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CINEMA: Calvary (2014), ainsi soient-ils / so be they

« J’ai gouté pour la première fois du sperme à 7 ans » : quelle phrase d’accroche pour Calvary, le second film de John Michael McDonagh après L’Irlandais (2011). Elle est adressée dans la scène d’ouverture au Père James, joué par Brendan Gleeson, lors d’une confession.

“I first tasted semen when I was seven years old”: what a tagline for Calvary, the second film by John Michael McDonagh after The Guard (2011). It is addressed in the opening scene to the Father James, played by Brendan Gleeson, during a confession.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Synopsis : Lors d’une confession, un mystérieux fidèle avoue au Père James (Brendan Gleeson) qu’il va le tuer dans une semaine pour se venger des sévices sexuels que lui a fait subir dans sa jeunesse un prêtre pédophile de l’Église anglicane. Le couperet au-dessus de la tête, James va rendre visite à l’ensemble de ses paroissiens pour retrouver la personne qui lui a proféré ses menaces. Dans le même temps, sa fille, Fiona (Kelly Reilly), débarque en ville, faisant ressurgir chez l’homme d’église un passé révolu.

Des personnages secondaires percutants
D.R.

Alors que l’Irlandais abordait avec un ton grinçant les méandres comiques d’un sombre trafic de drogues, le réalisateur passe un cap avec Calvary en allant toujours plus loin dans cet humour noir déjanté. Il confronte les codes stricts de l’Église aux nouveaux mouvements sociaux, considérés par la sainte paroisse comme décadents. Pour cela, l’histoire mise sur un panel de personnages secondaires extraordinaires. Censés être des paroissiens modèles, ils ont chacun d’entre eux un cadavre dans le placard. Par exemple, le Docteur Frank Harte (Aidan Gillen) est un chirurgien émérite qui passe ses journées à sauver des patients. Pour autant, il méprise plus que tout l’âme de ces derniers. De même, Freddie Joyce (Domhnall Gleeson) est un tueur en série local qui préfère mourir de la peine de mort – pourtant abolie en Irlande – plutôt que d’absoudre ses péchés. Même la propre fille du père James défie l’Église en se ratant constamment dans ses tentatives de suicides.

La simplicité de Marie-Josée Croze

D.R.

Seule source paradoxale de soutien pour le prêtre, Teresa est une jeune touriste française qui vient de perdre son mari dans un accident pendant leurs vacances. Interprétée par Marie-Josée Croze, il y a beaucoup de simplicité dans son jeu d’actrice. Sans aucun éclat apparent, il y a un échange constant avec le spectateur grâce à la force de son regard, notamment lors de la scène du décès de son conjoint.

Œuvre majeure pour l’acteur
Brendan Gleeson

La prestation parfaite de la française n’enlève rien à celle de Brendan Gleeson qui, en père James, rajoute à sa longue filmographie un rôle d’ampleur. Le visage constamment fermé, l’empathie avec le spectateur se fait par son attitude, notamment lorsqu’il rejoint Fiona sur le quai de la gare et qu’il lui fait remarquer qu’elle s’est trompée de sens pour sectionner ses veines pour sa énième tentative de suicide manquée.

Une intrigue audacieuse

L’intrigue complexe évolue sous la forme d’un thriller inversé. On sait dès le début qu’il va y avoir un meurtre. L’objectif est donc de trouver le futur assassin. Pourtant, on relève aussi un style d’écriture audacieuse, montrant cyniquement les dessous d’une institution sacrée à la manière de la série Ainsi-soient-ils.

Source d’émotions, les paysages sont filmés avec brio. Le réalisateur accentue la portée dramatique du récit par  les changements de couleurs à l’image au gré de l’avancement des journées. Aussi, si la plage est claire, dégagée lorsque le père James y rencontre un de ses jeunes disciplines en train de dessiner, elle est plus austère et perturbée lorsqu’il s’agit d’y accueillir la scène finale.

Cette œuvre plonge le spectateur dans les confins d’une Irlande reculée dans laquelle les codes sont transformés. Un vrai régal…

Antoine Corte


En savoir plus :
http://www.foxsearchlight.com/calvary/ (site officiel du distributeur)

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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