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“Spotless” saison 1, l’esprit d’entreprise français

Cocorico, les séries françaises s’exportent (EngrenagesLes Revenants) et font preuve d’originalité et d’ambition (Un Village FrançaisAinsi soient-ils). Qu’en est-il de la qualité de ces nouvelles séries made in France sur fond de coopérations internationales et de tournages en langue anglaise (BorgiaCrossing LinesTunnel…) ? Début de réponse avec la nouvelle comédie noire franco-british de Canal+ : Spotless d’Ed McCardie et Corinne Marrinan.
 

Synopsis :

À la tête de l’entreprise Clear Sky, spécialisée dans le nettoyage de scènes de crime, Jean (Marc-André Grondin) va voir sa vie bouleverser le jour où son frère Martin (Denis Ménochet), looser délinquant, va débarquer dans sa vie.

La crise économique vue par les séries

C’est la crise et alors qu’aux Etats-unis, les personnages de séries ont très vite cherché à se diversifier dans la drogue (Breaking Bad, Weeds), les trafics en tout genre (The Shield), le sexe (Hung)…, peu d’auto-entrepreneurs français se sont lancés dans le crime organisé jusque-là. Spotless a le mérite de braquer la lumière sur l’un d’entre eux : Jean qui, poussé par son frère Martin et le pôle Création Originale de Canal+, va diversifier son portefeuille clients dans le Paysage Audiovisuel Français.

En effet, Jean a un don : extrêmement méticuleux, il fait disparaître toute scène de crime comme personne. Hélas, son travail est très peu reconnu par notre société et dès le premier épisode, il est  victime de coupes budgétaires drastiques. Par chance, il est très, très rapidement apprécié par de puissants malfrats. Dilemme éthique à venir.

 

© D.R.

 

Impossible n’est pas français 

 

Le reproche souvent fait au travailleur français de ne pas avoir assez l’esprit d’entreprise ainsi que de ne pas être assez flexible et mobile vis-à-vis d’un marché de l’emploi de plus en plus volatif, est habilement balayé d’un revers de la main gantée et ensanglantée de la série Spotless. Fondateur d’une entreprise de nettoyage en crise, Jean ne va pas hésiter très longtemps à travailler là où les marchés sont plus juteux et où les clients sont mieux à même d’apprécier son travail : il sera ainsi joignable 7j/7 et 24h/24 pour ses nouveaux clients… même le dimanche !

Évidemment, ce “travailler plus pour gagner plus” ne sera pas sans risque. Cela se répercutera très probablement sur son quotidien. Si ses relations avec son frère vont peut-être s’apaiser à travers le  travail, du côté de sa famille (une femme peu épanouie et une fille adolescente en crise) et de sa maîtresse, ce virage dans sa vie s’annonce comme une sacrée source de conflits pour les épisodes à venir.

 

© D.R.
Une série françaises sous influences américaines

 

Série de 10×52 minutes, Spotless n’échappe pas aux comparaisons avec un côté :

  • Breaking Bad où l’histoire d’homme très doué dans son domaine mais qui bascule dans l’univers du crime à cause de problème d’argent ;
  • Dexter avec notamment un générique de début très sanguin sur la musique du groupe canadien Timber Timbre ;
  • Six Feet Under pour le côté  très respectueux et très professionnel vis-à-vis de la mort.

Comédie noire, Spotless confronte un acteur canadien au jeu très intériorisé, Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y.,  Le Premier Jour du reste de ta vie), à l’imposant acteur français, Denis Ménochet (Inglourious Basterds, Ablations). Cette différence dans leur jeu d’acteur sied parfaitement à ces deux frères que tout sépare mais que leur nouvelle et commune vie “criminelle” va rapprocher. Un  rapprochement d’ailleurs facilité par un gros caïd – interprété par Brendan Coyle (DownTown Abbey) – qui comprend très rapidement l’intérêt d’avoir Jean dans son équipe. Il est d’ailleurs très amusant de voir Brendan Coyle dans ce rôle de méchant mais ce n’est pas vraiment étonnant car déjà, dans la série anglaise DownTown Abbey, sous des dehors de domestique et de mari modèles, on sentait sourdre chez lui un comportement passé très violent.

 

© D.R.

 

Une drôle de récurrence
dans les séries françaises

 

Au niveau de l’intrigue, comme souvent dans les séries françaises (Pigalle la NuitXanadu…),  le récit des épisodes est souvent parsemé de flashback évoquant un trauma originelSpotless n’échappe pas à cette mystérieuse règle avec ses nombreuses séquences nous ramenant à l’enfance de Jean et de Martin (autour de l’âge de dix ans)  où ils semblent avoir été confrontés violemment et mystérieusement à la mort d’un homme.

Récurrence étonnante car les auteurs de la séries ne sont pas français : Corinne Marrinan (Les Experts) est américaine et Ed McCardie (Shameless) écossais. Cependant, les deux premiers épisodes pour planter les personnages, l’univers et les enjeux de la série sont réalisés par le français Pascal Chaumeil (L’Arnacoeur, série Fais pas ci, fais pas ça) et si la série se passe à Londres, les deux personnages principaux sont français. Curieux car les deux frères parlent très peu français, même entre eux. Il y a même une scène très étrange située dans le Sud de la France où des malfrats français parlent entre eux en anglais.

Alors que les français sont souvent critiqués pour leur incapacité à s’exprimer correctement dans une autre langue que la leur, il est très amusant de voir que la série Spotless va à l’encontre de ce préjugé en montrant que tous les français – quel que soit leur niveau social – parlent très, très bien la langue de Shakespeare. Peut-être doit-on cette réussite à la mondialisation du crime ?

Une série à fort concept

 

En attendant, c’est bien à la fin du deuxième épisode que la série est lancée. Jean et Martin n’ont plus le choix, ils devront faire équipe pour le meilleur et pour le pire, tandis que la petite vie de famille bien sous tous rapports de Jean ne sera bien évidemment pas épargnée par ces changements.

Sortez les bistouris, Spotless s’annonce comme une série ambitieuse, dans la lignée de ses séries américaines avec un fort concept. À quand un cross-over CSI/Spotless ?

Avec un peu d’avance, le nettoyage de printemps sur Canal+ s’annonce très saignant et très efficace cette année !

 

 

 

En savoir plus :

  • Spotless est diffusée sur Canal+ depuis le 16 mars 2015
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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