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LE MOIS DU CINÉASTE – Werner Herzog / THE FILMMAKER’S MONTH – Werner Herzog

© Metropolitan Filmexport
En 2008, sort en salles un étrange documentaire, Ennemis intimes (Mein liebster Feind, 1998),  où un cinéaste allemand, Werner Herzog, rend hommage à un de ses acteurs fétiches – décédé en 1991 – avec lequel il a eu une continuelle relation d’amour/haine : Klaus Kinski. Cinéaste de l’extrême, poète de l’impossible, Werner Herzog filme « la fragile ceinture des rêves » (Pierre-Henri Deleau). À l’occasion d’une sortie de ses œuvres en DVD et en BLU-RAY chez Potemkine et de rétrospectives sur lui à Paris, Strasbourg et Lyon en 2014 et 2015, morceaux choisis d’une filmographie riche de documentaires, d’essais et de fictions.
In 2008 is released in French theaters a strange documentary, My Best Fiend (Mein liebster Feind, 1998), where a German filmmaker Werner Herzog, pays tribute to one of his favorite actors – who died in 1991 – with whom he had an ongoing relationship love/hate: Klaus Kinski. Extreme filmmaker, poet of the impossible, Werner Herzog shots « the fragile belt of dreams » (Pierre-Henri Deleau). On the occasion of the release of his works on DVD and BLU-RAY by Potemkine and a season on him in Paris, Strasbourg and Lyon in 2014 and 2015, here are selected pieces of his rich filmography of documentaries, essays and fictions.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

« Ce qui a toujours fasciné Herzog, c’est comment l’être humain dépasse sa finitude. »
Pierre-Henri Deleau

Werner Herzog est un réalisateur, acteur et metteur en scène allemand né le 5 septembre 1942 à Munich (Allemagne). Il fait partie de ce Nouveau Cinéma Allemand des années 60-70 d’où émergent aussi Rainer Werner Fassbinder, Volker Schlöndorff, Werner Schröter, Margarethe von Trotta et Wim Wenders. Cinéaste provocateur, il n’hésite pas, à l’image d’un Roberto Rossellini, à mélanger très tôt fiction et documentaire dans des films où sa quête de l’impossible et d’une vérité extatique le situe dans la lignée des romantiques allemands.

Son premier court-métrage, Herakles (1968), rapproche métaphoriquement et avec humour le corps musclé de bodybuildeurs allemands aux travaux mythiques du héros grec Hercule. Puis il part en Crète réaliser son premier long métrage de fiction : Signes de vie (Lebenszeichen, 1968), Ours d’argent au Festival de Berlin. Il y filme la rencontre improbable et impossible – ils ne parlent pas la même langue -, entre des soldats de la Wehrmacht envoyés là-bas pour défendre une forteresse abandonnée et les autochtones.

En 1970, c’est le scandale à à la Quinzaine des réalisateurs avec Les nains aussi ont commencé petits (Auch Zwerge haben klein angefangen, 1970) où son récit juste après 1968 d’une révolution fomentée par un groupe de nains, sera qualifié de réactionnaire.

 Avec Pays du silence et de l’obscurité (Land des Schweigens und der Dunkelheit), il revient au documentaire et essaie d’appréhender la « vision » de sourds-aveugles de leur environnement. Il y filme notamment une très belle scène où deux sourdes-aveugles vivent leur premier de baptême de l’air.

Avec Fata Morgana (1971), on est en plein dans les années 70. Ni fiction ni documentaire, le film est un trip en Afrique en trois parties où Herzog va chercher à filmer des mirages (« une Fata Morgana est un phénomène optique qui résulte d’une combinaison de mirages », cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fata_Morgana_%28optique%29Wikipédia), comme dans cette scène au début du film où il filme une succession d’atterrissages d’avions sur une piste où l’intense chaleur ambiante donne l’impression que ceux-ci se posent sur l’eau.

En 1972, il filme la quête insensée de conquistadores parti à la recherche  du royaume  légendaire indien, L’Eldorado, au cœur de  l’Amazonie : Aguirre, la colère de Dieu (Aguirre, der Zorn Gottes, 1972). Le tournage dans une jungle hostile avec une équipe légère, une caméra portée et une relation orageuse avec Klaus Kinski – on raconte notamment que Herzog menaça Kinski d’un fusil lorsque celui-ci voulut quitter le tournage – est rapportée dans le documentaire de Les Blank, Burden Of Dreams (1982).

Après François Truffaut, Herzog filme son enfant sauvage dans L’Énigme de Kaspar Hauser (Jeder für sich und Gott gegen alle, 1974). Sa méthode pour le film prête encore à controverses par ses partis pris dans son adaptation de l’histoire – elle est très connue en Allemagne – par son choix pour camper le personnage d’un acteur non professionnel et marginal, Bruno Schleinstein, qui est devenu orphelin à 3 ans et a passé une bonne partie de sa vie entre les hôpitaux psychiatriques et la prison. Mais les Grand Prix spécial du Jury et Prix du Jury Œcuménique au Festival de Cannes en 1975 étoufferont rapidement la polémique.

