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Vincent n’a pas d’écailles (2014), un film au fil de l’eau / Vincent (2014), a movie over water

« Premier film de super-héros français, garanti 100% sans effets numériques », tel est l’accroche du premier long métrage de l’acteur-réalisateur Thomas Salvador : Vincent n’a pas d’écailles. Après plusieurs court-métrages dont l’excellent De sortie (Prix Jean Vigo 2006), Thomas Salvador nous offre un premier long métrage fantastique et poétique, accompagné par les jolies et entraînantes notes de flûte de Jocelyn Miennel.

« First French superhero movie, guaranteed 100% no digital effects », this is the French attention-catcher for the actor-director Thomas Salvador’s first feature film: Vincent. After several short films including the excellent De sortie (Prix Jean Vigo in 2006), Thomas Salvador offers us a fantastic and poetic debut film, accompanied by nice and catchy flute notes by Jocelyn Miennel.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Synopsis : Vincent (Thomas Salvador) a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie (Vimala Pons) dont il tombe amoureux.

 © Laurent Thurin Nal

« Le film est parti d’une image que j’avais en tête, celle d’un corps immergé qui glisse dans un cours d’eau très étroit et peu profond, le type d’endroit où l’on se trempe juste les pieds mais où personne n’aurait l’idée de se baigner » (Thomas Salavador, Dossier de presse). Amusante idée de raconter l’histoire d’un super-héros qui a des pouvoirs grâce à l’eau mais qui est loin d’être un poisson dans l’eau en société. En effet, Vincent est solitaire, il vit en marge de la société, travaille sur des chantiers pour gagner sa vie mais surtout, cache son don.

Ici, « les grandes responsabilités » chères à Spiderman n’entrent pas en ligne de compte. Vincent ne cherche pas à se distinguer ou à chercher une raison à ses pouvoirs mais plutôt à s’intégrer le mieux qu’il peut au monde qui l’entoure. Vincent ne fait qu’un avec l’eau : ses « balades » dans des endroits où l’eau coule à flots – splendides Gorges du Verdon ! – sont les seuls moments où il se sent dans son élément. Mais l’arrivée de Lucie dans sa vie va tout bouleverser. Comme la Petite Sirène danoise, devra-t-il choisir la terre au détriment de l’eau, ou saura-t-il capable de lui révéler son secret et pouvoir allier ces deux éléments ?

 © Laurent Thurin Nal

Ici, pas de trauma originel, rien ne viendra expliquer l’origine des pouvoirs de Vincent. Ce qui intéresse le plus Thomas Salvador, c’est de confronter son personnage à des situations où il use de son pouvoir et en filmer les conséquences : par exemple, épater une fille (Lucie) pour la séduire ou sauver un ami dans le pétrin et se retrouver poursuivi par la police. Cette dernière conséquence occupe une bonne partie du film avec une course-poursuite burlesque et à rebondissements avec la gendarmerie – qui aimerait l’interroger après le dépôt d’une plainte à son encontre -. Cette longue séquence est une succession de scènes plus amusantes et absurdes les unes que les autres. Thomas Salvador s’ingénie – en collaboration avec les co-scénaristes Thomas Cheysson et Thomas Bidegain – à multiplier les rencontres entre le personnage et l’eau que le personnage recherche sans cesse pour gagner en force et fuir ses poursuivants.

 © Laurent Thurin Nal

Tel un Buster Keaton, Thomas Salvador est un Vincent qui s’exprime peu – le film est construit essentiellement sur des silences et des regards -. Comme Keaton avant lui, il prend plaisir à réaliser ses cascades lui-même. Face à lui, Vimala Pons (La fille du 14 juillet, Fidelio, l’odyssée d’Alice) propose une Lucie vive et drôle tandis que Youssef Hajdi (Micmacs à tire-larigot, Halal police d’État), en collègue de travail et ami, propose un corps plus solide et terrien que celui de Vincent.

Comme Bird People ou Les Combattants avant lui, Vincent n’a pas d’écailles rejoint la liste de plus en plus intéressante des films art et essai français usant d’effets spéciaux dans leur film. Même si, contrairement aux deux autres, le film de Thomas Salvador use d’effets mécaniques plutôt que numériques – pour un rendu plus proche du quotidien et de l’humain -, il est quand même très intéressant de remarquer ce retour par petites touches du fantastique dans le cinéma français. Après ce film, vous ne regarderez plus l’eau de la même façon.

Vincent n’a pas d’écailles est un très beau film de cinéma qui conjugue, pour notre plus grand plaisir, naturalisme et fantastique au fil de l’eau.

jici


En savoir plus :
– http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/vincent-n-a-pas-d-ecailles/ (site officiel du distributeur)
– Date de sortie France : 18/02/15

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Un commentaire

  1. Ah je suis contente de vois enfin une critique avec laquelle je concorde 🙂 Je reviens du cinéma et j'ai trouvé le film vraiment attachant et plein de charme et rien que pour ça je trouve qu'il mérite bien la moyenne. On aurait sans doute pu faire mieux, plus, avec cette belle idée et même avec un budget au ras des pâquerettes. Mais j'ai trouvé au film une belle fraîcheur, de la poésie même oserais-je dire et je peux vraiment dire que j'ai passé 1h20 vraiment agréable dans ces paysages que j'ai maintenant furieusement envie d'aller visiter ! Il faut juste y aller sans aucun a priori et ne pas s'attendre à voir un film de super héros au sens où on l'entend habituellement…

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