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Les Grandes Grandes Vacances - poster

[ITW] #SerieSeries, Sébastien Oursel (Les grandes Grandes Vacances)

Les Grandes Grandes Vacances - posterCoup de cœur ! Bulles de Culture met aujourd’hui en avant la série d’animation Les grandes Grandes Vacances de Paul Leluc, diffusée en avril 2015 sur France 3. Que vient faire une série d’animation ici ? Hé bien tout ! Car le projet était casse-gueule à la base : animation traditionnelle (même si, vous le verrez, c’est de la 3D à la base), format assez long (du 26 minutes), propos plutôt gonflé pour de l’animation (on parle de mort, de guerre, de nazis, de collabos…), la série avait tout pour passer aux oubliettes ! Et pourtant…

 

Et pourtant, c’est un carton d’audience (+ 1,3 millions de spectateurs de 4 ans et +), les enfants adorent : enfin, une série intelligente qui leur parle, qui est émouvante et qui leur raconte une histoire qui se veut aussi pédagogique par certains aspects. Preuve que non seulement la TV française a un réservoir de créativité, tant chez les auteurs que chez les diffuseurs et producteurs, mais que le public est en attente de ce genre de projet ! 

Surveillez votre programme TV, la série sera rediffusée cet été !

Du coup, on s’est entretenu avec Sébastien Oursel, l’un des auteurs de la série, dont l’enthousiasme est communicatif !

Synopsis : A l’été 1939, Colette et Ernest sont accueillis chez leurs grands-parents maternels, dans un village fictif, nommé Grangeville, à proximité de Dieppe en Normandie. Les grandes vacances se transforment en accueil prolongé en raison de la mobilisation de leur père et de la mauvaise santé de leur mère qui doit partir se soigner dans un sanatorium. Les deux petits parisiens vont découvrir la vie à la campagne mais aussi les différentes étapes de la seconde guerre mondiale, souvent tragiques et angoissantes.

« On ne savait pas comment cela allait être reçu »

Les Grandes Grandes Vacances - image
© 2015 Les Armateurs / Blue Spirit Studio

Denis Tison (DT) : Sébastien Oursel, bonjour et merci pour cet entretien que tu nous accordes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pilote commence fort en émotion ! Plutôt inhabituel pour une série d’animation ?

Sébastien Oursel (SO) : Tu connais l’histoire de la série, Delphine Maury qui initie le projet, qui va voir France TV, France TV qui va voir Les Armateurs [NDLR : société de production]… 

DT : Le projet, c’est elle à la base …

SO : C’est elle à la base. Elle avait fait une bible, avec des personnages et une histoire qu’elle voulait raconter, en se disant : « j’ai envie de raconter une histoire avec des enfants qui se passe à la campagne. Des petits parisiens qui vont à la campagne…  » Avec toutes les contraintes des diffuseurs … Tu peux pas faire de vélo sans casque, tu peux pas te bagarrer, dire des gros mots… Donc, elle a eu aussi cette idée de déplacer dans le temps. Avant la guerre, dans les années 30, ça aurait été mieux, mais elle a choisi de faire cela pendant la Seconde Guerre Mondiale, sachant qu’elle aurait la liberté de raconter ce qu’elle veut au niveau émotionnel. Comme c’est le passé, on peut faire dire des gros mots aux enfants, ils peuvent se battre, grimper aux arbres, donc beaucoup de liberté.

DT : Le diffuseur a tout de suite dit ok pour cette liberté ?

SO : Le diffuseur lui a fait confiance, et d’abord en leur disant que c’était pas une histoire de cartable volé… Non, on parle de l’Occupation. Et en fait, ils ont été complètement ok sur le ton et ils nous ont fait confiance, en se disant que la cible, c’était les enfants, mais aussi les parents, un peu à la la japonaise, où il y a de la bagarre, de la violence, ça crie, il y a des morts… C’est une série à part. Ils avaient lu les trois scénarios écrits. Nous [NDLR : Sébastien et Guillaume Mautalent, son co-auteur], on est arrivé, on a repris les trois scénarios, on n’a pas gardé grand-chose sauf la trame, et quand on s’y est mis, on a tout de suite compris qu’on pouvait pousser les curseurs. On a testé des choses, on en a parlé aux Armateurs, mais on ne savait pas comment cela allait être reçu. Parce que, quand tu as un syno [NDLR : synopsis], tu n’as pas forcément l’idée de l’émotion des scènes. Tu as l’histoire qui est racontée, mais tu n’as pas la façon dont c’est raconté. Et là, avec Guillaume, on s’est dit, on y va à fond. Dans le pilote, l’histoire du cochon, de la bagarre… ça existait dans le synopsis précédent, mais on a tout réarrangé et on a construit ça pour que cela ait plus de rythme. Pour le contenu de l’émotion, Les Armateurs ont dit : « carrément, c’est très bien ». Delphine, elle, a adoré, et surtout les diffuseurs – Pierre Siracusa et Joseph Jacquet, ils ont adoré à la lecture. Ils se sont dit qu’il y aurait peut-être un problème pour le distribuer, pour les personnes qui s’occupent de la grille TV, et finalement, ils n’ont pas eu trop à défendre, ils se sont dit : « cette série-là, elle sera comme ça, si on doit la diffuser à 18h ou 19h, ça sera cette horaire-là ». C’est fait pour que les enfants regardent et en même temps, c’est aussi pour les parents, le propos est pas bête. On a quand même fait gaffe à ne pas faire du hors-champ quand c’était nécessaire. Le 3e épisode est assez violent, les enfants voient des morts…

DT : Et ça, c’est assez exceptionnel, parce qu’en animation, les contraintes de sens et de propos sont assez strictes…

SO : Oui, ton personnage tombe d’un arbre, c’est pas possible…

DT : Même une feuille qui tombe d’un arbre, c’est apparenté à la mort, donc on en parle pas…

SO : Oui, je sais pas comment on est arrivé à ce niveau-là, mais au cours des années 1990-2000, il y a eu un changement, en disant, c’est pas bon pour les enfants. Et en fait, les enfants adorent. Là, on était en diffusion en masterclass à SérieSeries, les enfants adorent, même les petits. Tu peux montrer ça à un enfant de cinq ans, et il comprend tout de suite. Ils adorent ça. Quand ça pleure, ça pleure, quand ça rigole, ça rigole, la vie quoi, ça leur parle tout de suite. C’est pas avec du pré-school de maintenant que tu génères autant d’émotions. C’est un cas assez unique, on a réussi à faire ça. On essaiera de le refaire, je pense que France TV et les autres ont vu ça, et ils se rendent compte qu’on peut faire de la série où on pousse l’émotion, et ça marche, les critiques sont bonnes, les enfants adorent.

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