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La Isla mínima (2014), un air de True Detective

La isla minima afficheLa Isla mínima de Alberto Rodriguez est le film évènement espagnol de l’année. Il a récolté à la dernière cérémonie des Goya (Les César hispaniques) pas moins de 10 prix dont celui du meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur film. Attendu dans nos salles le 15 juillet 2015, il va égayer l’été. Notre avis.

Synopsis : Dans les années 1980, deux flics d”une génération différente vont partir à la recherche d’un tueur en série opérant dans une petite ville d’Andalousie. Ils vont devoir s’adapter à la coutume locale du silence pour débusquer le meurtrier, utilisant des techniques sadiques pour abréger les souffrances de ses victimes.

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p style=”text-align: center;”>Un atmosphère post-franquiste

En plein dans la période de transition démocratique, la mise en scène utilise à plein cette période troublée de l’Espagne pour incarner une torpeur lancinante. On voit à l’image un village dont les habitants sont emmurés dans un silence, celui de la peur de l’oppression et du manque de liberté. Tout comme une affiche de propagande, il ne faut pas se laisser berner par le soleil tapant et les rives paradisiaques de l’environnement. Derrière ce masque idyllique se cache en réalité une incarnation du totalitarisme.

La Isla Minima - image
© Atipica Films Foto fija-JulioVergne

Les deux protagonistes sont en quelque sorte les libérateurs Pour autant, ils ont chacun leurs ambiguïtés. Le plus vieux, Juan, incarné par Javier Gutiérrez, a été formé dans les rangs de la police de Franco. Il est traumatisé par les atrocités de la dictature et est hanté par la peur de mourir.

Le second, Pedro, joué par Raùl Arévalo, a l’idéalisme de sa jeunesse. Il se laisse porter par une espérance sans faille en l’avenir. Il est un enfant de la démocratie.

Ensemble, ils sont complémentaires. Ils forment la thèse/antithèse, le passé/le futur, le désespoir/la force de vie.

True Detective espagnol

Dans la construction du film, un certain nombre d’éléments font penser à la  saison 1 de la série True Detective. Tout d’abord, les décors de l’Andalousie, rizière isolée, avec des vues aériennes splendides en ouverture qui rappellent le contexte de la Louisiane sauvage du show télévisé américain.

Il y a dans La Isla mínima cette volonté de construire une dramaturgie autour de ce lieu fascinant, obligeant notamment les policiers à faire de longs détours d’une rive à l’autre pour essayer de rejoindre la voiture du tueur prise en course poursuite.

La sordidité de l’histoire ressurgit également dans les deux œuvres. D’un coté, on a les rites sataniques de la série télé, de l’autre, on retrouve l’appétence du meurtrier pour les jeunes adolescentes. Mais à chaque fois, le vice des scénaristes permet d’être scotché à son siège malgré un rythme lent et austère.

La Isla Minima - image
© Atipica Films Foto fija-JulioVergne

Le choix du casting est alors étonnant. En effet, Raùl Arévalo, connu pour son rôle d’homosexuel excentrique dans Les Amants Passagers de Pedro Almodovar, est loin de se disperser en tant que policier. Il est calme et peu démonstratif, à l’opposé de ce qu’on peut penser de lui.

Javier Gutiérrez est quand à lui un acteur de théâtre peu habitué à la caméra. Il s’en sert d’ailleurs à bon escient pour ce rôle de composition.

La Isla mínima est le film de genre par excellence qui sait éveiller curiosité et envie aux spectateurs. Il est à la fois esthétique et mystérieux.

Bravo !

En savoir plus :
– http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/la-isla-minima/ (site officiel du distributeur)
– Date de sortie France : 15/07/2015

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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