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Contes italiens - poster

[CRITIQUE] “Contes Italiens” (2015) de Vittorio Taviani et Paolo Taviani

Dans l’ombre du mastodonte Tale of Tales (à sortir début juillet) de Matteo Garone, l’arrivée sur les écrans de Contes Italien de Paolo et Vittorio Taviani, ne se fait pas sans une certaine discrétion. Contrairement à leur confrère et compatriote Matteo Garone, les deux vétérans du cinéma italien n’ont pas eu l’honneur de faire partie de la sélection cannoise cette année, alors même que les trois réalisateurs partageaient le même sujet: le conte made in Italy. Si Tale of Tales semblent avoir laissé de marbre le jury cannois, ces Contes Italiens sauront-ils créer l’engouement auprès du public ?

 

Synopsis :

Florence, XIVème siècle : la peste fait rage. Dix jeunes gens fuient la ville pour se réfugier dans une villa à la campagne et parler du sentiment le plus élevé qui existe, l’amour, au travers d’une série de contes tantôt légers, tantôt dramatiques.

Un film aux prestations inégales

© Umberto Montiroli
© Umberto Montiroli

Doté d’un imposant casting qui additionne le nombre de protagonistes de l’intrigue principale à ceux des différents contes narrés, le long-métrage dispose de près d’une trentaine de personnages principaux aux performances dramatiquement inégales.

Si les acteurs au centre des contes ne s’en tirent pas trop mal (la plupart étant des acteurs confirmés), il en est tout autre pour le groupe de jeunes conteurs. Constituant le fil rouge de l’intrigue, le jeu des acteurs de cette partie du film peut assez vite déstabiliser, la faute à un jeu trop théâtral qui oscille entre le maladroit et le ridicule.

Seules les prestations de Vittoria Puccini et Riccardo Scamarcio, couple principal de la première histoire, sauront marquer un peu plus les esprits que le reste de la distribution.

Une direction artistique épurée

© Umberto Montiroli
© Umberto Montiroli

D’emblée, le film tranche avec toute l’imagerie du conte que le cinéma s’évertue à nous implanter dans la tête depuis des décennies. Ici pas de décors fastes, de créatures fantasmagoriques ou de costumes à faire chavirer les têtes des spectateurs biberonnés à Legend et Willow.

Véritable parti pris ou manque de budget, il sera difficile de répondre, mais la direction artistique réduite à l’essentiel pour un film de ce genre peut laisser une impression étrange : que ce soit dans les costumes qui donnent l’impression de ne pas avoir été confectionné en des temps médiévaux ou les décors qui manquent de patine et de vie, l’oeuvre peut donner l’impression de « sonner faux » par moments.

Des contes à l’intérêt variable

Contes Italiens - image
© Umberto Montiroli

Véritables clés de voute du film, ces contes italiens ne sont pas tous de la même qualité. Au nombre de cinq, ces différentes histoires explorent le rapport des hommes et des femmes à l’amour, avec des intrigues parfois légères, parfois amères mais toujours sous un angle réaliste: ici pas de créatures enchantées ni de dragons démoniaques.

Les histoires narrées par le film sont au final moins des contes que des paraboles sur l’amour. En cela le film réussit plutôt bien son sujet, malgré un ou deux contes qui verseront dans une niaiserie plutôt convenue.

Attardons-nous cependant sur la dernière histoire, qui narre la vie d’un prince déchu n’ayant que pour seul ami un faucon dressé. Petit bijou de narration à lui tout seul, ce conte évoque la folie et les sacrifices insensés que l’humain peut faire par amour et constitue quasiment tout l’intérêt du film.

Au final, Contes Italiens est un film inégal à tous les niveau. Se rapprochant plus de la parabole que du  fantasy, le film est une succession de réflexions sur l’amour qui possède cependant un atout indéniable : son dernier conte qui vaut à lui seul de voir le film.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 10/06/2015
  • Distribution France : Bellissima
Salvatore V.

Salvatore V.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Passionné de pop-culture (et de culture tout court en général), je suis amoureux de tout ce qui raconte une histoire. Ayant un faible pour le cinéma de genre et l'animation, je milite pour un cinéma qui conte, qui émerveille, qui effraie et qui prend aux tripes. On ne pense pas devant un film, on ressent.

TOP 5 Cinéma : "Sueurs froides", "Conan le barbare", "Docteur Strangelove", "Le Château dans le ciel", "Les Fils de l'homme"
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Salvatore V.

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