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[CRITIQUE] “Interstellar” (2014) : L’odyssée de l’espace

Après Alfonso Cuarón et son expérience immersive 3D (Gravity, 2013), c’est au tour du réalisateur Christopher Nolan de se lancer dans l’aventure spatiale avec Interstellar (projet qui devait être initialement réalisé par Steven Spielberg).

Synopsis :

Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour découvrir si l’homme peut vivre sur une autre planète…  

Une vision maoïste
de la société américaine

 

Ni philosophique (2001 : l’odyssée de l’espace) ni sensoriel (Gravity), le long métrage Interstellar s’appuie sur le scénario catastrophe prophétique de la disparition des ressources vitales sur Terre et le besoin inhérent de coloniser d’autres planètes pour la survie de l’espèce.

Le projet s’annonçait donc prometteur sur le papier, mais au final, Interstellar ne se révèle malheureusement pas aussi marquant que les précédents projets du réalisateur (The Dark Night, Inception).

© Warner Bros Entertainment

Si l’avenir de la Terre décrit par le film s’inspire probablement de la grande sécheresse et des tempêtes de poussière que les États-Unis ont essuyés dans le Middle-west durant la Grande Dépression, on ne peut s’empêcher de penser aussi à la Chine qui, à certains moments de son Histoire, obligea certaines catégories sociales à retourner aux champs.

Cette vision presque maoïste de la société américaine a un côté très amusant.

Des éléments futuristes
plutôt bien réussis

 

Ici, c’est l’ex-ingénieur de la NASA, Cooper (Matthew McConaughey), que l’on a forcé au retour à la terre, dans une société où tout programme technologique d’envergure a été remplacé par des tentatives de sauvetage de l’agriculture et où l’école va jusqu’à réviser l’Histoire de la conquête spatiale en la dépeignant comme une grande mascarade.

Le film débute par la longue description d’une région poussiéreuse, à l’agonie au travers des regards de Cooper et de ses deux enfants et, comme souvent dans les films américains se situant à la campagne, le réalisateur filme de hautes et imposantes étendues de champs de maïs en s’attardant sur le quotidien de cet homme qui n’est pas à sa place dans une ferme agricole.

Aussi, quand grand Professeur Brand (Michael Caine) lui propose de prendre la tête d’une équipe pour partir à la recherche de nouvelles planètes susceptibles d’accueillir des colonies humaines, l’ex-pilote de navette spatiale Cooper accepte la mission, plus pour assouvir son besoin d’aventures que pour sauver la planète.

Commence alors un long voyage où les protagonistes se confrontent concrètement aux théories scientifiques sur les trous de vers, les trous noirs ou encore la légendaire relativité d’Einstein. Le scénario rebat aussi les cartes de l’espace-temps à travers la théorie des cordes.

© Warner Bros Entertainment

Le voyage spatial offre une panoplie d’éléments futuristes plutôt bien réussis. En effet, le réalisateur a privilégié les constructions en dur aux effets spéciaux avec, par exemple, un vaisseau ravitailleur en forme de roue gigantesque ou encore un couple de robots non-humanoïde (hommages non dissimulés à 2001 : l’odyssée de l’espace). De même, les décors extérieurs des planètes inhospitalières visitées ont été filmés dans des conditions climatiques extrêmes en Islande.

Interstellar :
Un film de science-fiction ambitieux
mais long et sans surprise

 

Le film propose également quelques belles scènes cinématographiques : comme le ressenti du poids de la gravité à un personnage en danger ou encore cette très réaliste absence de son quand les personnages sortent dans l’espace (ce que n’avait pas osé faire Alfonso Cuarón).

Et puis, il y a le casting : le toujours excellent Matthew McConaughey qui apporte sa touche terrienne à ce pilote-ingénieur (touche qui avait donné tout son charme à des films comme Mud – Sur les rives du Mississippi et la série True Detective) ; la belle et froide Anne Hathaway qui se réchauffera au contact de McConaughey ; l’infatigable Michael Caine toujours présent au côté de Christopher Nolan depuis Batman Begins (2005) ; et Jessica Chastain, fille de Cooper, qui a joliment grandi.

Malgré un final peu inspiré et très alambiqué, Interstellar est un film sur l’amour, l’espace et la famille, Christopher Nolan signe ici un film de science-fiction ambitieux, même si un peu long et sans surprise.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 05/11/2014
  • Distribution France : Warner Bros. France
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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Elsa V.

Elsa V.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Amatrice de littérature jeunesse, de conte, de théâtre, de marionnettes, de cinéma et de série tv, j'apprécie tout particulièrement les histoires qui m'embarquent et les formes d'art pluridisciplinaire.

Top 3 Cinéma : "Eternal Sunshine of the Spotless Mind", "Les Ailes du désir", "Once"
Top 3 Littérature Jeunesse : "Harry Potter" de J.K. Rowling, "Meto" de Y. Grevet, "Toby Lolness" de T. de Fombelle
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