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Affiche La Belle Saison
© Pyramide Films

La Belle Saison (2015), l’amour est dans le pré

Affiche La Belle Saison
© Pyramide Films

Une bousculade suivie d’une course-poursuite étourdissante – agrémentée de grands éclats de rire – préfigurent une relation éclatante, portée par un duo d’actrices, Cécile de France et Izïa Higelin, à l’alchimie ravageuse. Non, ce n’est pas La Vie d’Adèle 2 mais La Belle Saison de Catherine Corsini.

Synopsis : 1971, Delphine (Izïa Higelin) a 23 ans. Fille de paysan, elle monte à Paris pour gagner son indépendance financière. Carole (Cécile de France) est parisienne. Elle a 35 ans. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leur vie.

Un casting impeccable pour une histoire d’amour poignante

La Belle Saison - photo 1
© Pyramide Films

Deux César du Meilleur Espoir Féminin en tête d’affiche : c’est le luxe que s’offre Catherine Corsini pour cette Belle Saison. En 2003, Cécile de France remporte la statuette pour son rôle dans L’Auberge Espagnole (2002), film culte de la génération Erasmus.

Dix ans plus tard, Izïa Higelin, notoire « fille de », rafle la récompense pour son joli rôle dans Mauvaise Fille (2012). Ici, Izïa campe le rôle d’une fille de paysans et – s’il fallait encore une preuve de son talent – c’est plutôt crédible. Ce n’était pourtant le premier choix de la réalisatrice, qui avait d’abord pensé à Adèle Haenel. Pas de déception pour autant : la fille Higelin la remplace avantageusement.

Kevin Azaïs - La Belle Saison
© Pyramide Films

Les seconds rôles sont eux aussi très soignés, tant dans l’écriture que dans le casting : Noëmie Lvovsky est parfaite dans le rôle de la mère de Delphine, aimante mais terrifiée par l’homosexualité de sa fille, tout comme Kevin Azaïs (lui aussi César du meilleur espoir – décidément ! – pour Les Combattants) dans le rôle d’Antoine, prétendant légitime de Delphine indécrottablement sympathique.

Un film riche dans ses dimensions historique et politique

Les deux héroïnes ne s’appellent pas Carole et Delphine par hasard : Carole Roussopoulos a été la première vidéaste à filmer les mouvements féministes – notamment le MLF (Mouvement de libération des femmes) – et Delphine Seyrig, militante féministe elle aussi, a été actrice dans les films de Resnais, Truffaut, Duras… Un bel héritage.

La Belle Saison photo 3
© Pyramide Films

Ultra documenté mais jamais ennuyeux, La Belle Saison ne laisse rien au hasard, et le spectateur friand d’histoire du féminisme y trouvera moultes références savoureuses et intelligemment mises en scène. Outre le MLF, le film explore les liens entre les mouvements pour les droits des homosexuels – comme le FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) – et le féminisme, mais aussi les contradictions personnelles que rencontrent les militant(e)s.

Bien qu’ancré dans un cadre temporel bien défini, l’histoire trouve de nombreux échos dans notre monde actuel, et l’arrière-plan politique n’est pas que cosmétique. Outre ce récit historique, porté par une bande-son fidèle à l’époque (mention spéciale à Janis Joplin), La Belle Saison est aussi l’histoire d’une jeune fille qui quitte la ferme de ses parents pour commencer sa vie à la ville, avec toutes les difficultés que cela comporte.

Un film aux multiples facettes :
intelligent, intime et unique

Même si Catherine Corsini avait déjà commencé l’écriture de La Belle Saison au moment de sa diffusion à Cannes 2014, on pense forcément et malheureusement à La Vie d’Adèle. Probablement aussi parce qu’il n’y a pas encore suffisamment de films français racontant une histoire d’amour lesbienne.

Comparaison n’est pas raison, mais comme on ne peut pas y échapper, nous noterons une chose : les scènes d’amour charnel, si elles avaient fait rire nerveusement certains spectateurs du Kechiche, sont ici bien moins acrobatiques, et surtout plus intimistes et plus sensibles.

La Belle Saison photo 4
© Pyramide Films

Plein de finesse et d’émotion, La Belle Saison touche au cœur, parce que c’est une très belle histoire d’amour, mais touche aussi à la tête : petit précis du féminisme dans les années 70, lecture sociologique de l’opposition Paris/province, voire Bildungsroman autobiographique ou roman d’apprentissage, le film fait travailler notre cervelle sans oublier de soigner nos yeux, grâce à une photographie lumineuse et envoûtante.

Tout cela en fait un des plus beaux films de l’été.

Et puis sinon c’est marrant de voir Cécile de France avec des poils sous les bras !

 

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