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“Kick-Ass”, la parfaite combinaison de solitude et de désespoir/the perfect combination of loneliness and despair

Écrit par Mark Millar, illustré par John Romita Jr et publié par Marvel Comics, Kick-Ass raconte les aventures de Dave Lizewski, lycéen sans histoire qui se fabrique une identité de justicier masqué pour combattre le crime. Mais, à la différence des super-héros de comics dont il s’inspire, Dave n’a ni super-pouvoir ni aptitude particulière au combat. Son coeur est à la bonne place, mais cela suffira-t-il ?

Written by Mark Millar, penciled by John Romita Jr and published by Marvel Comics, Kick-Ass follows the adventures of Dave Lizewski, an uneventful high school student who creates a masked vigilante identity in order to fight crime. But unlike the superhero comic books that inspired him, Dave doesn’t have any special power nor combat ability. His heart may be in the right place, but will it suffice?

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Mise en abîme des récits de super-héros, Kick-Ass prend comme personnage principal un geek amateur de ces mêmes séries de comic books sur lesquels les deux co-auteurs, Mark Millar et John Romita Jr, ont l’habitude de travailler pour le compte de Marvel Comics. Le récit, qui suit toutes les étapes “classiques” du genre (création du costume, baptême du feu, doutes sur sa mission, team-up avec des camarades d’arme, émergence d’une nemesis, bataille finale), est parsemé des commentaires en voix intérieure de Dave. Ceux-ci rappellent constamment les limites de ses capacités, sa motivation fluctuante et la dimension banale de son existence “civile”, tout en offrant une perspective auto-ironique sur son activité de justicier et sur le genre du comic book de super-héros.

L’intrigue fonctionne par ruptures de ton très marquées, et particulièrement choquantes pour le lecteur. La première survient dès la fin du premier tome, lorsque Kick-Ass, déjà rué de coups et poignardé par trois voyous, se fait brutalement renverser par une voiture. À peine commencée, sa carrière de redresseur de torts est brisée dans l’œuf, et il finit temporairement paralysé. Chaque étape majeure du récit subit ce traitement et prend systématiquement de court le lecteur, qui finit par craindre la suite tout en ne pouvant bien sûr pas s’empêcher de la lire.

L’apparition de Hit-Girl est évidemment un moment très fort de l’histoire, et son véritable tournant à partir duquel les illusions de Dave vont toutes être brisées une à une. Mais surtout, la mort de Big Daddy s’avère particulièrement éprouvante : il est tout simplement abattu d’une balle dans la tête. Radicale, abrupte et parfaitement anti-héroïque, elle est d’une froideur sans concession, au point qu’on se surprend à espérer un quelconque deus ex machina comme les comic books en raffolent pour faire revivre le personnage.

Constante dramatique de ce genre de récit, la question des origines éclaire particulièrement la vision noire et désenchantée de Millar et Romita Jr. L’essence du personnage, liée à son statut de geek, est énoncée par Dave lui-même dans un de ses commentaires : “Il n’était pas nécessaire de subir un traumatisme pour vous faire porter un masque. Ni parents assassinés, ni rayons cosmiques, ni anneau de pouvoir… juste la parfaite combinaison de solitude et de désespoir” (Kick-Ass, vol.1). Déchirant, ce constat court à travers toute l’histoire et marque profondément le personnage, qui ne réussit finalement pas grand chose et qui, surtout, s’avère assez peu héroïque. Comme il le dit ailleurs : “Mon origine secrète, c’est que je m’ennuyais” (Kick-Ass, vol.6).

Écrit en même temps que la bande dessinée, le film (cf. “CINEMA: “Kick-Ass”, le film dont vous êtes le super-héros !”) s’en distingue essentiellement à ce niveau. L’histoire est similaire, la violence est tout aussi omniprésente, mais leur cœur est opposé. Au “désespoir” profond du livre répond la relative légèreté du film, dans lequel Dave énonce en voix-off : “Il n’était pas nécessaire de subir un traumatisme pour vous faire porter un masque. Ni parents assassinés, ni rayons cosmiques, ni anneau de pouvoir… juste la parfaite combinaison d’optimisme et de naïveté.”