La même année, il réalise le passionnant moyen-métrage documentaire La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (Die Große Ekstase des Bildschnitzers Steiner, 1974). Dans ce film, il s’intéresse au sauteur à ski suisse, Walter Stein. Une nouvelle fois, Herzog n’hésite pas à « fictionniser » le film en s’y affichant en tant que commentateur sportif. Alors que le danger se fait de plus en plus présent à cause du talent hors-norme de Steiner – il saute souvent plus loin que les limites de sécurité -, chacun des sauts sont filmés avec de magnifiques ralentis qui suspendent le skieur pendant quelques minutes dans les airs, comme en lévitation, nous plaçant au plus près de la fascinante quête du dépassement de soi cet Icare des temps modernes.


  

Après avoir hypnotisé des comédiens non professionnels dans Cœur de verre (Herz aus Glas, 1976), Herzog fonce en hélicoptère en Guadeloupe pour filmer un volcan qui menace d’entrer en éruption : La Soufrière (La Soufrière – Warten auf eine unausweichliche Katastrophe, 1976). Dans une ville évacuée pour raisons de sécurité évidente, il brave le danger pour retrouver les quelques habitants qui ont refusé de partir malgré la catastrophe imminente.

En 1982,  c’est le Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes avec Fitzcarraldo (1982) et cette incroyable scène d’un bateau porté à bout de bras sur une colline.

En 1984, Herzog filme deux alpinistes qui veulent accomplir ce que personne n’a fait avant eux : escalader deux pics d’affilée de la chaîne Gasherbrum au Pakistan qui sont situés à plus de 8000 mètres d’altitude. C’est Gasherbrum, la montagne lumineuse (Gasherbrum – Der leuchtende Berg, 1984) où une fois encore, Herzog filme dans des conditions extrêmes des aventuriers prêts à aller au-delà de leurs limites. Il les interroge jusqu’au dernier moment pour comprendre ce qui les pousse à effectuer une telle performance au péril de leur vie.

« S’il [Werner Herzog] veut filmer autant l’impossible et l’invisible,
c’est pour découvrir le secret des autres,
c’est pour mieux cacher encore ses secrets à lui. »
Noël Simsolo

 

© D.R.

Loin de se dévoiler dans ses films, Werner Herzog continue donc de chercher à comprendre des situations et des êtres complexes, soit pêle-mêle : un documentaire sur un homme qui a été dévoré avec sa femme par un grizzly en Alaska après avoir vécu longtemps avec eux (Grizzly Man, 2005) ; un improbable polar hallucinogène dans la moiteur de la Nouvelle-Orléans avec Nicolas Cage (Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans, 2009) ; un accès exceptionnel à la grotte Chauvet, une des plus célèbres et protégées grottes préhistoriques, pour un documentaire 3D (La Grotte des rêves perdus, 2010) ; une réflexion dans les couloirs de la mort en confrontant les points de vue des coupables, des victimes et des enquêteurs (Into the Abyss, 2011).

Cinéaste longtemps oublié en France bien que toujours aussi actif, Werner Herzog a depuis repris droit de cité dans nos salles obscures, à la faveur notamment de rétrospectives sur son œuvre. Gageons que cette nouvelle année permettra de prolonger cette reconnaissance d’un cinéaste de l’impossible qui n’aura de cesse de partir en quête de nouvelles aventures cinématographiques… extrêmes.

Jici

En savoir plus :
Bulles de Culture – Le Mois du Cinéaste
– toutes les citations de l’article sont tirées des bonus des coffrets DVD Werner Herzog disponibles depuis le 04/11/14 chez Potemkine : http://www.potemkine.fr/Potemkine-article/pa90m4elactublocidel98.html
http://www.wernerherzog.com/ (site officiel du réalisateur)
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/herzog/herzog.htm
http://www.dvdclassik.com/article/integrale-werner-herzog-introduction-a-l-oeuvre-et-sommaire
– Rétrospective Werner Herzog, en sa présence, au Festival Augenblick (Strasbourg, France) du 06/11/14 au 13/01/15 : http://www.werner-herzog.unistra.fr/
– Rétrospective Werner Herzog au Grand Action (Paris, France) du 03/12/14 au 20/01/15 : http://www.legrandaction.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2748
– Rétrospective Werner Herzog à l’Institut Lumière (Lyon, France) en 2015 : http://www.institut-lumiere.org/
– Rétrospective Werner Herzog au Centre Pompidou (Paris, France) du10 décembre 2008 au 2 mars 2009 : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cRA9kx/razggBp

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