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La French (2014), un Heat à la française / The Connection (2014), a French Heat

Film français incontournable en cette fin d’année, La French reconstitue dans le Marseille des années 70, le combat acharné du juge Michel contre le milieu de la pègre marseillaise. Réalisé par un « local », Cédric Jimenez, cette grosse production réunit une nouvelle fois les compères Jean Dujardin et Gilles Lellouche pour un face à face, façon Pacino/de Niro dans Heat de Michael Mann. Cette tentative de polar à l’américaine tient-elle toutes ses promesses ? Verdict.

The absolute must-see French film at this end of the year, The Connection recreates Marseille in the 70s, the hard struggle of judge Michel against the Marseille underworld. Directed by a « local », Cédric Jimenez, this big production reunites again Jean Dujardin and Gilles Lellouche for a face to face like Pacino/De Niro in Heat by Michael Mann. Does this attempt of American style thriller keep all its promises? Verdict.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Synopsis : Marseille. 1975. Le juge Pierre Michel (Jean Dujardin) arrive à Marseille avec pour objectif de faire disparaître la French Connection, plate-forme tournante de l’héroïne à échelle mondiale. À la tête de l’organisation, l’intouchable Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche) qui ne cesse de passer à travers les mailles du filet. Face à une police corrompue et une escalade de la violence, le juge Michel comprend qu’il doit radicaliser ses méthodes. Une véritable confrontation commence entre les deux hommes.

Un polar à l’inspiration US…

© Gaumont

Que ce soit consciemment ou non, La French renvoie aux grands polars qui ont marqué l’histoire du cinéma américain. Lorsque l’on se retrouve devant le film, il est impossible de ne pas penser à des réalisateurs tels que Sydney Lumet ou encore Martin Scorsese. Le combat obsessionnel et destructeur du personnage de Jean Dujardin n’est pas sans rappeler celui de Al Pacino dans Serpico (référence absolue dans le genre du « dernier flic intègre face au système »). Et la description du quotidien de la bande de voyous mené par Gilles Lellouche fera ressortir les souvenirs qu’on a de la bande à Robert de Niro dans Les Affranchis. Le parallèle est d’autant plus justifié que la confrontation entre les deux protagonistes se calque sur celle, mémorable, de Heat. La French a donc pris soin de digérer toutes ces références pour les appliquer de manière soignée à la véritable histoire du juge Michel et en extirper, à partir d’un fait réel, un objet cinématographique.

… mais à la personnalité propre

Le long-métrage de Jimenez se distingue cependant de ces polars sur de nombreux points, notamment un en particulier : l’émotion. La plupart des films de gangsters se résument souvent à une chronique froide du milieu de la pègre et se contentent de décrire la chute de tel parrain ou le combat de tel commissaire sans qu’il y ait d’empathie véritable pour les personnages. Ici, les scénaristes ont mis un point d’honneur à caractériser leurs protagonistes, à leur dessiner des contours précis ainsi que des failles. Par exemple le juge Michel, malgré sa sensibilité à fleur de peau, possède un véritable sens de la répartie qui fait mouche à plusieurs reprises, apportant ainsi un versant humoristique assez inattendu au film. De même, la scène finale de Gilles Lellouche est proprement poignante lorsque son personnage, imperturbable, laisse apparaître toute sa fragilité.

Autre point contribuant grandement à l’identité du film : la bande originale. Excellente et éclectique. C’est peu de dire que La French a soigné son ambiance musicale : tour à tour, ce sont Lykke Li, Gainsbourg, Mike Brant et bien d’autres qui viennent poser leurs partitions sur la pellicule. Il y a fort à parier que pour certains spectateurs, la BO du film va tourner en boucle dans leurs lecteurs MP3.

Quelques ombres au tableau

© Gaumont

On pourra cependant regretter que Cedric Jimenez ait cédé à la mode de la caméra portée permanente pendant tout le film. Si ce choix s’avère être judicieux pour donner un côté plus réaliste à la procédure judiciaire et souligner l’intimité de certains moments, les passages mettant en scène la pègre marseillaise, tout comme les scènes d’action, auraient peut-être dû bénéficier de cadrages plus posés.

Un mot sur le duo Dujardin/Lellouche. Si le premier est impeccable, le second semble un peu moins habité par son personnage. Mais peut-être est-ce dû au fait que le film penche davantage sur le juge Michel.

Pour conclure, même si le film comporte quelques maladresses de réalisation, La French s’inscrit pleinement dans la lignée des polars américains qui ont fait date, tout en se payant le luxe d’avoir sa propre identité.

Salvatore

En savoir plus:
– http://www.gaumont.fr/fr/film/la-french.html (site officiel du distributeur)
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Michel_(juge)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tany_Zampa

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