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CINEMA : « The Salvation » (2014) de/by Kristian Levring

Dans les contrées de l’Ouest, Kristian Levring est un OVNI. De nationalité danoise, il est, avec Lars Von Trier, Thomas Vinterberg et Soren Kragh-Jacobsen, un des membres fondateurs du mouvement cinématographique Dogme95  contre l’utilisation abusive d’effets spéciaux et d’artifices au cinéma. Il est donc étonnant de voir ce réalisateur s’essayer à un western inspiré de la pure tradition italo-américaine via John Ford, Sergio Leone et Akira Kurosawa. En se lançant ce défi, il tranche avec les codes du genre.

In the countries of the West, Kristian Levring is a UFO. Danish, he is with Lars Von Trier, Thomas Vinterberg and Soren Kragh-Jacobsen, a founding member of the film movement Dogme95 against the misuse of fireworks and special effects in cinema. So it is a surprise to see this director to direct a western inspired by a pure Italian-American tradition through John Ford, Sergio Leone and Akira Kurosawa. With this challenge, he contrasts with the codes of the genre.

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John (Mads Mikkelsen), exilé depuis 7 ans, retrouve sa famille qui le rejoint en plein milieu du Far West. Ensemble, ils souhaitent mener une vie paisible, plein de projets. Cependant, sur le trajet du retour, la petite tribu tombent sur une bande de malfrats. Ces derniers vont tuer tous les proches de John. En représailles, le protagoniste les exécute un par un, provoquant un engrenage de vengeances entre clans. Il devra alors lutter pour sa survie.

© Joe Alblas
Le train à vapeur qui arrive en gare, les bourrasques de vent qui sonnent à l’oreille. Pas de doute, dès la première séquence, on est plongé dans l’univers western… À partir de cette seconde, on est complètement déboussolé par cette proposition inédite du réalisateur ! En effet, pas de plans larges montrant les grandes plaines, ni de grande échappée à cheval ne viendront ponctuer ce film intimiste. Le cinéaste danois prend ainsi le contrepied des codes américains pour redéfinir le genre western. Dans The Salvation, l’évasion ne se fait plus à l’image. Au contraire, le réalisateur a le souci du lieu clos, comme les scènes de calèche ou dans la ville fantôme, à l’image de la psychologie étriquée de son personnage principal et de l’orgueil de son antagoniste.

Dans ce contexte où le décor intérieur suggère l’extérieur, la lumière du film est très étudiée. Elle est un clair-obscur façon Rembrandt où les rayons de la lune sont concentrés sur les visages. Ce rendu esthétique est captivant pour le spectateur.
Beaucoup plus décevant et moins onirique : l’intrigue. Concentrée uniquement sur les querelles vengeresses, elle tourne en rond. Elle renvoie trop à la récente mini-série produite par Kevin Costner, Hatfields & McCoys, qui racontait déjà les passions assassines entre deux clans dans le Far West.
© Joe Alblas
Côté casting, Mads Mikkelsen interprète encore une fois avec brio le rôle d’un homme traqué. Pour autant, ces partenaires ne lui renvoient pas forcément la balle. Dans un délire magnanime de testostérone, Jeffrey Dean Morgan accentue à l’extrême les traits du sanguinaire Delarue, le rendant parfois trop caricatural. On pense notamment à la scène d’exécution d’habitants dociles réunis autour de lui comme attendant de façon béante la prochaine cible du tireur fou. La participation impromptue d’Eric Cantona n’est pas non plus transcendantale. Il est couvert de mimiques. La caméra ne se trompe pas car il se retrouve à de nombreuses reprises hors champ.
Au milieu de cet univers très masculin, Eva Green apporte une touche glamour. Cependant, son apport artistique est tout relatif dans la mesure où son personnage, muet, est en aplasie totale après un passé traumatique.
Partagé entre univers visuel original et banalité de l’intrigue, on sent que ce cinéma danois minimaliste est capable d’apporter des propositions alternatives au cinéma hollywoodien. Pour autant, il manque à The Salvation cette petite étincelle scénaristique pour emporter le spectateur dans un nouveau Far West.
Antoine Corte
Pour en savoir plus : http://jour2fete.com/index.php/films/194-the-salvation (site internet du distributeur du film)

In the the West, Kristian Levring is an UFO. Danish, he is with Lars Von Trier, Thomas Vinterberg and Soren Kragh-Jacobsen, a founding member of the film movement Dogme95, against the misuse of fireworks and special effects in film. It is amazing that such a director is trying to make a western inspired by pure Italian-American tradition like John Ford, Sergio Leone and Akira Kurosawan. By engaging this challenge, he contrasts sharply with the codes of the genre.

Divided between original visual world and banality of the plot, we feel that this minimalist Danish cinema is able to provide alternative proposals to Hollywood cinema. However, a sparkle in the script is lacking to take the viewer into a new Wild West.

Antoine Corte

To learn more: http://en.wikipedia.org/wiki/The_Salvation_%28film%29

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