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Festival des Musiques à l’Image 2014 – BULLE #02

Le weekend du 1 et 2 novembre 2014 s’est tenu à La Gaîté Lyrique et au Grand Rex la troisième édition du Festival des Musiques à l’Image, à l’initiative du programme culturel des Audi Talents Awards. Loin du format traditionnel de projection de films, cette rencontre forte et intense s’est concentrée sur 4 masterclass avec des compositeurs de musique de films aussi variés qu’excellents. Elle a fait découvrir au public un milieu dynamique et international, où le travail est poussé par la passion. Deuxième compte-rendu sur cet évènement « Bulles » qui est un week-end incontournable des amoureux de la musique de film.

Last weekend, Audi Talents Awards presented the third edition of its Festival des Musiques à l’Image (aka Music to Images Festival) at La Gaîté Lyrique and at Le Grand Rex. Far from the traditional format of film projections, this intense event concentrated on 4 Master Classes with film music composers, all excellent and representing different styles, who offered the public a dynamic and international view of their industry where work is driven by passion. On this film music lovers’ favorite weekend of the year, here is our second report on this « Bubbles » event  and its Master Classes.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Tout commence avec les Audi Talents Awards, concours dont les lauréats des 4 catégories (design, musiques à l’image, art contemporain et court-métrage) sont soutenus et suivis par Audi pendant une année pour développer leurs projets. Les festivités s’ouvrent donc avec la présentation des deux lauréats de l’année passée, Coralie Fargeat avec son film Reality + et Laurent Graziani qui a pris en charge l’identité sonore de la marque. La séance est résolument moderne, le réalisatrice nous présentant un futur dystopique où l’apparence est le moteur principal des relations sociales.

Ensuite, le festival nous présente un panorama plein d’espoir des talents de la musique de film, avec 4 masterclass présentées par Stéphane Lerouge, face à des compositeurs très complémentaires.

Master Class Jean-Michel Bernard
© Christophe Brachet
Jean-Michel Bernard a travaillé avec des réalisateurs français tels que Claude Chabrol, Étienne Chatiliez, Fanny Ardant et Francis Veber. Il a aussi travaillé sur la musique de Hugo Cabret (Martin Scorsese, 2012) qui a été nominée aux Oscars. Son parcours est d’abord celui un musicien – pianiste précoce qui découvre le piano à 2 ans – qui devient musicien de studio d’enregistrement puis accompagnateur de Ray Charles avec qui il est parti en tournée pendant 3 ans.

Il est aussi particulièrement connu pour sa collaboration avec Michel Gondry.

