le film remporte :

  • le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes
  • le Prix Louis-Delluc
  • 9 Césars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Tahar Rahim), meilleur acteur dans un second rôle (Niels Arestrup), meilleur jeune espoir masculin (Tahar Rahim), meilleure photographie (Stéphane Fontaine), meilleurs décors (Michel Barthélémy), meilleur montage (Juliette Welfling), meilleur scénario original (Jacques Audiard , Thomas Bidegain , Abdel Raouf Dafri , Nicolas Peufaillit)
  • une nomination pour l’Oscar du Meilleur film étranger

De rouille et d'os - afficheUne internationalisation de son cinéma qui se poursuit avec un duo d’acteurs internationaux Marion Cotillard/Matthias Schoenaerts – deux acteurs déjà reconnus internationalement, l’une pour La Môme (2007), l’autre pour Bullhead (2011) -. Le mélodrame social De rouille et d’os obtient quatre Césars : meilleur espoir masculin (Matthias Schoenaerts), meilleure adaptation (Jacques Audiard, Thomas Bidegain), meilleure musique (Alexandre Desplat), meilleur montage (Juliette Welfling). C’est aussi pour le moment le plus gros succès en salles de Jacques Audiard  avec presque 2 millions de spectateurs.

Jacques Audiard,
du Sri Lanka aux États-Unis

 

Dheepan - afficheEn cette année 2015, Jacques Audiard n’a toujours pas perdu de sa verve de cinéaste. Son nouveau film Dheepan promet un mélange épicé entre la culture tamoul et les banlieux françaises en difficulté. Couronné de la Palme d’or à Cannes, Dheepan annonce de nouvelles et belles retrouvailles avec un nom du cinéma qui a su se faire un prénom.

Cette approche internationale jusque dans les les espaces de ces films devraient se prolonger avec son prochain projet. En effet, après Jean-Pierre Jeunet (Alien, la résurrection, 1997), Matthieu Kassovitz (Gothika, 2003), Bruno Dumont (Twentynine Palms, 2003), Olivier Dahan (My Own Love Song, 2010), Laurent Cantet (Foxfire, confessions d’un gang de filles, 2012)… Jacques Audiard devrait être le prochain frenchie à réaliser son film à “Hollywood”. Il s’agirait d’un western avec  John C. Reilly (The Lobster, Tale of Tales) pour une adaptation de The Sisters Brothers de Patrick deWitt sur laquelle il travaille depuis quelques années.

Cet homme qui s’est fait un prenom n’a pas fini de faire parler de lui… et ce pour notre plus grand plaisir de cinéphile !

 

 

En savoir plus :

Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Check Also

jeune femme affiche

[CRITIQUE] “Jeune femme” (2017) de Léonor Serraille : La Caméra d’or du Festival de Cannes 2017

Jeune femme, Caméra d’or au Festival de Cannes 2017, a propulsé Léonor Serraille parmi les réalisatrices …

L'Assemblée image

[Bande Annonce] “L’Assemblée” (2017) de Mariana Otero sur la Nuit Debout

Découvrez la bande annonce du film documentaire L’Assemblée de Mariana Otero (Histoire d’un secret, Entre nos …

Laisser un commentaire