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Exodus (2014), Des hommes et des dieux / Men and Gods

Après avoir écumé toutes les suites de suites de remakes de reboots préquelisés jusqu’à plus soif, Hollywood continue d’appliquer la recette de faire du neuf avec du très (très) vieux en réadaptant le best-seller n.1 mondial par excellence : la Bible. Exodus mis en boîte par Ridley Scott sera-t-il à la hauteur des espérances de cette fin d’année, 58 ans après le mythique Les dix commandements de Cecil B. DeMille ?

After running through all the sequels to sequels to remakes of prequeled reboots that can possibly be done, Hollywood keeps making something brand new out of what is very (very) old, once again by adapting the n.1 worldwide best-seller by essence: the Bible. If put together by Ridley Scott, is there any chance that Exodus might meet our expectations at this end of the year, 58 years after Cecil B. DeMille’s legendary The Ten Commandments?

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À force de teinter chacune de ses œuvres d’un certain mysticisme, parfois pour le meilleur – Blade Runner (1982), Alien (1979) – comme pour le pire – Prometheus (2012) -, il n’était guère étonnant de voir Ridley Scott revenir à la source de l’Ancien Testament et s’atteler à une nouvelle relecture de l’histoire de Moïse, et de son affrontement contre Ramsès dans sa volonté de libérer le peuple hébreu de l’esclavage.

Qui dit Exode dit forcément beaucoup d’images ancrées dans notre imaginaire qu’on ne demande qu’à voir sur grand écran, les dix plaies d’Égypte, l’ouverture de la mer Rouge, pour ne citer qu’elles. Là où un Darren Aronofsky utilisait le fantastique comme cache-misère de son cataclysmique Noé (2014), Scott a ici toutes les clés en mains pour nous en mettre plein la vue et prouver qu’à 77 balais, même après l’échec artistique de son dernier Cartel (2013), le bougre en a encore dans la culotte.

© 2014 Twentieth Century Fox

Steven Zaillian au scénario, Arthur Max aux décors et un casting 5 étoiles (Christian Bale, Joel Edgerton, Sigourney Weaver, John Turturro, Aaron Paul) : Papy Scott met d’emblée tous les ingrédients de son côté pour nous offrir un spectacle digne de ce nom.

Et cela fonctionne pendant un début de métrage rappelant FURIEUSEMENT Gladiator (2000) : Moïse / Bale, ayant troqué son bâton contre une épée, fait office de Général Maximus et est lui aussi pris d’adoption par un père spirituel (Séthi / Turturro) qui le préfère à son propre fils biologique (Ramsès / Edgerton). Du concentré de déjà-vu où Ridley Scott fait du Ridley Scott mais toujours avec gentillesse et générosité.

© 2014 Twentieth Century Fox

On lui pardonnera donc cela, de même qu’une trop grande linéarité dans le récit, des événements tombant un peu comme un cheveu sur la soupe (révélations sur l’origine de Moïse, Ramsès décidant de retourner chercher les hébreux) et le choix de certains acteurs n’ayant rien à voir avec l’Égypte ancienne (Turturro et Edgerton notamment).

S’il tient sa place par rapport aux films à grand spectacle et justifie amplement le prix de son billet eu égard à ses effets spéciaux et à ses plans magnifiques en Scope, le script de Zaillian sait aussi placer ses personnages au centre du récit et évite le manichéisme obsolète de certains blockbusters actuels.

© 2014 Twentieth Century Fox

Si Ramsès est plus représenté comme un roi prisonnier de son peuple et de ses conseillers que comme une menace effective, le personnage de Moïse est fascinant à plus d’un titre. Illuminé ? schizophrène ? prophète instruit d’une mission divine ? le film choisit habilement de ne pas répondre à ces questions, d’où la volonté de rationaliser au maximum les éléments fantastiques du récit.

C’est d’ailleurs cette obsession de devoir rendre des comptes à une masse populaire qui donne tout son sel à l’affrontement entre Ramsès et Moïse, chacun étant victime d’une force qui le dépasse, remettant en cause le questionnement et le libre-arbitre de chacun. Là est la grande force des grands récits mythologiques qui parviennent à faire traverser par-delà les siècles leurs thèmes intemporels et questionner l’être humain.

S’il serait hâtif de parler du grand retour de Ridley Scott au premier plan (est-il encore nécessaire de le souhaiter ?) Exodus s’impose comme le blockbuster idéal en cette fin d’année et ces périodes de fêtes. Pas plus intelligent ni plus stupide que les autres, il reste néanmoins suffisamment bien foutu pour passer un moment pas trop désagréable, surtout si vous avez encore en tête vos longues heures passées au catéchisme.

Il ne reste maintenant à Scott qu’à mettre autant d’envie et de générosité pour la suite de Prometheus.
Dieu seul sait s’il sera à la hauteur.

TomR

En savoir plus : – http://www.exodusgodsandkings.com/#home (le site officiel du distributeur)

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