Justement, pour répondre à la question d’entrée en matière de Stéphane Lerouge, Jean-Michel Bernard a choisi de partager avec le public des séquences de musiques de films qui ont marqué sa carrière, comme la chanson de Ray Charles en ouverture de In the Heat of the Night (Norman Jewison, 1967). De sa collaboration avec Michel Gondry, on retiendra surtout le thème du « desapprentissage ». Il nous propose une anecdote qui l’illustre bien : Dans Human Nature (Michel Gondry, 2001), il avait composé deux chansons pour la scène où Patricia Arquette chante son harmonie avec la nature dans les bois, et il avait enregistré une demo avec une chanteuse professionnelle. Le retour du réalisateur a été de faire réenregistrer la chanson par une non-professionnelle (en l’occurrence la femme du compositeur puis dans le film la chanson est interprétée par l’actrice). Dés-apprendre, ou être prêt à s’ouvrir…
Première des nombreuses surprises de la journée, le rendez-vous se termine avec une interprétation du compositeur au piano, dans une ambiance de concert privé.
Master Class Fernando Velàzquez
© Julio Rodriguez
Vient ensuite nous retrouver Fernando Velàzquez, compositeur qui a été découvert avec L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona en 2007. Violoncelliste de formation, il nous confie que composer de la musique de films n’a jamais été pour lui une quête professionnelle : s’il prend son travail au sérieux, cela reste surtout un loisir pour lui – et l’a toujours été. « Je n’ai jamais pensé que c’est ça que je voulais faire quand je serai grand », nous confie-t-il, « mais je veux faire ça maintenant! »
Il a depuis composé de nombreuses bandes originales, dont The Impossible (Juan Antonio Bayona, 2012), Mama (Andrés Muschietti, 2013) et très récemment, pour Hollywood, Hercule (Brett Ratner, 2014).
Il nous cite deux films : Cinema Paradiso (Giuseppe Tornatore, 1988) et Mission (Roland Joffé, 1986). Point commun : leur musique a été composée par l’incontournable Ennio Morricone, qui a dû faire naître bien des vocations. En regardant l’extrait qu’il a choisi de Mission, il nous avoue qu’il n’a pas été touché par la musique la première fois qu’il l’a entendue. C’est quelque chose qui s’intensifie avec le temps.
La rencontre se fait dans une atmosphère de confession intime, où il nous raconte les contraintes de l’industrie et ses manières de travailler. On se rappellera surtout de son inspiration qui vient du mouvement, essence même du cinéma. Il peut composer dans des délais très courts, mais il a besoin d’images mouvantes, d’une inspiration visuelle pour faire naître sa musique.
Surprise : sa belle-sœur le rejoint sur scène pour interpréter, après une heure de musiques sous le signe du suspense, une chanson d’une comédie sur laquelle il a récemment travaillé. La facilité du duo s’entend, de même que le talent du compositeur qui maîtrise son art indépendamment des genres.
Masterclass Archive et Jesus Hernandez
© Perry-Curties
La troisième séance s’ouvre sous les applaudissements du public, dont de nombreux fans de longue Archive. Trois membres rejoignent le présentateur sous les projecteurs : Darius Keeler (claviers), Dave Pen (guitare et chant) et Pollard Berrier (chant et guitare). Archive est surtout un groupe de musique, qui flirte avec le rock, l’électro et le trip hop. Leurs chansons ont été utilisées dans de nombreux films (à commencer par Déjà Mort d’Olivier Dahan en 1998), avant qu’ils composent la bande originale de Michel Vaillant (Louis-Pascal Couvelaire, 2003) et créent Axiom, album-film sorti le 12 mai 2014, qu’ils interprètent en ciné-concerts live, dont une première française lors de ce festival.
Darius Keeler, fondateur du groupe avec Danny Griffiths qui les rejoindra pour le concert, raconte les débuts du groupe (les deux autres membres ont rejoint Archive en 2004 et 2005) et fait commencer la session sous le souvenir bienveillant de Stanley Kubrick. Leurs inspirations ? Surtout les musiques de films composées avec les premières générations de synthétiseurs analogues : Keeler cite John Carpenter et Stanley Kubrick ; Berrier Blade Runner (Ridley Scott, 1982), Metropolis (Fritz Lang, 1927) et le cinéma de David Lynch ; et enfin Pen les partitions épiques du Parrain (Francis Ford Coppola, 1972) et Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978). On regarde un extrait de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968) où l’astronaute parcourt l’espace, une vision du cosmos aux formes et couleurs psychédéliques. Entrée en matière accompagnée d’une citation de Kubrick : « Il faut revenir au cinéma comme une forme d’expérience. »
