//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / TELEVISION / VOD / SERIES / [CRITIQUE DVD] “P’tit Quinquin” (2014) : 22, v’là les cht’is !

[CRITIQUE DVD] “P’tit Quinquin” (2014) : 22, v’là les cht’is !

P’tit Quinquin a été la mini-série dont les critiques de cinéma (!) ont le plus parlé en 2014. Pensez donc, écrite et réalisée par l’auteur-réalisateur Bruno Dumont (L’Humanité, Flandres), cette mini-série a été présentée en tant que long métrage à la Quinzaine des Réalisateurs (à travers un montage bout-à-bout de tous les épisodes). Expérience cinématographique ou télévisuelle, retour en DVD sur l’un des gros buzz critiques de l’année dernière.

Synopsis :

“Dors min p’tit Quinquin, min p’tit pouchin, min gros rojin, Te m’feras du chagrin i te ne dors point ch’qu’à d’main”. Une enquête policière extravagante, improbable et burlesque autour d’étranges crimes aux abords d’un village côtier du Boulonnais, en proie au mal et d’une bande de jeunes crapules menée par P’tit Quinquin (Alane Delhaye) et Eve (Lucy Caron), son amoureuse.

La qualité made in France

P'tit Quinquin image 2
© D.R.

Depuis 1997, Bruno Dumont arpente essentiellement le Nord de la France à travers des films d’une très grande qualité (Caméra d’Or pour La Vie de Jésus en 1997 puis Grand Prix du Jury avec L’Humanité en 1999 et Flandres en 2006).

Catalogué cinéaste art et essai plutôt sérieux — voire élitiste —, il était donc très intéressant, avec la série P’tit Quinquin, de voir ce que Bruno Dumont allait proposer dans l’univers de la série hexagonale – univers qui propose de plus en plus de séries intéressantes (Engrenages, Fais pas ci fais pas ça, Les Revenants, Un Village français pour ne citer que quelques titres) – et qui plus est dans la comédie.

Des comédiens non-professionnels épatants

P'tit Quinquin image 1
© D.R.

Loin de coller au schéma type de la série policière, le cinéaste propose avec ce P’tit Quinquin plus un très long métrage saucissonné en épisodes — d’où la possibilité de projeter les épisodes en une seule traite —, dans la lignée de la saison 1 de la série True Detective (2014) de Nic Pizzolatto.

P’tit Quinquin est donc une mini-série de 4 x 52 minutes diffusée sur Arte où l’enquête est très vite délaissée au profit de la description d’un Nord de la France, à la fois adulte et enfantin.

Tout l’intérêt de la série repose d’ailleurs sur un acteur non-professionnel, Bernard Pruvost, qui en interprétant le Commandant Van der Weyden chargé de l’enquête, offre une gueule de cinéma (!) et une gestuelle burlesque qui ajoutent au ton étrange et décalé de la série. Comédien épatant, Bernard Pruvost nous offre une palette de mimiques impressionnantes et propose avec son acolyte Philippe Jore, qui interprète le lieutenant Rudy Carpentier, des situations extrêmement absurdes et drôles.

Ces deux-là sont les deux vrais atouts de la série. Un peu en dessous, le personnage du P’tit Quinquin et de sa bande d’amis creuse davantage les relations sociales du village et ses dérives comme le racisme.

P’tit Quinquin :
Un coup d’essai réussi
malgré un petit manque côté scénario

P'tit Quinquin image 3
© D.R.

Le plaisir de suivre une série plutôt qu’un film réside souvent dans le dévoilement progressif – et sur la durée – des multiples facettes contradictoires de ces personnages (cas uniquement des séries feuilletonnnantes, bien évidemment). Il est donc dommage de ne pas en savoir un plus sur les deux personnages principaux de la série, P’tit Quinquin et le Commandant Van der Weyden, à la fin des quatre épisodes.

Malgré tout, il est indéniable que ce coup d’essai de Bruno Dumont est réussi et en cas de saison 2, on espère que Dumont saura allier encore davantage son talent indéniable de mise en scène à une écriture sérielle encore plus poussée.

Mais quoiqu’il arrive, P’tit Quinquin montre une nouvelle fois que la France n’a plus à rougir de la qualité de ses séries

En savoir plus :

  • Disponible en DVD chez Blaq Out depuis le 4 novembre 2014
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Un commentaire

  1. je suis un schnock né en 1945, pris d’émotion, j’ai pleuré tout au long de ce film (P’tit Quinquin sur Arte) et je ne sais pas pourquoi. Qui peut m’expliquer ? Allégories ?
    Je n’ai jamais vu un film aussi absurde en même temps AUSSI GÉNIAL !
    Je ne savais pas que l’on pouvait mêler l’absurde avec la vérité (le réel).
    Profonde admiration au réalisateur et aux acteurs,
    Edyle

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :