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CINEMA: “Un Homme très recherché” (2014), l’après 11 septembre / “A Most Wanted Man” (2014), after 09/11

Un Homme très recherché est l’un des derniers films avec feu Philip Seymour Hoffman  (Truman Capote, The Master). Il y est dirigé par Anton Corbijn (Control, The American) et joue en compagnie de Rachel McAdams (N’oublie jamais, Sherlock Holmes), Grigoriy Dobrygin (Comment j’ai passé cet été), Willem Dafoe (Spider-Man, The Grand Budapest Hotel ) et Robin Wright (Forrest Gump, House of Cards). Il y campe un personnage d’espion comme seul l’auteur à succès et ancien espion des services secrets britanniques John Le Carré  sait si bien les décrire. Plongée dans un nouveau film post-11 septembre.

A Most Wanted Man is one of the last movies with the late Philip Seymour Hoffman (Capote, The Master). He is directed by Anton Corbijn (Control, The American) and plays with Rachel McAdams (The Notebook, Sherlock Holmes), Grigoriy Dobrygin (How I Ended This Summer), Willem Dafoe (Spider-Man, The Grand Hotel Budapest) and Robin Wright (Forrest Gump, House of Cards). He portrays a spy character that the famous author and former British secret service spy John Le Carré knows so well to describe. Let’s dive in a new film post-09/11.

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Synopsis : C’est dans la ville portuaire de Hambourg que les terroristes du 11 septembre ont mis au point leur attaque du World Trade Center. Aussi, quand dix ans après, un immigré russo-tchétchène, Issa Karpov (Grigoriy Dobrygin), débarque, les services secrets occidentaux dont les services allemands de Günther Bachmann (Philip Seymour Hoffman) et les services américains de Martha Sullivan (Robin Wright). Mais qui est donc cet immigré clandestin si observé et qui demande à une avocate de gauche, Annabel Richter (Rachel McAdams), de l’aider à rencontrer le banquier Thomas Brue (Willem Dafoe)  ?

© Mars Distribution

Publié en 2008, le récit imaginé par le britannique John Le Carré nous emmène au cœur du quotidien des services secrets. Le début du film est en ce sens assez quelconque : un cargo entre dans le port d’Hambourg, un homme mystérieux grimpe en silence sur un quai puis s’éloigne. On le suit pendant quelques temps dans son errance puis très vite, nous nous retrouvons en compagnie de la cellule anti-terroriste de Günther Bachmann. Cet Issa Karpov dont personne ne sait encore rien a été repéré sur les écrans de surveillance et Bachmann veut savoir ce qu’il vient faire à Hambourg.

Ce qui est très curieux dans ce film, c’est qu’il s’agit d’un récit d’espionnage où personne n’est sûr de rien : ni dans un camp ni dans l’autre. Pendant un très grande partie du film, Bachmann et son équipe vont suivre les faits et gestes de cet Issa mais rien ne leur dira s’il est dangereux ou non. Il a bien une barbe, il s’agenouille pour faire la prière, il parle couramment arabe et se cache depuis son arrivée en ville  mais à part ça, rien.

© Mars Distribution

Et c’est tout l’intérêt de ce film : ici, il ne s’agit pas d’un film où le monde  est  schématisé de façon simpliste (d’un côté les bons, de l’autre les méchants) mais plutôt d’un personnage, Bachmann, tâchant de le comprendre et de s’adapter à son changement. Le film ne repose donc pas sur une succession de scènes d’action mais plutôt sur une forme d’intrigues de salon où les filatures se passent sans dramatisation exagérée, les réunions avec les autres services aux avis différents sont houleuses mais ordinaires et quand les agents passent à l’action, c’est rarement spectaculaire.

Ainsi, le film avance lentement et nous en démêlons tranquillement les fils de sa complexe intrigue. Parce que bien évidemment, il ne s’agit pas de se fier aux apparences. Si le cadre se resserre et si la tension est à son comble à certains moments, ce n’est pas parce qu’un personnage a une arme braquée sur la tempe mais parce qu’un homme doit signer ou non un ordre de transfert d’argent. Car chaque acte, chaque décision, aussi anodine soit-elle, a une conséquence. Et ce sentiment nouveau d’un danger permanent et diffus où l’ennemi n’est plus si clairement dans le champ (de vision), le réalisateur  nous le fait partager avec subtilité. Comme Clint Eastwood l’avait brillamment fait avec Un Monde parfait (1993), Anton Corbijn nous décrit la fin d’un monde que l’on croyait parfait.  À qui faire confiance ?, de qui doit-on se méfier ? sont les questions qui traversent tout le film.

© Mars Distribution

Côté casting, alcool, cigarettes et vieille Mercedes, Philip Seymour Hoffman est tout entier dans son rôle d’un chef espion toujours inquiet. En face, Robin Wright excelle dans son rôle d’agent de la CIA et reste dans la continuité du personnage froid et retors qu’elle incarne dans la série House of Cards. De même, Rachel McAdams est parfaite dans le rôle de l’avocate idéaliste et sa relation trouble avec Issa Karpov, interprété par l’acteur russe Grigoriy Dobrygin, n’en est que plus touchant. Enfin, le visage toujours aussi inquiétant de Willem Dafoe est parfait pour incarner un opaque banquier international.

En résumé, avec Un Homme très recherché, Philip Seymour Hoffman et Anton Corbijn nous livrent un film d’espionnage très haletant où toute la science du récit de John le Carré nous happe avec délectation.

jici

Facebook officiel : https://www.facebook.com/Unhommetresrecherche.lefilm

Plot: It is in the port city of Hamburg that the 09/11 terrorists have developed their attack on the World Trade Center. So when ten years later, a Russian-Chechen immigrant, Issa Karpov (Grigoriy Dobrygin), arrives, Western intelligence agencies including German agency of Günther Bachmann (Philip Seymour Hoffman) and American agency of Martha Sullivan (Robin Wright). But who is this illegal and being watched immigrant who asked to a lawyer from left, Annabel Richter (Rachel McAdams), to help him to meet the banker Thomas Brue (Willem Dafoe)?

What is very curious in this film is that it’s a spy story where no one is sure of anything: neither a camp nor the other. For a large part of the film, Bachmann and his team will follow the actions of this Issa but nothing will say whether he is dangerous or not. He has a beard, he kneels to pray, he is fluent in Arabic and is hiding since his arrival in town but other than that, nothing. And that’s the whole point of this film: here it is not a movie about a world which would be sketched with simplicity (good side and bad side) but rather about a character, Bachmann, trying to understand and adapt to its change.

© Mars Distribution

The film does not rely on a succession of action scenes but rather a form of intrigues where tailing are taking place without exaggerated dramatization, meetings with other departments with different point of view are contentious but ordinary and when agents take action, this is rarely spectacular.

On the cast side, alcohol, cigarettes and old Mercedes, Philip Seymour Hoffman is all committed to his part as an always worried spy chief. In front of him, Robin Wright is very good in here part of CIA agent which is like the cold and devious character she plays in the series House of Cards. Similarly, Rachel McAdams is perfect in the part of the idealistic lawyer and her troubled relationship with Issa Karpov, played by Russian actor Grigory Dobrygin, is really touching. Finally, the still worrying face of Willem Dafoe is perfect to embody an opaque international banker.

In short, with A Most Wanted Man, Philip Seymour Hoffman and Anton Corbijn deliver us a very breathless spy movie where John le Carré‘s touch grabs us with delight.

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Official website: http://amostwantedmanmovie.com/

Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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