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[CRITIQUE] “FRAT” (2015) saison 1

Nouveau concept et nouvelle expérience digitale proposée par Canal+ avec la websérie FRAT (Force de Frappe Anti-Terroriste) de Frédéric Josué et Shaun Severi qui situent leur histoire après les attentats terroristes de janvier 2015. Notre avis sur cette nouvelle expérience de spectateur amené à se multiplier.

Synopsis :

Paris, avril 2017. Après une vague d’attentats sans précédent, un “Patriot Act” est voté. Une unité de déprogrammation est créée : la FRAT. Son objectif : “déradicaliser” les Français terroristes et obtenir des informations. Sébastien (Olivier Chantreau), 28 ans, délinquant de droit commun emprisonné, s’est radicalisé pendant sa détention. Il détient des informations confiées par son codétenu, un chef djihadiste, jugées capitales par les autorités pour endiguer la montée de violence meurtrière.

Canal+ en version “over the top”

“De la fiction courte, plutôt sérielle, feuilletonnante, haut de gamme, et qui s’adapte bien à la consommation sur mobile. Voilà ce que cherche Canal OTT pour son service de Svàd, Canalplay” (Béatrice de Mondenard, Canal+ cherche séries à épisodes courts, 7 avril 2015).

L’ambition de la chaîne Canal+ est donc de diffuser à travers sa plateforme Canalplay de nouveaux contenus à destination d’un jeune public (15-34 ans), adepte de la consommation de programmes courts sur les mobiles.

Mais dans un Paysage Audiovisuel Français concentré principalement sur l’écriture très maîtrisée de séries comiques très courtes (Kaamelott, Un gars Une filleCaméra Café…), le pari lancé par Canal+ de développer la création de ce types de format en fictions dramatiques, et ce sur une grande échelle – objectif de pré-achats d’une vingtaine de séries par an – n’est pas gagné d’avance.

Une idée forte…

FRAT - image
© D.R.

Pour mettre les chances de leur côté, Canal+ a donc décidé d’appuyer ces nouveaux contenus sur une idée forte et une réalisation haut de gamme. Qu’en est-il donc de FRAT ?

Proposer dans une fiction de déradicaliser, à l’abri des regards, un jeune djihadiste en 10 jours alors que pendant ce temps, la France a réellement voté un Patriot Act le 5 mai 2015, a tout du concept fort pour attirer le spectateur. De ce côté là, le pari est tenu.

Le concept est en phase avec l’actualité et s’appuie sur quatre personnages pour composer la cellule anti-terroriste et représenter les différentes pensées avancées pour vaincre cette nouvelle forme de terrorisme : la manipulation via le chef de service, Frank Zeitbak (Jean-Pierre Martins), la manière forte via le facho et ex-militaire Pierre Martin (Éric Boucher), le dialogue via l’universitaire Hakim (Moussa Maaskri) et l’approche clinique via la psychiatre Lone Christiansen (Jeanne Bournaud).

… pour une réalisation haut de gamme ?

Loin de pouvoir s’appuyer sur les budgets importants des séries normales – surtout, côté américains -, Frédéric Josué et Shaun Severi ne peuvent que réduire décors et personnages pour pouvoir répondre à la commande. Si artistiquement, le comique se joue facilement de ces contraintes, les deux auteurs de FRAT ont été obligés de faire preuve de plus d’imagination dans ce huis-clos oppressant qui se décline en autant d’épisodes que de jours.

La série est donc construite essentiellement sur le principe de deux espaces disjoints mais reliés par une caméra et des micros :
– d’un côté, l’espace de la surveillance et des débats autour des méthodes à adopter pour faire parler le prisonnier d’un côté ;
– de l’autre, l’espace du prisonnier et de l’application sur lui des méthodes adoptées.

Mais dans ce décor sobre mais plutôt réaliste, baignant dans une lumière sombre et froide, la série pêche dans le rythme et dans la caractérisation des personnages que les créateurs ne maîtrisent pas encore en France pour ce type de format (1 épisode = 5 minutes environ).
De plus, le temps court du tournage – 5 journées d’une quinzaine d’heures – se ressent parfois au niveau du rythme.

Un point de départ intéressant…

FRAT - image
© D.R.

Comme Éric Rochant avec Le Bureau des Légendes, Frédéric Josué et Shaun Severi ont tâché d’imaginer au mieux le travail de ce type de service de renseignements. Mais loin de chercher à filmer le quotidien de la vie de bureau comme Éric Rochant, la série joue à fond les mécanismes de la fiction et les manipulations, mensonges, mystifications et retournements s’enchaînent… au risque de perdre un peu le spectateur.

Si nous saluons le traitement à chaud d’une actualité brûlante – ce qui est très rare en France mais qui s’explique notamment par une législation différente de celle des pays anglo-saxons (cf.  Les faits divers au cinéma) – dans le cadre d’un format audiovisuel innovant, le résultat ne nous aura pas convaincu, et ce malgré un début intéressant sur le jeu du mensonge et de la vérité.

… pour un résultat pas encore probant !

Mais même si le résultat n’est pas encore probant, FRAT annonce une nouvelle forme de récit amené à évoluer. En tout cas, si une saison 2 se confirme pour la série de Frédéric Josué et Shaun Severi, il faudra leur souhaiter de pouvoir développer leurs histoires et leurs personnages sur des durées un peu plus longues.

À suivre…

 

 

En savoir plus :

  • FRAT est disponible en VOD sur CanalPlay depuis le 11/05/2015
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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