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Cold in July (2014), back to the eighties

Pour son premier long-métrage au cinéma,  Cold in JulyJim Mickle s’accompagne de 3 têtes d’affiches qui vont titiller la curiosité de plus d’un d’entre nous. Qui ne revait pas de voir enfin sur la grande toile l’un des plus grand acteur de série dans un beau premier rôle, j’ai nommé Mister Michael C. Hall (Dexter, Six Feet Under), accompagné du Super Badass Sam Shepard (L’Étoffe des héros, Blackthorn) et d’une sacré surprise avec le retour fracassant d’un Don Johnson (série Miami Vice) dans un rôle qui lui colle aux Santiags.

Synopsis : 1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane (Michael C. Hall) abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.
 
Dans Cold in July, la première chose que l’on retient, c’est son casting parfait. Mr Dex réussit haut la main sa reconversion après 8 saisons de loyaux services dans son célèbre rôle d’aiguiseur de couteaux. Dans Cold in July, L’acteur joue admirablement un personnage sensible, qui va se retrouver plongé malgré lui dans une “History of Violence”, au pays des hommes qui pensent avec leur flingues : le fin fond du Texas. On reconnait le jeu unique de Michael C. Hall, et ce qui fait de lui un acteur hors pair, avec cet art du souffle si particulier, qui semble être une astuce bien à lui pour nous transmettre toute l’émotivité de son personnage. Michael C. Hall arrive à exprimer en une respiration, ce qui pourrait nécessiter une scène entière avec un autre comédien. Superbement accompagné par un Sam Shepard redoutable dans le rôle du badboy-qu’il-ne-faut-pas-chercher, et d’un Don Johnson dans un personnage inimitable (avec une entrée en scène drôle et décalée) de détective playboy, sorte de vieux beau excentrique mais touchant, qui semble tellement avoir été écrit pour lui.


Au texas, quand le sage devient violent, les habitants l’en félicitent.

© Le Pacte
Le film commence sur les chapeaux de roues, nous plongeant dès la première minute dans l’inquiétude d’un personnage ordinaire en danger, avec une superbe ambiance de thriller haletant où très vite, l’intrigue principale s’installe. Notre identification au protagoniste est instantanée et c’est d’ailleurs le seul personnage qui semble à peu près normal dans ce pays. N’acceptant pas l’acte de violence qu’il commet par mégarde, il découvre avec nous un univers absurde où tout le monde l’en félicite. Au Texas, cette violence, contagieuse, fait loi et finit toujours par se décupler. Rapidement, la vengeance rôde : elle t’empêche de dormir, fouine derrière ta porte, hante ta maison, et tant qu’à faire, traine dans la chambre de ton fils.

Cette première partie est parfaite, on est absorbé dans cet univers angoissant, digne des plus grand thrillers. Un rebondissement dans la deuxième partie redistribue les cartes et change les relations de nos personnages, ce qui bascule, du même coup, les objectifs du film. Quelque peu déstabilisant, ce twist est plutôt bien amené, en douceur et ne fait qu’attiser notre curiosité pour la suite. Au milieu du film, l’arrivée de Don Johnson ajoute une dimension plus légère au scenario qui se transforme alors en une enquête injectée de quelques scenettes plus humoristiques. Cette deuxième partie fonctionne même si la tournure du scénario change un peu le style et rend difficilement compréhensible les intentions de notre personnage principal. On se demande également pourquoi l’intrigue secondaire (avec les policiers) est en train de passer complètement à la trappe (pour finalement ne jamais revenir) alors qu’elle aurait toutes les raisons de ressurgir comme un boomerang.

Une série B des 80’s à la sauce Carpenter

© Le Pacte
Tout le film insuffle volontairement les années 80. Jim Mickle y reproduit fidèlement l’époque jusqu’au bon goût de nos personnages : du motif “vache” de l’intérieur de la Cadillac de Don Johnson, au look coupe mulet+moustache de Michael C. Hall, qui, au passage, lui va comme un gant. De la lumière à la musique, on sent que le but du réalisateur est de nous plonger dans cette ambiance 100% eighties, voir même de vouloir réaliser un film qui semblerait venir de cette époque, avec tout les codes qui vont avec. Il y arrive très bien… trop bien même. Jim Mickle en conserve ses bons côtés, comme ses moins bons. Le scénario qui commence de manière simple et efficace, s’enrichit au fur et à mesure et ne fait qu’accentuer notre intérêt avec ce trio d’acteur génial, en justiciers des temps modernes. Mais lors des dix dernières minutes, on tombe alors dans le climax de série B d’un autre temps, avec un gunfight totalement 80’s, dans un esprit très “film de vengeance”. On aurait largement préféré une version revisitée et bonifiée par le regard d’aujourd’hui et digne du reste du film. Par son style très 80’s, le film rend d’ailleurs un hommage prononcé au cinema de John Carpenter.

Du Sang et du Moog

© Le Pacte

La musique prend le parti pris d’être entièrement constituées d’arpège simplistes de synthé monotimbrale 80’s. Elle nous évoque à la fois l’univers teinté de violence et de pop-electro 80’s d’un Drive (sans la richesse musicale de Kavinski puisqu’il n’y a ici qu’un seul synthé, sans voix ni boite à rythme) et le minimalisme poussé à l’extrême des musiques de John Carpenter. Sur le papier, ça a l’air génial mais comme la musique nous rappelle instantanément le timbre de ces bandes originales si mythiques, on ne peut être qu’assez déçu par le résultat de cette composition élémentaire qui semble récupérée d’une vieille série B, faisant malheureusement de la musique le bémol du film.

Pour la petite histoire, il semblerait d’ailleurs que, suite à l’envie commune du réalisateur et du compositeur de partir dans un spirit plus Carpenter que western, le monteur John Paul Horstmann a maquetté temporairement le montage avec des extraits d’Halloween 3 ou Fog pour s’imprégner de l’ambiance musicale. Mais ce qui aurait pu être une idée audacieuse est finalement ce qui pêche. Sans recul, le compositeur Jeff Grace, peu inspiré, a du tellement s’imprégner du style John Carpenter (qui composait lui-même ses musiques) qu’il y répond un peu scolairement et ne réussit à en faire qu’un cover. On est donc loin de l’œuvre musicale ultime, mais fort heureusement, ce point n’est pas trop pénalisant si l’on considère que cette composition s’inscrit comme une ambiance sonore qui parvient malgré tout à coller au film pour nourrir le suspens et la dramaturgie. Autre clin d’oeil qui relie ce film au maitre de l’horreur, une courte apparition de Wyatt Russell, fils de Kurt Russel, “l’égérie” masculine de J. Carpenter.

En bref, que l’on soit friand de thrillers, fan du cinema typé de John Carpenter, nostalgique des films eighties ou impatient de voir Michael C. Hall sur la grande toile, on prend beaucoup de plaisir à regarder Cold In July… mais à la fin, on passe du masterpiece au vieux film de série B.
Au final, Cold in July est un peu comme un magnifique soufflé qui nous fait saliver. Il gonfle et s’avère de plus en plus alléchant pendant toute sa cuisson, mais finit malheureusement trop cuit, nous laissant ce léger goût de brulé parmi de belles saveurs.

Sprea

En savoir plus :
– http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/cold-in-july-juillet-de-sang/ (site officiel du distributeur)

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