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2 temps, 3 mouvements (2014), une adolescence difficile / harsh teenage years

Rares sont les réalisateurs qui réussissent dès leur premier film à marquer fortement les esprits. Christophe Cousin effectue ce saut vers l’inconnu avec brio en réalisant 2 temps, 3 mouvements et impose délibérément son style lors d’une scène phare : le suicide d’un adolescent.

Very few directors are able to blow us away with their first feature film. Christophe Cousin takes the plunge successfully in 2 temps, 3 mouvements, and claims his film style with a remarkable scene: the suicide of a teenage boy.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Synopsis : Victor (Zacharie Chasseriaud), jeune adolescent, vient d’emménager avec sa mère (Aure Atika) à Montréal. Élève distant et solitaire, il assiste un jour à un événement traumatisant : le suicide de l’un de ses camarades de classe. Cette tragédie le fera basculer soudainement de l’adolescence à l’âge adulte, temps de la souffrance, mais aussi de la découverte…

Une adolescence torturée

© A3 Distribution

On retrouve incontestablement la peur de l’éphémère dans le film de Christophe Cousin. Un peu comme chez Gus Van Sant, l’adolescence n’est qu’un état passager, à laisser derrière soi du jour au lendemain, en « 2 temps, 3 mouvements ». Profondément affecté par le décès récent de son père, Victor souffre d’un mal-être incessant. L’adolescent transfère son sentiment de culpabilité dans la mort de ce camarade dont il vient d’être témoin. S’ouvre alors une sorte de réflexion globale sur les difficultés de l’adolescence, à laquelle le spectateur adhère de plein fouet : 2 temps, 3 mouvements évoque la vie de famille monoparentale, la découverte et les attentes de la sexualité, ou bien encore le poids du déni.

Une ambiance pesante

© A3 Distribution

La caméra de Christophe Cousin opère des mouvements lents et sommaires, fixant ainsi le regard sur le jeune protagoniste. La lumière est froide ; elle révèle toute la portée dépressive des individus à l’écran. Ainsi, la dimension psychologique est omniprésente dans sa façon de filmer. Pour autant, le film en porte les travers puisqu’il lui accorde parfois trop d’importance, s’attardant longuement sur un mal-être qui évolue peu.

Inspirée d’Allemagne année zéro (1948) de Roberto Rossellini ou empreinte d’un esthétisme à la Antichrist (2009) de Lars Von Trier, la scène du suicide met en perspective la détresse d’un adolescent jusqu’à l’impact final, filmé hors-champ. En montrant l’inmontrable, le réalisateur donne à son cinéma une consistance particulière, source de réflexion.
Zacharie Chasseriaud, déjà vu dans Les Géants (2011) de Bouli Lanners, est touchant dans une interprétation très intériorisée. À l’inverse, Aure Atika est moins convaincante dans un rôle de mère un peu forcé.

Ce film d’apprentissage de la vie et de la mort est une belle réussite pour ce jeune réalisateur. Néanmoins, il porte les stigmates d’effets stylistiques parfois trop appuyés qui, souhaitons-le, gagnerons en maturité avec ses prochains films.

Antoine Corte avec l’aide de GwenfromNY

En savoir plus :
https://www.facebook.com/pages/2-Temps-3-Mouvements-le-film/836517003033606 (Facebook officiel du film)
– Date de sortie France : 28 janvier 2015

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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