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[CRITIQUE] “Boyhood” (2014) : Une expérience filmique unique

Boyhood est le nouveau défi de Richard Linklater avec son comédien fétiche Ethan Hawke et l’actrice Patricia Arquette : filmer une famille sur une période de douze ans, avec les mêmes acteurs et les mêmes techniciens. Retours sur cette expérience.

Synopsis :

Tourné au Texas sur une douzaine d’années, le film est une chronique sur  Mason Jr. (Ellar Coltrane) et sa famille qui comprend notamment sa sœur Samantha (Lorelei Linklater), son père Mason Sr. (Ethan Hawke) et sa mère Olivia (Patricia Arquette). Multiples déménagements, nouveaux amis, premiers émois amoureux, mariage, divorce et autres petits et grands moments de la vie rythment le quotidien de cette famille jusqu’à la majorité du petit Mason.

Boyhood : Un défi cinématographique

 

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© 2014 BOYHOOD INC.IFC PRODUCTIONS I
L.L.C. ALL RIGHTS RESERVED

Richard Linktaker est un réalisateur qui aime les défis, que ce soit de suivre tous les neuf ans et en trois films l’histoire d’un couple dans trois pays différents (Before Sunrise [1995], Before Sunset [2004], Before Midnight [2013]), ou que ce soit de mettre en images animées (prises de vue réelles mais retouchées en post-production) une nouvelle de Philip K. Dick (A Scanner Darkly, 2006). Aussi, rien d’étonnant à le retrouver aux commandes de cet ambitieux projet de suivre les mêmes comédiens de 2002 à  2013, dont le petit Mason (de ses 6 ans à ses 18 ans). Prouesse que seule la déclinaison d’une série télévisée sur plusieurs saisons permettaient jusque-là d’observer sans trucage.

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© Universal Pictures Germany

Avide de défis, Richard Linktlater a donc su convaincre producteurs (IFC Productions), comédiens expérimentés (Ethan Hawke, Patricia Arquette) et plus jeunes (Ellar Coltrane, Lorelei Linklater) à participer à cette nouvelle aventure qu’est le film Boyhood. Sans scénario écrit à l’avance mais en s’appuyant sur une structure globale, Richard Linklater a écrit au fur et à mesure le parcours de Mason et de sa famille à travers les différentes étapes de la vie, tout en n’omettant pas d’inclure  les évènements culturels (Harry Potter, Star Wars), musicaux (Coldplay, Britney Spears) et politiques (campagne électorale de Barack Obama) de ces années-là.

Une expérience filmique unique

 

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© 2014 BOYHOOD INC.IFC PRODUCTIONS I
L.L.C. ALL RIGHTS RESERVED

Ours d’argent du meilleur réalisateur à Berlin, le long métrage Boyhood brosse donc le portrait presque documentaire d’une famille sur plusieurs années. Portrait où émergent d’étonnantes récurrences comme la défaillance presque systématique des pères à assurer leur rôle ou cet inquiétant manque d’intérêt apparent des adolescents vis-à-vis de leur avenir. Cette description de notre société est donc globalement peu reluisante.

Et cela est souligné dès le magnifique premier plan du film sur un beau ciel bleu et nuageux. En effet, dans cette scène (dont la photo de l’affiche du film est extraite), on peut imaginer que le petit Mason, allongé sur l’herbe, est en train de rêver en contemplant le ciel. Mais en fait, cette impression sera démentie plus tard quand ce même petit garçon expliquera en toute simplicité à son père que la magie n’existe pas car les elfes n’existent pas.

C’est peut-être ce qui manque un peu à ce film, un peu de magie, un peu de poésie, un peu de lyrisme pour prendre un peu de recul et de hauteur sur ce quotidien décrit, surtout que le film est long (plus de 2h30). Reste cependant le sentiment d’avoir partagé, pendant ces plus de deux heures, une expérience filmique unique.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 23/07/2014
  • Distribution France : Diaphana Distribution
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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