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« Fièvres » (2014), chaud dedans !

Après Les Arêtes du cœur (2006) et Fissures (2009), le jeune réalisateur Hicham Ayouch démontre un réel talent et une grande sensibilité avec Fièvres, peinture sociale sur les cités et banlieues de Paris. Inspiré notamment par Elephant de Gus van Sant dans ses cadrages, Hicham Ayouch nous invite à réfléchir sur le sens de la famille et au système familial trop rigide et incapable de s’adapter aux besoins d’un enfant en plein questionnement identitaire.
   

Synopsis :

Benjamin (Didier Michon), un gamin de 13 ans, débarque dans la vie de son père et de ses grands-parents, sans crier gare, à la mort de sa mère. Pris en charge par ses grands-parents, il ne tarde pas à bouleverser l’ordre établi, précaire. Provocateur, violent, insolent, Benjamin cherche un père qui ne répond que par intermittence. Il trouve un refuge auprès de Claude (Tony Harrisson), SDF poète et philosophe, alternative à un avenir sans contour ni lendemain.

Fièvres,
une touche de Gus van Sant

 

Fièvres image 1
© Commune Image Média
La Vingt-Cinquième Heure

Dans Fièvres, à l’instar des personnages de Gus Van Sant, Ayouch n’hésite pas à utiliser cadrage large et réutilisation de motif identique (sac à dos rouge par exemple) – quitte à en faire trop – pour symboliser un système figé, dont le fonctionnement est voué à l’échec s’il n’écoute pas, ni ne prend pas en compte les désirs d’une liberté sous tutelle.

Incapables d’accéder à la reconnaissance de leur identité et rôle de père, les hommes perdent la face, et s’en remette au vide, tel ce père qui crie le nom de son fils, seul devant une barre d’immeuble, face à une cité endormie.

Adultes paumés, enfant errant

 

Fièvres image 2
 © Commune Image Média
La Vingt-Cinquième Heure

Si le thème n’est pas nouveau, le cadrage serré imposé par Hicham Ayouch dans Fièvres — doublé d’une esthétique dans le traitement de l’image et des costumes (même les SDF sont bien coiffés) — donne un contraste assez surprenant au film. Faut-il y voir la thématique du film selon laquelle les adultes se réfugient dans leur rêve – rêve d’une vie meilleure – plutôt que de prendre leurs responsabilités à bras-le-corps ? Benjamin met leur vie en danger, bouscule leur équilibre précaire, leur logique grégaire. Les hommes restent aveugles et sourds. Ne reste que la conscience d’une femme, la grand-mère pour les alerter sur leur place et leur identité d’homme et de père.

Face à la surdité des adultes, Benjamin perd même sa créativité, seul rempart pour une éducation, une élévation. Il dessine sa prison, et peint en noir sa colère sur un mur opaque. Il faudra une violence extrême pour que le système bouge et enfin, se transforme… Mais malgré cette transformation, cela n’ira pas jusqu’à l’acceptation inconditionnelle du bonheur, idée trop insoutenable sans doute pour être vécue librement.

Le film Fièvres tire souvent sur les clichés, que soient dans les images, les musiques et même dans les passages dramatiques. Dommage d’autant que les comédiens sont excellents – Didier Michon et Slimane Dazi en premier – et que Hicham Ayouch montre de grandes qualité et sensibilité dans la réalisation.

Une belle découverte !

On attend la suite !

 

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