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#Cannes2015 – JOUR 5, « Amy », « Mon roi » et « Carol »

Mon roi - poster Amy - poster Carol - image
 
En ce 5ème jour de festival, c’est résolument la journée de la femme. Des destins brisés, des tortures amoureuses, la vie, la vraie avec Amy de Asif Kapadia, Mon roi de Maïwenn et Carol de Todd Haynes.

Maïwenn et Amy, des parcours liés

 
La première est réelle, l’autre est un personnage de fiction, quoique…
Mon roi - image
© StudioCanal

Maïwenn donne beaucoup d’elle même dans l’écriture de Mon roi, en construisant le destin de cette femme dévastée, jouée par l’excellente Emmanuelle Bercot, par un homme volage, toxico mais tellement séduisant, Vincent Cassel. La réalisatrice donne une leçon de cinéma, mais également une leçon de vie à tous ces hommes machos, instables et qui font souffrir sans raison, sans même en avoir conscience. On y voit en transparence la relation de la cinéaste avec JoeyStarr.


 

Amy - image
 © Mars Distribution
L’histoire se répète avec le documentaire sur la star Amy Winehouse. Femme jazzie, elle tombe très rapidement dans l’excès en même temps que dans le succès. Pour autant, la déchéance que l’on connait est surtout due à un homme qu’elle aime et dont elle ne peut se détacher : Blake Fielder. Avec lui, elle a tout pris, elle a tout essayé, même de s’en détacher… Mais aucune chance lorsqu’on est pris dans le tourbillon de l’amour.

Maïwenn rebondit en disant : « je préfère ne pas aimer que de souffrir ». Est-elle vraiment sincère lorsqu’elle fait dire cette réplique à son personnage ? Ou souhaite-t-elle s’auto-convaincre d’une chose à laquelle elle ne croit absolument pas ? La deuxième solution semble être la plus plausible.
 
Le parcours de ces deux films se distinguent pourtant dans la construction dramatique. Là ou Amy suit un parcours chronologique, constitué d’images d’archives, Maïwenn en prend le contrepied en choisissant un rythme alterné sur deux périodes de vie. La première évoque une femme épanouie qui tombe en déchéance. La seconde parle d’une héroïne déjà détruite en pleine reconstruction. On pense alors à Jacques Audiard et à son De Rouille et d’os. Cette petite touche d’espoir, impossible dans un documentaire sur Amy, est le lien utile entre bonheur et malheur.
 
La réalisatrice française tient le cadre dans tous les sens du terme. Elle dirige magnifiquement bien Vincent Cassel, qui ne tombe jamais dans les travers du sur-jeu. Comme toujours, la cinéaste sublime ses acteurs en les filmant sous toutes les coutures, avec une caméra chaude et bienveillante.
Sur Amy, il faut saluer le gros travail de montage. L’aspect musical rajoute une touche dynamique. On aime beaucoup.
 
On a presque des scrupules à être un homme en ce cinquième jour de festival. A la sortie de la  projection, un spectateur s’excusait d’ailleurs au nom de toute la gente masculine, constituée selon lui en grande partie de macho pervers.
 

Carol pour la Queer Palm ? 

 
Carol - image
© Number 9 Films

En séance de gala, on a pu découvrir le Carol de Todd Haynes avec l’actrice oscarisée Cate Blanchett. Le film suit le destin de deux femmes, l’une secrétaire et l’autre bourgeoise distinguée, qui tombent amoureuses l’une de l’autre dans le New York conservateur des années 50. Le duo des actrices est exceptionnel. Cate Blanchett confirme son statut d’icône avec un jeu subtil, toujours sur le fil du rasoir. Mais la révélation du film s’appelle Rooney Mara, complètement crédible face à la star. Cependant, au delà de la qualité de son casting, le film est des plus conventionnels, un peu trop pour une compétition officielle. Le propos n’est pas forcément novateur, la manière de filmer est certes esthétique mais sans proposition particulière. Mais le charme transparait malgré les longueurs. En bref, une petite séance de respiration sans aucune prétention…


Présentement, on aurait besoin de se désintoxiquer un peu de cinéma… mais finalement, on se dit « Non, non, non »…

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