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Si je reste (2014), le choix de Mia

Depuis la fin de la saga Twilight, Hollywood ne semble pas être rassasié d’exploiter jusqu’à plus soif les amourettes d’adolescents désœuvrés que tout oppose. Dernière bluette en date : Si je reste (If I Stay) de R.J. Cutler.
    

Synopsis :

Mia (Chloë Grace Moretz), prodige du violoncelle, va voir sa vie basculer après un accident de voiture avec ses parents. Elle se retrouve observant son corps luttant entre la vie et la mort…

     
Un Roméo et Juliette des temps moderne ?

    
À priori Si je reste, adapté d’un best-seller (ou « meilleur vendeur » en français) de Gayle Forman, avait tous les éléments pour partir gagnant sur le papier et contenter un large public.
En racontant l’histoire d’amour entre deux jeunes juvéniles tous mignons et très propres sur eux, le réalisateur R.J. Cutler pouvait se mettre d’emblée les jouvencelles dans la poche, les mêmes qui ne se sont jamais remises de la fin des atermoiements amoureux de Bella et du vampire mignon Edward. Pauvres d’elles.

Rajoutez à cela que les deux énamourés sont chacun virtuoses dans leurs domaines, l’une experte en violoncelle et l’autre guitariste. Les mélomanes en tout genre ont pu en prendre plein les mirettes grâce à une B.O incroyable matinée de country, de classique et de bon rock qui dépote.

© D.R.

Et si en plus un élément fantastique vient bousculer la narration, n’en jetez plus : toutes les clés étaient réunies pour offrir aux nouvelles générations, comme aux anciennes, un nouveau fleuron de la comédie romantique teintée de drame et à laquelle s’identifier. Un Roméo et Juliette des temps moderne qui enterrerait tous ses prédécesseurs et donnerait enfin l’occasion pour le public masculin de se réconcilier avec son homologue féminin !!

Et pourtant…
     

Une narration emberlificoté…

     
Malgré tous les efforts déployés, quelque chose ne prend pas. Comme une mayonnaise qui aurait mal tourné, les torrents d’émotions qui étaient censés nous submerger ne se révèlent au final qu’être de douces vaguelettes.

© D.R.

Si des enquêteurs cherchaient le pourquoi de cette semi-déception, ils pourraient très bien piocher dans la liste des arguments énoncés ci-dessus. Si je reste  est le parfait exemple d’une œuvre qui a les qualités de ses défauts, ou l’inverse, qu’importe.

Pourtant difficile de ne pas se sentir concerné d’emblée par le destin de son personnage principal la jeune Mia, introvertie et timide, par son idylle avec Adam le seul rockeur qui ne prend pas de coke après chacun de ses concerts et surtout, par l’accident qu’elle subi en tout début de film avec sa famille. Plongée dans un profond coma, Mia déambule dans les couloirs de l’hôpital sous la forme d’un esprit assistant au défilé de proches venus à son chevet. Se pose alors la question fondamentale de se battre pour revenir ou de se laisser aller vers la lumière blanche, le « si je reste » renvoyant aux différentes choses qui rattachent encore la jeune fille à ce monde et l’inciteraient à demeurer parmi les vivants.

Alors que tout l’enjeu du récit résidait dans ce postulat au demeurant fantastique, R.J. Cutler choisit de traiter sur le même plan l’histoire d’amour et le futur choix de Mia, ce qui peut paraître comme une bizarrerie de prime abord.

En résulte hélas une narration quelque peu emberlificotée où les nombreux flash-back sur sa relation avec Adam ne viennent jamais faire écho à ce qui se passe dans l’hôpital, alors qu’ils auraient dû être les principales influences sur la décision de la jeune fille.
D’autant que l’amourette se révèle au final très convenue sans qu’aucun éclat ne vienne la dynamiter, si ce n’est l’impossibilité pour nos jeunes zouaves de pouvoir assumer une relation à distance, même par Skype (rendez vous compte), eu égard à leurs projets artistiques…

On a quand même connu plus transcendantal.
      

… pour une jolie histoire d’amour

    
Mais ces anicroches mises de coté, on aurait tort de ne voir dans cette histoire que le verre à moitié plein, Si je reste propose de vrais beaux moments de cinéma notamment pendant les scènes d’intimités de la famille. Des morceaux de musique restent aussi en tête et les acteurs sont particulièrement attachants, Chloé Moretz en tête mais également Mireille Enos et Joshua Leonard en parents attentionnés.

© D.R.

Il est juste dommage que Cutler n’ait pas mieux hiérarchisé ces enjeux et moins appuyé le pathos de certaines scènes au détriment d’autres beaucoup plus dramatiques et traitées limite comme des sous-événements. Mais reconnaissons-lui de s’être quand même hissé au dessus de la moyenne des romances pour ados sorties ces derniers temps, c’est dire.

Après il est toujours bon de séparer le bon grain de l’ivraie pour ce genre d’œuvre dont le label « adapté d’un best seller » fait toujours plus de mal au film qu’autre chose, comme le sont les « Inspiré d’une histoire vraie » ou « Primé à Cannes ». S’il ne rivalise pas avec les chefs d’œuvre du genre, il se savoure comme un film mignon qui n’a aucune autre prétention que de raconter une jolie histoire d’amour.

Et Dieu sait qu’on en a besoin ces temps-ci.
       

          
En savoir plus :

  • Date de sortie France : 17/09/2014

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