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© Denis Tison
Bulles de Culture

#SerieSeries, masterclass Éric Rochant (Le Bureau des Légendes)

Masterclass Eric Rochant - SérieSérie - copyright Denis Tison
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Bulles de Culture

En masterclass mercredi matin au Festival Série Series de Fontainebleau, Eric Rochant nous a fait part de son sentiment et de son expérience sur la création de la série Le Bureau des Légendes pour Canal +. En voici la retranscription par Bulles de Culture.

Showrunner et créateur de la série, Eric Rochant avoue que tourner une série est une expérience totalement différente d’un film. Un métier différent, une préparation différente…

En tournage d’une série, aucun temps mort. On a trois à quatre fois moins de temps pour tourner par rapport au cinéma. Pas le temps donc de répéter, de chercher une idée sur le plateau, car sinon le réalisateur est obligé de couper des scènes prévues au tournage. Tout doit être prêt, c’est beaucoup plus exigeant que le cinéma.

En revanche, tourner au cinéma nécessite d’être plus métaphorique, de trouver des images pertinentes, des actions pertinentes, d’être plus poétique même. Si vous faites cela à la TV, c’est mort, c’est chiant, et tout le monde s’ennuie (dixit E. Rochant).

Voici ci-dessous et en résumé les points forts de la masterclass modérée par Tone C. Ronning, directrice des Programmes Fiction et Arts de la NRK.

Tone C. Ronning (TR) : Qu’auriez-vous fait de différent avec 10 millions d’euros par épisode ?

Eric Rochant (ER) : Peut-être un jour de plus de tournage par épisode, 13 jours plutôt que 12 jours – à raison de 8h par jour, et pas 15 ou 16. Le samedi, c’est 7h ;-).
On aurait réfléchi à plus de « production value ».

TR : Quelles sont les erreurs à ne pas faire sur une série ?

ER : la 1ère erreur que j’aie faite sur Mafiosa, c’est d’y être allé à la légère. Je pensais que c’était moins exigeant que sur un film. La série a ses contraintes, sa propre nature, et c’est pas parce que vous êtes un bon auteur-réalisateur sur un film que vous le serez à la TV. Bien au contraire.
J’ai appris à gérer l’énergie, l’organisation de la production sur une série. Mafiosa n’a pu être diffusée que tous les deux ans, car c’était impossible de faire autrement.
On ne peut pas tout écrire et tout réaliser puis attendre que tout soit fait pour recommencer à écrire la saison suivante. Sinon, on a des temps de production trop long.
L’idée de superviser un peu tout sur Mafiosa était compliqué à faire passer. D’autant qu’on voulait faire une série d’auteur tout en faisant une saison par an. Et ça, c’était difficile à faire accepter, car c’est une autre façon de gérer son statut d’auteur, de l’amputer mais de le garder quand même.

TR : Y-a-t-il eu un cahier des charges de réalisation sur Le Bureau des Légendes ?

ER : J’ai réalisé le 1er épisode pour poser le cahier des charges, sans toutefois le poser réellement. Pour que les autres réalisateurs voient le produit fini, pour avoir une ligne de réalisation, de filmage, de mise en scène. Ce cahier était précis sur ce qu’il fallait faire et pas faire. Surtout ce qu’il ne fallait pas faire.
J’ai veillé le 1er jour de tournage à ce que ce cahier soit suivi. Mais les réalisateurs ont eu une certaine liberté. Il y a des différences entre les épisodes réalisés par Matthieu Demy et ceux réalisés par d’autres réalisateurs. Mais en même temps, ça reste cohérent.

TR : Comment avez-vous managé la production avec Canal + et leur ligne éditoriale ?

ER : Sur Mafiosa, j’avais une productrice qui faisait le tampon entre moi et le diffuseur, ce qui avait l’avantage de me protéger. En même temps, c’était compliqué, parce que ça faisait un intermédiaire de communication en plus. Et là, sur Le Bureau, je n’avais plus envie de convaincre le diffuseur avec un intermédiaire en plus, je préférais être en ligne directe, même si c’est parfois violent. Je préférais être en direct, parce que c’est plus simple. Alex Berger est en même temps mon partenaire. On est donc deux à être en face du diffuseur, mais on ne voulait pas non plus se substituer au diffuseur. Il dit oui ou non, et c’est parfois une négociation permanente. Et en même temps, c’est aussi une collaboration.

TR : Et par rapport à la façon de faire, qui s’est adapté à l’autre ?

ER : Oui, c’est vrai qu’on les a contraints à changer un certain nombre d’habitudes. Si on veut tenir un délai, il faut avoir dans les 3 jours les notes sur le scénario, sinon c’est un enfer. Donc ça, ça demande une autre façon de travailler chez eux. Ils n’ont pas l’habitude de faire une saison par an. Faire une saison par an, c’est comme si on monte dans un train que l’on est en train de construire. C’est très exigeant et cela demande une disponibilité et une énergie folle. D’autant que les contraintes de tournage sont énormes. Comme je vous le disais, on tourne 8h par jour en France, c’est le maximum et non 14 ou 15h comme on peut le faire aux États-Unis.

TR : Les étapes d’écriture étaient toutes présentes ? Synopsis, traitement…

ER : On n’est pas passé par le séquencier. On est passé du pitch à la séquence dialoguée directement. On a fait le séquencier entre nous mais on ne le livre pas.

TR : Voilà, merci, la session est terminée.

 

En savoir plus :
http://bullesdeculture.com/tag/serie-series (tous les articles de Bulles de Culture sur le festival) ;
https://twitter.com/search?q=%40bullesdeculture%20%40SerieSeries&src=typd & https://twitter.com/search?q=%40bullesdeculture%20%28SerieSeries2015&src=typd (live-tweets de Bulles de Culture sur le festival)
http://www.serieseries.fr/ (site officiel du festival)

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