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[DVD] Félix et Meira (2014), à la recherche de la liberté

Entre douceur, sfelix_et_meira_DVDobriété et émotion, Le film de Maxime Giroux, Félix et Meira se démarque par une esthétique pénétrante, une minimisation des dialogues et une interprétation parfaitement juste et touchante des acteurs principaux.

Synopsis : Avec pudeur et délicatesse, le film retrace une rencontre improbable entre une jeune fille juive hassidique (Hadas Yaron) mariée à Shulem (Luzer Twersky), et un homme sans attaches et sans grand sens des responsabilités (Martin Dubreuil). Malgré les interdits, leur passion commune du dessin va les rapprocher de plus en plus et les amener tous les deux à dépasser leurs limites respectives.

« Le silence est d’or »

Une des caractéristiques du film est cet habit élégant du silence. Représentatif de la vie de la jeune fille rythmée par les rituels de sa communauté, il illustre cette austérité que l’on retrouve à la fois dans les dialogues et dans l’image. Les prises de parole courtes et lentes posent une atmosphère particulière.

Meira (Hadas Yaron) est touchante et enfantine. Tout lui paraît obstacle, car toute initiative et toute spontanéité enfreignent les lois de sa communauté. Farouche et silencieuse au départ, sa curiosité et son expressivité la rendent cependant pleine de vie : cette vivacité s’illustre dans la scène où elle « fait la morte » pour protester contre les reproches de son mari (elle a enfreint les règles en écoutant un vinyle de musique « impure »…). Ainsi, elle montre la fraîcheur et la candeur d’une personnalité qui ne demande qu’à s’épanouir.

© Urban Distribution

Félix : Le déclic

Le personnage de Félix quant à lui, ne brille pas particulièrement aux yeux du spectateur : amoureux mais peu responsable, il apparaît comme un adolescent qui se voit gérer son premier coup de foudre… Banal, gentil mais pas vraiment exceptionnel, il donne l’impression d’avoir été mis en retrait au profit de l’histoire de Meira, dans sa découverte d’elle-même et de sa recherche de liberté.

Plus qu’une réelle histoire d’amour, et c’est en ce sens que le film montre son originalité, Félix représente simplement le déclic dont celle-ci avait besoin pour réussir à s’extirper d’un monde qui ne lui correspond pas. A ses côtés, elle ose. La scène où le spectateur la voit essayer un jean pour la première fois est symbolique : par ce signe fort d’émancipation commence la découverte de sa féminité.

Félix la fait assumer ses actes et ses envies en tant que femme. Dès le début, le spectateur sent qu’il n’est pas LE grand amour, mais seulement un coup de cœur passager, le signe qu’elle attendait pour pouvoir réussir à s’exprimer.

La force inattendue de Shulem : la performance de Luzer Twersky

Le mari de Meira apparaît comme l’un des personnages les plus forts et les mieux interprétés du film. Dès les premières minutes du film, le spectateur est intrigué par le regard de cet acteur très charismatique. On perçoit au départ toute la rigidité de l’homme élevé dans des traditions strictes et peu ouvertes sur le monde extérieur. Il est dur avec sa femme, sans aucun geste tendre, ni aucune tentative de soutien ou de compréhension de sa part.

© Urban Distribution

Puis doucement, commence à poindre son désespoir. Il comprend qu’il va perdre celle qu’il aime et que sa famille va être brisée. Il sait qu’elle ne sera jamais heureuse auprès de lui. Derrière sa froideur et sa sévérité, il nous touche et apparaît comme un homme d’honneur, profondément humain, courageux et finalement bienveillant à sa manière.

Luzer Twersky parvient à nous faire aimer ce personnage qui fait des efforts surhumains pour communiquer dans un langage qui le dérange et qui n’est pas le sien.

Le vrai sentiment d’amour vient alors, de façon inattendue, de la part de Shulem qui voue à sa femme une tendresse inconditionnelle. Il est lui aussi une victime de ces traditions.

Un fait important à noter : l’acteur a lui-même été élevé dans une communauté hassidique similaire qu’il a fini par quitter définitivement. Il fut selon Maxime Giroux d’une « valeur inestimable » sur le tournage, arrangeant les détails (costumes, scènes de prières…) afin qu’ils soient le plus en accord avec la réalité.

C’est certainement ce travail et la particularité du choix de casting qui rendent le film si juste et si authentique.

D’une esthétique sobre et délicate, sans être austère, la lumière et les plans très travaillés nous donnent l’impression d’être à un coin de porte, témoin de tout ce qui se passe…

Des hommes qui tentent de se défaire d’une situation compliquée en faisant ce qui leur paraît le plus juste, en restant pudiques et respectueux quelles que soient leurs croyances. L’atmosphère enveloppant des acteurs et un sujet traité de façon peu commune, donne à ce film une aura particulièrement surprenante et très agréable.

 

En savoir plus :

 

 

 

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