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Il re pastore de Mozart, l’anime star d’un opéra jubilatoire / Il re pastore by Mozart, an exhilarating anime-opera

Du 22 janvier au 1er février 2015, le Théâtre du Châtelet propulse Il re pastore de Mozart dans l’espace, avec une mise en scène dynamique où se mélangent culture pop et classique. Nicholas Buffe, artiste qui partage son temps entre Tokyo et Paris, a su créer un univers hybride pour ressusciter, sans le dénaturer, cet opéra de jeunesse de Mozart si rarement produit. Un plaisir jubilatoire à partager entre néophytes et amateurs d’opéra !

From January 22 to February 1st 2015, the Théâtre du Châtelet propels Mozart‘s Il re pastore into space, with an eclectic and dynamic mise-en-scène that combines classical and popular culture. The artist Nicholas Buffe, who shares his time between Tokyo and Paris, successfully created a hybrid universe that revives, without adulterating it, this work of youth composed at age 19 and rarely produced since then. For a week only, opera amateurs and novices will undoubtedly convene for an exhilarating multicultural experience.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Des plaines du Liban à la conquête intergalactique

© Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

Synopsis : Dans le système solaire Phénicien, Alexandre le Grand a éliminé Straton, tyran de la planète Sidon. Avant de repartir, il veut trouver le roi légitime, qui s’avère être Aminta, propriétaire d’une station-service intergalactique. Cependant, ce dernier est prêt à renoncer au pouvoir pour sa bien-aimée Elise…

Le drame pastoral qui se joue sur la scène du Théâtre du Châtelet peut sembler bien éloigné de celui qui a été composé par Wolfgang Amadeus Mozart à l’âge de 19 ans car il se situait au Liban et avait pour protagoniste un berger. Très rarement produit, cet opéra est ressuscité par son créateur visuel Nicholas Buffe et le metteur en scène Olivier Fredj, sous la direction musicale de Jean-Christophe Spinosi.

Une mythologie contemporaine

© Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

La scénographie détonne d’abord, avec une ouverture de dessin animé pour situer l’intrigue dans un nouvel espace-temps. Les références appartiennent à la mythologie, une ode à la pluralité des cultures, à l’histoire classique et aux références contemporaines principalement issues des tokusatsu, séries télévisées japonaises où l’humain et la machine s’allient et font corps.

Les costumes transforment les figures historiques en hybrides de culture populaire : Alexandre Le Grand est un mélange entre X-Or et Capitaine Flam, Amintas est sorti tout droit de Super Mario et Les Chevaliers du Zodiaque. Agénor rappelle Buzz l’éclair de Toy Story, et Elise arbore les cheveux blancs et oreilles de lapin des Viera de Final Fantasy XII.

Les fans de Bioman devraient être conquis ! Mais pas que… la mise en avant des éléments de culture populaire sont loin d’être une négation de la tradition. D’ailleurs, Nicholas Buffe revendique la contribution centrale de la notion de serio ludere à son oeuvre : dans les pas de la Renaissance, il nous invite à « jouer sérieusement ».

Et Mozart dans tout ça ?
Les discussions autour de l’aspect visuel d’Il re pastore abondent, mais l’opéra détonne aussi dans nos oreilles. Les chanteurs sont jeunes et talentueux, et chantent leurs arias avec une émotion qui nous transporte.

© Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

C’est sans doute dans la fosse d’orchestre que l’on rencontre la collaboration la plus inattendue. L’ensemble Matheus compte un musicien supplémentaire, installé aux côtés du claveciniste. Lui-même devant un clavier (de synthétiseur, à l’opposé du spectre !), Antoine Souchav’ agrémente les récitatifs de bruitages et effets sonores sortis de l’univers du jeu vidéo. Le concepteur sonore n’est pas nouveau à ces expériences de mélange de sons et d’époques, adaptant de la musique baroque dans son duo Scarlatti Goes Electro ; avec ces sons synthétiques, il n’est nullement question de dénaturer l’œuvre mais de la complémenter, de faire dialoguer chacun de ces aspects pour la renouveler.

On s’étonne d’abord, avant de rentrer dans le jeu et de s’émerveiller face à l’imagination et au plaisir créatif dont débordent cette production. Si dans la mise en scène, le premier acte surpasse le second, particulièrement dans l’interactivité entre les personnages et les décors, cette production du Théâtre du Châtelet deviendra sans aucun doute une référence. Après Un Américain à Paris à l’automne, le directeur général Jean-Luc Choplin se surpasse encore, on attend sa prochaine production avec impatience.

Provocateur, exubérant, jubilatoire… Le jeune Mozart aurait adoré !

Pandora

En savoir plus :
http://chatelet-theatre.com/event/il-re-pastore (site officiel du Théâtre du Châtelet)

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