Lecture à la fois jouissive et atroce, Kick-Ass laisse un souvenir indélébile dans l’esprit de son lecteur, qui aura rarement lu une bande dessinée aussi jusqu’au-boutiste dans son traitement souvent cruel des personnages, notamment dans sa façon de casser leurs ambitions, et surtout dans sa représentation d’une violence dont on ressent quasiment la douleur.

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Kick-Ass, huit volumes depuis 2008
Co-créateur, scénario : Mark Millar
Co-créateur, dessins : John Romita Jr
Encreur : Tom Palmer
Coloriste : Dean White
Publié par Icon pour Marvel Comics

Self-reflecting on superheroes tales, Kick-Ass takes a geek as a main character – that is, the very kind of persons that are so enthusiastic about the work that the two co-authors, Mark Millar and John Romita Jr, usually do on behalf of Marvel Comics. The narrative, which follows all the “classical” steps of the superhero genre (creation of the costume, baptism of fire, doubts about his mission, team-up with fellow masked adventurers, emergence of a nemesis, final battle) is made of comments from Dave’s inner voice. Those constantly remind of his limited abilities, his fluctuating motivation and his mundane “civilian” existence, while offering a self-deprecating perspective on his vigilante activity as well as on the genre of superheroes comic books.

The plot works by very marked breaches of tone, which are particularly shocking for the readers. The first one occurs at the end of the first issue, when Kick-Ass, having already been kicked and stabbed by three thugs, is suddenly hit by a car. Having barely begun, Dave’s career as a righter of wrongs already comes to a stunning end, and he ends up temporarily paralyzed. Each major step in the narrative undergoes that treatment and always surprises the readers, who soon start to fear how the story will continue, while of course being compelled to read more of it.

Hit-Girl’s appearance is obviously a great moment in the story as well as its turning point, after which Dave’s illusions will all be broken one by one. More importantly, the death of Big Daddy is particularly challenging: he is simply shot in the head. Radical, abrupt and perfectly anti-heroic, this moment is treated with the utmost uncompromising coldness, to the point where one almost wishes that some deus ex machina shows up to revive the character, like comic books often do.
A dramatic constant of such stories, the question of the origins clearly reveals Millar’s and Romita Jr’s dark and disenchanted vision. In the light of his being a geek, the character’s essence is outlined by Dave himself in one of his comments: “It didn’t take a trauma to make you wear a mask. It didn’t take your parents getting shot… or cosmic rays or a power ring… just the perfect combination of loneliness and despair” (Kick-Ass, issue 1). This heartbreaking admission runs throughout the story and leaves a deep mark on the character which ultimately fails and actually is not that heroic. As he himself points out: “My secret origin is, I was bored” (Kick-Ass, issue 6).

Written parallel to the book, the movie (see “CINEMA: “Kick-Ass”, the film you are the super-hero!”)is distinguished mainly on this particular level. The story is similar, the violence is equally pervasive, but their heart is opposite. The book’s inner “despair” answers to the movie’s relative lightness, in which Dave’s voice-over states: “It didn’t take a trauma to make you wear a mask. It didn’t take your parents getting shot… or cosmic rays or a power ring… just the perfect combination of optimism and naïvety.”
Being both a joyful and an excrutiating reading, Kick-Ass leaves an indelible memory in the minds of its readers, who will seldom read a comic book so cruelly die-hard in its treatment of characters, including how it breaks their ambitions, and especially in its depiction of a violence which we almost feel the pain.
Sébou/세부

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Kick-Ass, eight issues since February 2008
Co-creator, writer: Mark Millar
Co-creator, pencils: John Romita Jr
Inker: Tom Palmer
Colorist: Dean White
Published by Marvel Comics under the Icon imprint

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