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[CRITIQUE] “Bloodline” saison 1 (2015) de Todd A. Kessler, Daniel Zelman et Glenn Kessler

Après House of Cards et Marco Polo, Netflix continue son programme de production de séries originales avec succès en lançant Bloodline de Todd A. Kessler, Daniel Zelman et Glenn Kessler. Cette immersion exigeante dans une épopée familiale a tout pour ravir les sérivores confirmés. Notre avis.

Synopsis :

La famille Rayburn se réunit à l’occasion d’un anniversaire, organisé en grande pompe dans l’hôtel des parents. Pour cette occasion, le fils ainé, Danny (Ben Mendelsohn), revient, en bousculant le quotidien de la fratrie. Il cache un lourd passé qui ressurgit dès son arrivé de façon insidieuse sur l’ensemble de la cellule familiale. Dans le même temps, un cadavre brulé est retrouvé sur la plage, lieu centrale de la série. John (Kyle Chandler), l’enfant cadet devenu shérif, va prendre en main l’enquête sur cet homicide.

 

Bloodline - photo
 © D.R.

Todd A. Kessler, Daniel Zelman et Glenn Kessler sont les créateurs de la série Damages. Il n’est donc pas étonnant de retrouver ici les codes de cette dernière, notamment au niveau du temps. En effet, chaque épisode de Bloodline est construit autour de trois temporalité : Le présent qu’on suit dans la narration. Le passé, dont on ne sait rien au départ, et qu’on découvre au fur et à mesure grâce à des flashback en lumières surexposées.
Enfin, le flashforward, bon temporel en avant, suggère parfois avec surprise ce que vont devenir les protagonistes. Ce dernier, s’il n’est pas novateur, est pour Bloodline un outil scénaristique efficace. Il provoque les cliffhangers à chaque fin d’épisode, poussant indéniablement l’envie de regarder la suite.

En cela, le rythme de diffusion adopté par Netflix est particulièrement adapté et on peut ainsi se lancer d’une traite dans la visualisation de la totalité de la saison 1.
Pour autant, si la démarche artistique est pleine d’énergie, le rythme dramatique de Bloodline est paradoxalement lent. Mais on aime cette ambiance lancinante qui permet de s’imprégner calmement des lieux et de prendre attache avec les personnages.

 

Bloodline - photo
 © D.R.

 

Dans la famille Rayburn, on demande tout d’abord le frère ainé : Dany.  Torturé et mystérieux, il est le vilain petit canard rejeté par ses proches au centre de l’intrigue principale. De faciès antipathique, il cache finalement plus de blessures que de méchanceté. Le personnage est incarné par Ben Mendelsohn, acteur excellent, qui capte l’attention du spectateur.
En face, John, le fils modèle, est l’incarnation stéréotypé de l’ordre. Shérif avec une famille proprette, il cache pourtant un désordre chaotique qu’on découvre au fur et à mesure. Kyle Chandler, déjà vu au cinéma dans Le Loup de Wall Street, Zero Dark Thirty ou encore Argo, campe ce personnage ambigu mais plein d’attrait.

C’est tout l’attrait de Bloodline. D’un stéréotype affirmé, le gentil contre le méchant, les scénaristes savent redistribuer les cartes pour semer la confusion dans la tête de son public. Cela prend totalement car on ne sait jamais dans quel camp on doit se placer. Faut-il défendre le bad boy solitaire ou la famille faussement solidaire ? De même, s’agissant de l’histoire, faut-il se concentrer sur les conflits familiaux ou l’intrigue policière ? La trame narrative ne tranchera d’ailleurs jamais et empruntera les codes de ces deux genres.

Coté réalisation, la caméra cultive ce paradoxe.
De jour, ce sont des plans sublimes et une plage paradisiaque en plein soleil.
Dès la nuit tombée, l’image devient trouble, comme pour signifier que les vieux démons se réveillent. Cela crée angoisse et chaos : un corps qui surgit de l’eau, des objets qui se brisent, des cris de terreur…

Bloodline a fait sensation puisqu’une deuxième saison à d’ores et déjà été commandée.

C’est bien la première fois que vous serez impatient d’assister à une réunion familiale !

 

En savoir plus :

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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