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Respire (2014), à couper le souffle !

Respire, c’est un peu ce réflexe naturel que l’on adopte sans réfléchir mais qui fait tourner toute la machine. Le film de Mélanie Laurent que l’on retrouve cette fois-ci avec une casquette de réalisatrice, est de cette analogie. Il procure un grand bol d’air qui permet de donner vigueur et entrain au cinéma français. À couper le souffle…
 

Charlie (Joséphine Japy) est une jeune fille de 17 ans, timide et travailleuse. Un jour, elle voit arriver dans sa classe une nouvelle élève, Sarah (Lou de Laâge), culottée et séductrice. Contre toute attente, les deux jeunes femmes se rapprochent et commencent à vivre une relation passionnelle devant les yeux étonnés de la mère de Charlie (Isabelle Carré). Cependant, les non-dits et les travers de l’adolescence vont venir s’immiscer dans une histoire d’amour compliquée.
 
Véritable coup de cœur, le film n’emporte pourtant pas l’adhésion dès les premières secondes. On est en effet marqué par une mise en place lente de l’intrigue avec une période de découverte des personnages. Durant cette phase, le travail d’écriture est particulièrement marqué. On est dans un clivage d’idées et de comportements lorsqu’on observe Charlie et Sarah, deux êtres incompatibles qui finalement se retrouvent. De même, le personnage de la mère de Charlie, excentrique autant qu’égocentrique, rajoute de la complexité à l’intrigue principale. Elle est marquée par ses propres fêlures résultant d’histoires d’amour difficiles qui ont nécessairement un impact sur sa progéniture.
 
© Jérôme Plon
Une fois ce passage d’exposition passé, le film s’emballe et sa dramaturgie devient si intense qu’on a du mal à reprendre de l’air. En effet, on sait que l’adolescence rime avec amour déçu. Les sentiments sont exacerbés et les passions déchaînées. Pour autant, c’est en jouant sur cet état alternatif, entre jouissance et souffrance, que Mélanie Laurent va procurer au spectateur le plus d’émotions. Pour ce faire, elle peut compter sur l’interprétation magistrale de ses deux comédiennes qui n’ont de cesse de se mettre en danger. Par exemple, elles montrent toute une intimité dans les scènes de vacances où l’expression de leurs sentiments est mise à nue (et pas que…). À l’inverse, elles se déchirent dans les scènes en milieu scolaire.

 

© Jérôme Plon
À l’image, la caméra de la réalisatrice fait également voyager. En utilisant le contre-jour, elle capte intensément cette lumière naturelle d’une fin de journée d’été, notamment dans la magnifique scène où Charlie se promène dans une étendue verdoyante. En cela, il y a un petit air de Terrence Malick qui se cache derrière notre frenchie.
 
 
 
 


Pour en savoir plus :

http://www.gaumont.fr/fr/film/Respire.html (site officiel du distributeur du film)

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