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CINEMA: Bulle Cannoise #7, le dieu de l’art/the god of art

L’après-midi à Cannes, un phénomène plutôt intéressant se produit. Imaginez que vous avez veillé, voire fêté jusque tard dans la nuit. Imaginez ensuite que vous désirez assister à une séance de l’après-midi : au moins une heure avant le début, vous vous rendez devant la salle pour attendre, afin d’être sûr de pouvoir entrer. Détail important : cette attente s’effectue sous le soleil tapant du Sud. Enfin, imaginez que vous allez voir Film Socialisme, de Jean-Luc Godard.

In the afternoon in Cannes, a rather interesting phenomenon happens. Imagine that you have barely slept, probably been partying, the night before. Then imagine that you wish to attend a screening during the afternoon : at least one hour before the beginning, you come in front of the theater to start waiting in order to be sure you shall make it inside. Important detail: you must wait under the French Riviera’s full sun. Finaly, imagine that you’re watching Film Socialisme by Jean-Luc Godard.

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À la décharge du nouvel OVNI de JLG, j’avoue n’avoir pas réussi une seule fois à voir un film de l’après-midi sans piquer du nez. C’est juste irrésistible. Film de montage intégrant des éléments complètement épars et présentés comme un flux en apparence brouillon, avec des ruptures sonores ou musicales soudaines, Film Socialisme offre le spectacle d’une érudition “totale” et d’une boulimie visuelle et sonore démiurge qui matraque littéralement le spectateur. Épreuve d’endurance pour les spectateurs français, le film l’est sûrement autant pour les étrangers – mais autrement. En effet, les nombreux dialogues et voix-off ne sont que partiellement traduits en anglais : comme pour l’écriture intuitive, il n’y pas d’articles, peu de verbes. Les idées sont ainsi réduites à leur essence. Comme d’habitude avec JLG, on ne regarde pas son film, on en fait l’expérience. On en ressort hagard. J’ai retenu une chose : “On devrait apprendre à voir avant d’apprendre à lire”. Oui.

Concourant pour la Caméra d’Or, The Myth of the American Sleepover, sélectionné à la Semaine de la Critique, est un magnifique film sur les premiers émois adolescents. Portés par de jeunes acteurs bluffants, le film de David Robert Mitchell se concentre sur les moments tendres, ceux dont on aimera à se souvenir en vieillissant. Peut-être mon film préféré de cette première semaine, toutes sections confondues.

En première partie, le court-métrage The Boy Who Wanted to Be a Lion impressionne. Un enfant atteint de surdité développe une fascination pour un lion vu au zoo, au point de se déguiser et de se comporter comme ledit animal. En très peu de plans, le réalisateur Aloi Di Leo parvient à nous transmettre la tristesse d’un personnage qui choisit d’embrasser l’isolement que confère son handicap, jusqu’à le transcender. Superbe.

Sébou/세부

Pour en savoir plus :
– Film Socialisme : http://www.filmsocialisme.com
– The Myth of the American Sleepover : http://www.americansleepover.com
– The Boy Who Wanted to Be a Lion : http://blog.theboywhowantedtobealion.com

To the movie’s defense, I confess I have never been able to watch an afternoon movie without dozing off. It’s simply irresistible. A montage film, integrating completely scattered elements which are presented as a seemingly disorganized flow with sudden sonorous and musical breaks, Film Socialisme offers the spectacle of a “total” erudition and of a demiurge visual and sonorous bulimia which litteraly hammers down the audience.

The movie is a test of stamina for French audience and it must be even more so for foreigners – although differently. Indeed, the many dialogues and voice over are only partly translated in English: as for intuitive writing, there are no articles and few verbs. Therefore, the ideas are reduced to their essence. As usual with JLG, one doesn’t watch his movie, one experiences it. One leaves the theater in a dazed state. I remember one thing: “We should learn to see before we learn to read”. Yes.

Competing for the Camera d’Or award, The Myth of the American Sleepover, selected in the Critics Week, is a magnificent film about teenage turmoil. Carried by an amazing cast of young actors, David Robert Mitchell’s film focuses on tender moments, the ones that we shall love to remind when older. Perhaps my favorite movie of this first week, all selections considered.

Presented in introduction, the short film The Boy Who Wanted to Be a Lion impresses. A deaf boy develops a fascination for a lion he saw at the zoo and starts wearing a costume and behaving like the beast. With few shots, director Aloi Di Leo manages to share the sadness of a character who chooses to embrace his handicap until transcending it. Superb.

Sébou/세부

To learn more:
-Film Socialisme : http://www.filmsocialisme.com
-The Myth of the American Sleepover : http://www.americansleepover.com
-The Boy Who Wanted to Be a Lion : http://blog.theboywhowantedtobealion.com

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