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« Bande de filles » (2014), shine bright like a diamond

Le phénomène des jeunes de banlieue inspire le cinéma français cette année. Quelques semaines après l’optimiste Papa was not a rolling stone de Sylvie Ohayon, la réalisatrice Céline Sciamma offre un versant plus sombre de la vie quotidienne dans une cité avec son film Bande de filles.
   

Synopsis :

Vic (Karidja Touré), Lady (Assa Sylla), Adiatou (Lindsay Karamoy) et Fily (Mariétou Touré) forment un groupe inséparable. Évoluant dans la même sphère locale, elles passent le plus clair de leur temps ensemble. Elles sont le stéréotype de la jeunesse des cités évoluant entre bagarres de rue, premiers émois et impasse de l’école. Très vite rattrapée par les aléas de la vie, l’une d’elles, Vic va faire des choix radicaux qui vont la mener vers des chemins obscurs.

Bande de filles,
un bijou d’écriture

 

Le film de Céline Sciamma est un bijou d’écriture. Héritage de sa formation à la Fémis, la réalisatrice construit son récit autour des personnages. On sent sa fascination pour ces jeunes filles à la culture afro : danse endiablée, style vestimentaire atypique, c’est un bel hommage à leur rythme de vie. L’œuvre sait retranscrire, avec une certaine légèreté, le quotidien de ces adolescentes. Les propos sont désinvoltes et insouciants. Le spectateur est imprégné par cette bonne humeur comme dans la scène de danse africaine à la Défense ou bien lors de la prestation des jeunes filles sur la chanson de Rihanna : Diamond. Ce dernier passage est d’ailleurs le moment le plus étrange du film. Rompant avec l’histoire, il est une bulle d’air esthétique où la caméra capte une ambiance chaleureuse dans une atmosphère sombre aux reflets bleutés.

Derrière cette construction maitrisée, la réalisatrice laisse également la part à l’improvisation comme dans une scène de mini-golf hilarante où les filles se battent entre elles pour remporter la victoire. La caméra, suivant au plus prêt le quotidien de ces jeunes protagonistes, n’est jamais intrusive. Caméra sur pied, le Scope, les travellings, la mise en scène évitent les codes de l’immersion préférant une construction plus classique davantage portée sur le récit.

En contrepied de ces scènes euphoriques, la portée du film tombe au fil de l’écriture dans un drame abordant un ensemble de sujets graves : la précarité, la violence, les réseaux de drogues. Si la réalisatrice se perd parfois dans ces multiples thématiques, elles lui permettent d’axer son écriture sur le personnage de Vic. Très discrète, la vie de cette dernière est une lutte incessante. Ces changements physiques l’illustrent bien. D’une petite fille mignonne, elle finit par avoir honte de sa féminité, à tel point qu’on sent poindre un rejet de son identité. Dans ce second acte, les liens de l’amitié sont perdus. La bande de filles n’existe plus, laissant la place à la solitude. 

 

bande de filles image
© Pyramide Distribution

Dans le rôle principal de Vic, le jeu de Karidja Touré n’est pas des plus charismatiques. Il est froid et en retenu. Pour autant, la comédienne est présente sur tous les plans et est de loin le personnage le plus intrigant de cette épopée. Telle une femme fatale, elle oblige le spectateur à la suivre jusqu’au bout, jusqu’à la dernière scène magistrale du film.

Pour autant, cette dernière nous laisse sur un doute : est-on encore dans une démarche réaliste de la part de la réalisatrice ou a-t-elle préféré l’effet de style cinématographique ?

On vous laisse le découvrir.

 

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