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Fantastic Mr Fox - affiche

BULLES DE COMPTOIR : Brothers, Fantastic Mr. Fox, Hors de contrôle, L’Autre Dumas

Bulles de comptoir :
– « Brothers », deux frères dans la tourmente
– « Fantastic Mr. Fox », pure et sauvage folie animée
– « Hors de contrôle » (« Edge of Darkness »), loin des ténèbres
– « L’Autre Dumas », histoire d’un nègre

« Brothers », deux frères dans la tourmente

Sam (Tobey Maguire) et Grace (Nathalie Portman) forment un couple parfait et sont les parents de deux petites filles. Sam est envoyé par l’ONU en mission à l’étranger et confie à Tommy (Jake Gyllenhaal), son frère tout juste sorti de prison, le soin de s’occuper de sa famille. Lorsque Sam est porté disparu et présumé mort, Tommy et Grace se rapprochent contre toute attente. C’est alors que Sam revient du front…Après s’être confronté à l’amour homosexuel dans « Le Secret de Brokeback Mountain » d’Ang Lee (2005), l’acteur américain Jake Gyllenhaal aborde un autre type de relation entre hommes : la relation entre frères.
Dans ce remake d’un film éponyme danois, le réalisateur irlandais Jim Sheridan dirige deux comédiens épatants, les deux frères pris dans la tourmente de la guerre que sont Jake Gyllenhaal et Tobey Maguire,  autour d’une Nathalie Portman pour la première fois dans le rôle d’une mère de famille.
Et même si avec un sujet si difficile,  l’interprétation n’est pas toujours juste (mention spéciale à Jake Gyllenhall toujours aussi bon), cette belle relation entre frères avec en toile de fond la guerre en Afghanistan mérite le détour. Et les deux petites filles sont si adorables.

Jean-Christophe Nurbel

« Brothers » (2009)
Réalisation : Jim Sheridan
Scénario : David Benioff
Image : Frederick Elmes
Montage : Jay Cassidy
Casting : Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire, Natalie Portman…
En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Brothers_%28film,_2009%29

 

« Fantastic Mr. Fox », pure et sauvage folie animée

Lorsque sa dame tombe enceinte, l’audacieux et charismatique Mr Fox lui promet de se retirer du business dangereux du vol de poules. Mais quelques années plus tard, le repenti s’ennuie quelque peu de son existence rangée, au point de vouloir monter un dernier coup (en trois parties hilarantes) : un grand vol, sur trois nuits consécutives, des trois fermiers les plus prospères de la région. Mais ceux-ci sont bien décidés à ne pas se laisser faire et, entre le camp des animaux sauvages fous et celui des fermiers rancuniers et patibulaires, c’est l’escalade…

En adaptant avec panache la nouvelle éponyme de Roald Dahl, Wes Anderson fait exactement ce que l’on attend de lui ! Au-delà d’une simple illustration, il y injecte tout ce qui a fait le charme (et le succès) de ses précédents films. On retrouve pèle-mêle : des personnages hauts en couleurs et durablement attachants, des dialogues non-sensiques et abscons pleins d’humour, un casting royal où les nouveaux venus (George Clooney, Meryl Streep) s’intègrent à merveille aux anciens (Jason Schwartzman, Bill Murray, Michael Gambon, Owen Wilson), des cartons très drôles subdivisant le film en chapitres clairement définis, et ces moments toujours surprenants de pure poésie. Ici, l’apparition (le cameo ?) d’un loup nous offre une minute d’éternité furtive, aussi belle et presque aussi touchante que la scène du requin-jaguar à la fin de La Vie Aquatique, qui nous fait brièvement sortir du film comme pour mieux nous y replonger ensuite. L’utilisation du stop-motion, que le réalisateur a déjà expérimenté dans certains de ses films précédents, s’harmonise complètement à sa mise en scène caractéristique en aplats, presque exclusivement faite en plans de profil ou de face, quitte comme d’habitude à trancher les décors latéralement ! C’en est au point qu’on sort de la salle en réalisant que Wes Anderson a, en fait, toujours fait des films d’animation… après quoi on passe le reste de la soirée à imiter le « marque de fabrique » de Mr Fox.

Sébastien Simon

« Fantastic Mr Fox » (2009)
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, Noah Baumbach d’après le livre de Roald Dahl
Image : Tristan Oliver
Montage : Andrew Weisblum
Casting : George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray, Michael Gambon, Owen Wilson…
Site officiel français : http://www.fantasticmrfox-lefilm.com

 

« Hors de contrôle », loin des ténèbresThomas Craven (Mel Gibson) est un inspecteur vétéran de la brigade criminelle de Boston. Il élève seul sa fille, Emma (Bojana Novakovic), vingt-cinq ans. Lorsque celle-ci est retrouvée assassinée sur les marches de sa propre maison, personne n’a de doute : c’est lui qui était visé. Pour découvrir qui a tué sa fille, l’inspecteur Craven va devoir s’aventurer dans les milieux troubles où les affaires côtoient la politique. Il va aussi devoir découvrir les secrets de celle qu’il croyait connaître. Dans cet univers où chaque intérêt est supérieur, où chaque information vaut plusieurs vies, face à Darius Jedburgh (Ray Winstone), l’éminence grise du gouvernement envoyée pour effacer les preuves, la quête solitaire de Craven va le conduire au-delà de la pire enquête de sa vie, face à ses propres démons…

