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[CRITIQUE] “Le Bureau des Légendes” saison 1

Envie de pénétrer au cœur de la DGSE  (Direction générale de la sécurité extérieure), les services secrets français ? Poussez donc avec nous la porte de Le Bureau des Légendes saison 1 d’Éric Rochant. Notre avis sur cette série qui a reçu au festival Séries Mania le Prix du jury de la presse internationale de la Meilleure interprétation masculine dans une série française à Mathieu Kassovitz.

Synopsis :

Au sein de la DGSE, un département appelé le Bureau des légendes (BDL) forme et pilote à distance les agents les plus importants des services de renseignements français : les clandestins. Après plusieurs années de mission clandestine à Damas sous une fausse identité, Guillaume Debailly (Mathieu Kassovitz), alias “Malotru”, rentre en France. Mais contrairement à ce qu’exigent les règles de sécurité, il n’abandonne pas l’identité (sa légende) sous laquelle il vivait en Syrie. Mettant ainsi en danger tout le système…

Le Bureau des Légendes saison 1 :
Une série française
à la sauce américaine

 

Après Möbius (2013) qui retrouvait l’ambiance d’espionnage de Les Patriotes (1993), il n’est pas très étonnant de voir Éric Rochant revenir sur Canal + avec ce type de série après une collaboration fructueuse sur la série Mafiosa (saisons 2 et 3). Fasciné par l’espionnage, le réalisateur a donc créé de toutes pièces Le Bureau des Légendes qui se déclinera sur 10 épisodes de 52 minutes sur sa première saison.

Lors du débat organisé à l’issue de la projection de Le Bureau des Légendes saison 1 au festival Séries Mania, Éric Rochant a beaucoup mis l’accent sur son envie sur ce projet de travailler à l’américaine. Après avoir pu observer l’équipe américaine de Damages au travail, il a formé un pool d’écriture — 4 scénaristes chevronnés et des scénaristes juniors en renfort — et d’un réalisateur (Jean-Marc Moutout) – Éric Rochant a juste réalisé le pilote pour donner le ton de la série -, chapeautant le tout en tant que showrunner.

Une réalisation discrète et sans esbroufe

 

Le Bureau des Légendes saison 1 - image
© D.R.

 

Mais la comparaison avec la méthode américaine s’arrête là car au niveau de l’histoire, la série télé Le Bureau des Légendes saison 1 est très loin des séries comme 24 ou Homeland au niveau du rythme. En tout cas, les deux premiers épisodes donnent plutôt l’impression étrange d’assister à une banale vie de bureau. Tout s’y joue loin du terrain mais dans les salles de réunions où s’échafaudent hypothèses et stratégies, ou derrière des ordinateurs où on épie les frémissements d’objets connectés.
Comme, par exemple, ce travail de fourmi opéré par le personnage de Raymond Sisteron (Jonathan Zaccaï) qui passe ses journées à étudier les déplacements de petits points colorés sur son ordinateur – représentant les signaux émis par des téléphones portables – pour en déduire un modèle (pattern).

Et c’est cela qui surprend dans cette série, ce refus d’en mettre plein la vue aux spectateurs dès le début. Au contraire, Éric Rochant a une vraie volonté de faire entrer le spectateur au cœur de la DGSE — loin d’être aussi représentée au cinéma et à la télévision que la CIA ou le MI-5 — de la manière la plus réaliste possible, “recréer une dramaturgie de l’espionnage à travers le prisme de la réalité” (Éric Rochant).

Ce qui donne au final une réalisation discrète, sans esbroufe et aussi l’occasion de voir de vraies prises de vue de la DGSE — après de longs mois de tractations, l’équipe de la série était très contente d’avoir obtenu l’autorisation de filmer quelques plans de la vraie DGSE, située Boulevard Mortier à Paris.

Un casting de gens ordinaires

 

Le Bureau des Légendes saison 1 - image 2
© D.R.

 

Prolongement de ce choix de réalisme au casting de Le Bureau des Légendes saison 1 qui est loin de rassembler des acteurs de films d’action mais plus des figures de gens ordinaires, interprétés par des acteurs confirmés — des gens ordinaires mais très compétents, quoi !

Ainsi, le personnage qui nous fait pénétrer dans cet univers et en comprendre le fonctionnement est la psychiatre spécialisée en théorie comportementale, Docteur Balmes, interprétée par Léa Drucker.

Dans ce Bureau, il y a d’abord les “clandés” (clandestins) qui sont ceux qui prennent les risques sur le terrain. Mathieu Kassovitz interprète l’un d’entre eux. Il est d’ailleurs très amusant de voir qu’après avoir été Un illustre inconnu (2013), il nous revient en “légende”… clandestine.

Ensuite, il y a les veilleurs ou référents – personnes responsables des clandestins -. Ce sont par exemple Marie-Jeanne (Florence Loiret-Caille) et Raymond Sisteron (Jonathan Zaccaï).

Aux retour des clandestins, le Bureau s’assure de leur sécurité. Sur Paris, le rôle est dévolu à “Pépé” (Alexandre Brasseur) et “Mémé” (Michaël Abiteboul) que le personnage de Kassovitz prend un malin plaisir à semer.

Le tout est chapeauté par un directeur, Henri Duflot, interprété par un Jean-Pierre Darroussin.

 

 

Le Bureau des Légendes saison 1 - image 3
© D.R.

 

Série sur le mensonge et la capacité à le rendre crédible, Le Bureau des Légendes saison 1 a une dramaturgie basée surdes scènes d’action sans une succession de twists. Cela peut dérouter et les deux premiers épisodes peuvent laisser le spectateur sur sa faim en terme de tension. Cependant, le concept est assez original pour laisser le temps à la série de se déployer avant de la juger complètement.

En tout cas, si la série ne se fait pas trop discrète au niveau de l’audimat, la saison 2 déjà écrite n’aura plus qu’à être tournée.

 

 

En savoir plus :

  • Le Bureau des Légendes saison 1 a été diffusé sur Canal+ à partir du lundi 27 avril 2015 à 21h

 

Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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