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L’éveil d’Edoardo (2014) de Duccio Chiarini, tracas sexuels

affiche_hdDes films sur le sexe, on en trouve beaucoup au cinéma. Très souvent potaches, ce sont surtout des comédies américaines déjantées qui dépeignent des adolescents en rut et sans aucun complexe. On est plus rarement, comme dans le dernier film de Duccio Chiarini, L’éveil d’Edoardo (Short Skin), dans un parcours de vie, en stress permanent face à la découverte de la sexualité. Notre avis sur ce film identitaire.

Synopsis : Edoardo (Matteao Creatini) est un jeune homme qui souffre de problèmes physiques au niveau de son pénis. Alors qu’il repousse l’opération, redoutant les conséquences, il se rend compte à l’adolescence qu’un épanouissement charnel lui est impossible tant il ressent de douleurs pendant l’acte. Il va alors essayer de se construire malgré ce défaut contraignant.

Une pudeur dans la mise en scène

Derrière ce sujet dressé comme un tabou, le dysfonctionnement masculin, on retrouve la pudeur du réalisateur dont les plans sont d’une grande classe. A aucun moment, on ne voit l’objet du délit. Aussi, la caméra subjective est posée à des endroits stratégiques. Par exemple, elle se campe devant les fesses du jeune personnage pendant une osculation chez le médecin ou empreinte un angle fatidique pendant une séance de plaisir solitaire.

© Epicentre Films
© Epicentre Films

Un personnage en souffrance

Cela pèse cependant sur le protagoniste comme une chape de plomb. Ce pénis est le centre d’une souffrance dramaturgique qui doit utiliser des moyens peu conventionnels pour avoir une sexualité. Le plus insolite est l’utilisation d’un poulpe pour assouvir ses besoins primaires, là où d’autres utilisaient une tarte aux pommes… Dans son mal-être, le personnage semble seul. Il est pourtant entouré, notamment d’Arturo (Nicola Nocchi), un ami fidèle, qui à l’inverse d’Edoardo à une activité sexuelle débordante. Mais cette compagnie ne fait pas le poids face à la peur, sournoise et handicapante.

© Epicentre Films
© Epicentre Films

Une portée universelle

En évoquant la thématique de la recherche de soi, le film a une portée universelle. Il démontre la capacité d’une angoisse à pouvoir freiner l’individu. Le protagoniste rentre tout au long de l’histoire dans une tactique d’évitement. Il ne veut pas s’engager dans une relation amoureuse, de peur de passer à l’acte. Il ne veut pas se faire opérer… Pourtant, il ne semble pas avoir le choix pour avancer. La peur doit être affrontée pour mettre fin à cet immobilisme nocif, métaphore de la dépression.

Ainsi, c’est une belle réflexion qu’offre Duccio Chiarini avec L’éveil d’Edoardo, mêlant tracas d’adolescents et sujets d’adulte.

Une vision intéressante sur l’individu !

 

En savoir plus :
– http://www.epicentrefilms.com/L-Eveil-d-Edoardo-Duccio (site officiel du distributeur)
– Date de sortie France : 17/10/15

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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