Avec un synopsis aussi noir et prometteur, on s’attendait à un grand retour du Mel Gibson de « Payback » (1999), autre rôle de vengeur déjà interprété. Et avec une réputation si flatteuse (le film est l’adaptation d’une mini-série britannique à succès des années 80), on s’attendait à un polar bien noir et bien serré. Mais autant la menace nucléaire pouvait passionner les gens en 1985 et se développer sur six épisodes, autant ici, l’histoire s’émousse relativement vite. Scénario sans surprise où le personnage n’explose pas vraiment (« pourquoi « Hors de contrôle » comme titre en français ?), où il ne flirte pas suffisamment avec les ténèbres (« Edge of darkness » comme titre en anglais, littérallement « à la lisière des ténèbres ») et où les flashback mielleux autour de sa fille assassinée délavent trop le noir profond attendu (un père prêt à tout pour venger sa fille unique assassinée sous ses yeux).
Reste le savoir-faire en film d’action du new-zélandais Martin Campbell (« Casino Royale », 2006) avec notamment la scène de rencontre entre Mel Gibson et l’ancien petit ami de sa fille, Burnham (Shawn Roberts), où le metteur en scène oppose le quarantenaire et solide Gibson à l’agilité du jeune Roberts comme il avait opposé le terreste Daniel Craig (James Bond) à l’aérien Sébastien Foucan dans « Casino Royale ». Mention spéciale également à la scène de flashback où Mel Gibson, seul sur la plage avec les cendres de sa fille, entend un enfant crier car pendant quelques secondes (avant le contrechamp), nous nous retrouvons à sa place en ne sachant pas si l’on est dans le réel (une petite fille jouant non loin dans l’eau) ou dans le passé (le souvenir d’une scène vécue avec sa propre fille).

Malgré quelques bonnes scènes, « Hors de contrôle » est loin de ressembler à son titre et nous laisse donc sur un sentiment mitigé.

Jean-Christophe Nurbel

« Hors de contrôle » (« Edge of Darkness », 2009)
Réalisation : Martin Campbell
Scénario : William Monahan et Andrew Bovell
Image : Phil Meheux
Montage : Stuart Baird
Casting : Mel Gibson, Ray Winstone, Danny Huston, Bojana Novakovic,Shawn Roberts…
Site officiel : http://www.horsdecontrole.fr

 

« L’Autre Dumas », histoire d’un nègre

Alors qu’Alexandre Dumas et Auguste Maquet, son nègre littéraire, sont au sommet de leur collaboration, Maquet décide de se faire passer pour Dumas afin de séduire Charlotte, une admiratrice de l’illustre écrivain.
Entre les deux hommes, l’affrontement est inévitable. Dans Paris, la Révolution de 1848 se prépare…Première bonne idée du film : décrire le grand écrivain français, Alexandre Dumas, du point de vue de son nègre littéraire, Auguste Maquet, dont la collaboration donnera plus de dix-sept romans de 1844 à 1851 (« Les Trois mousquetaires », « Le Comte de Monte Cristo », « La Reine Margot »…).
Deuxième bonne idée : idée d’opposer le truculent et omniprésent acteur français Gérard Depardieu (Alexandre Dumas) au comédien clownesque et étonnamment discret, le belge Benoît Poelvoorde (Auguste Maquet).
Troisième bonne idée : un casting féminin avec Dominique Blanc (Celeste Scriwaneck, épouse d’Alexandre Dumas), Catherine Mouchet (Caroline Maquet, épouse d’Auguste Maquet) et Mélanie Thierry (Charlotte Desrives) en quête de liberté chacune à leur niveau sur fond de Révolution (nous sommes en 1848).
Quatrième bonne idée : confier l’écriture au scénariste chevronné Gilles Taurand (scénariste pour André Téchiné, Robert Guédiguian ou Christophe Honoré), la lumière à l’excellent chef opérateur Stéphane Fontaine (chef opérateur attitré de Jacques Audiard) et le montage à l’expérimenté Bernard Sasia (monteur attitré de Robert Guédiguian).

En réalisant l’adaptation de la pièce de théâtre de Cyril Gely et Eric Rouquette, « Signé Dumas », le réalisateur français Safy Nebbou nous raconte une histoire étonnante et peu connue.
Pour la petite histoire, Auguste Maquet revendiquera la paternité des œuvres écrites en collaboration avec Dumas lors d’un procès en 1858. Et si le tribunal lui accordera 25% des droits d’auteur, il lui refusera en revanche la co-signature.

« L’Autre Dumas » est donc un film plutôt réussie où la petite histoire (Auguste Maquet sera enterré discrètement au cimetiére du Père Lachaise à Paris) nous raconte une autre facette de la grande (Alexandre Dumas entrera en grande pompe au Panthéon).

Jean-Christophe Nurbel

« L’Autre Dumas » (2010)
Réalisation : Safy Nebbou
Scénario : Gilles Taurand et Safy Nebbou
Image : Stéphane Fontaine
Montage : Bernard Sasia
Casting : Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Dominique Blanc, Catherine Mouchet, Mélanie Thierry…
Site officiel : http://www.lautredumas-lefilm.com

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