On retiendra de la rencontre, le récit d’une osmose entre les formes musicales et cinématographiques. Keeler raconte la surprise du groupe quand ils ont découvert les premiers films à utiliser leurs chansons dans des contextes éloignés de leur source d’inspiration : « Là est la beauté de la musique, et la beauté de sa collaboration avec le cinéma. » Arrivent alors sur scène l’ingénieur du son et Jesus Hernandez, le réalisateur de la composante filmique d’Axiom, un film réalisé indépendamment du groupe, à partir de la musique seule et de l’impératif de créer un monde. Pari tenu et qui sera présenté dans son intégralité le lendemain au Grand Rex.
Petite surprise : Darius Keeler et Pollard Berrier interprètent une version acoustique d’une chanson d’Axiom. Rare opportunité du public de découvrir, sans les instruments électroniques, l’essence envoûtante de la musique d’Archive.
Masterclass Michael Giacchino
© Deborah Coleman-Pixar
La journée se clôt enfin sur une salle bondée venue écouter Michael Giacchino en duplex de son studio de travail à Los Angeles. En train de composer la musique pour le prochain film de Pixar, il nous accorde une pause d’une heure et demi pour nous raconter son parcours, et surtout, témoigner de son amour du cinéma. Passionné par le 7ème art, il a fait une école de cinéma avant de se professionnaliser en composition de musique.
Son parcours est inhabituel et placé sous le signe de la persévérance et de la chance : après avoir travaillé dans la musique de jeux vidéos, J.J. Abrams l’a invité à composer la musique des séries télévisées Alias (2001-2006) et Lost (2004-2010), grâce auxquelles il a été découvert par Brad Bird notamment. Il a depuis composé de nombreuses musiques de films, notamment pour Brad Bird (Les Indestructibles, Ratatouille et Mission impossible : Protocole Fantôme), et J.J. Abrams (Mission Impossible, Star Trek, Super 8 et Star Trek Into Darnkness). Il vient de finir la musique de Là-Haut 2, dont le premier volet (Là-haut de Bob Peterson et Pete Docter en 2009) lui avait valu un Oscar.
Blaguant après chaque extrait, il se présente vêtu d’un élément de sa collection : une passoire « sciencefictionesque », un casque de storm trooper.. il nous ressort l’effigie d’ET qu’il avait fabriquée enfant pour tourner sa propre version du film de Spielberg entre amis. Tout comme Velàzquez quelques heures plus tôt, son histoire est celle d’une passion, dans son travail et avec ses proches collaborateurs. Il parle de sa première rencontre avec J.J. Abrams, qui leur a donné l’impression de se connaître depuis toujours.
On retiendra de cette rencontre : l’importance d’être sur la même longueur d’onde avec le réalisateur par rapport à l’histoire, pour s’assurer d’amener le spectateur dans la même direction ; l’histoire, mais aussi le point de vue des personnages et l’importance de toujours partir d’eux pour créer ; enfin, la préférence de Michael Giacchino pour les orchestres live et le côté unique d’avoir tous les instruments enregistrés ensemble. « Quand ils sont séparés, c’est comme si leur âme était déchirée »,  nous a-t-il expliqué. 
Deux surprises : Stéphane Lerouge a enregistré un message de Lalo Schifrin au téléphone, qui félicite le compositeur et témoigne de son admiration. Les larmes aux yeux, Giacchino n’est pas au bout de ses surprises car Jean-Michel Bernard met fin à la journée avec une interprétation au piano le thème The Glory Days de Giacchino qu’il a développé pour l’occasion. En somme, le festival aura compté de nombreuses surprises pour tout le monde.
Le Festival des Musiques à l’Image a su donner à ses spectateurs un espace privilégié et d’intimité dans lequel les compositeurs ont pu livrer leur manière d’appréhender leur travail et raconter leur passion pour la musique et le cinéma. Si je le pouvais, je serais déjà en train de camper pour réserver mes places pour l’année prochaine. Rendez-vous est donc pris pour 2015 !

Pandora

En savoir plus :
http://www.bullesdeculture.com/search/label/Festival%20des%20Musiques%20%C3%A0%20l%E2%80%99Image (tous les articles de Bulles de Culture sur le festival)
– Audi Talents Awards (site officiel)
– Jean-Michel Bernard(site officiel)
Fernando Velazquez (IMDb)
Archive (site officiel)
Michael Giacchino (site officiel)

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