//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / CINEMA / [CRITIQUE] « Kick-Ass » (2010), le film dont vous êtes le super-héros !

[CRITIQUE] « Kick-Ass » (2010), le film dont vous êtes le super-héros !

Qui n’a jamais rêvé d’être un super-héros un jour ? Dave Lizewski (Aaron Johnson) lui si ! Par désœuvrement et pour exister aux yeux des filles, cet adolescent, fan de comics, décide donc de franchir le pas entre la fiction et la réalité et de devenir un super-héros : Kick-Ass de Matthew Vaughn est né !

Synopsis :

Dave Lizewski est un adolescent gavé de comics qui ne vit que pour ce monde de super-héros et d’incroyables aventures. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisit un nom – Kick-Ass – se fabrique lui-même un costume, et se lance dans une bataille effrénée contre le crime. Dans son délire, il n’a qu’un seul problème : Kick-Ass n’a pas le moindre superpouvoir…

 Kick-Ass :
un super-héros plus réaliste

 

La première scène du film donne le ton : un pseudo-Superman se jette du haut d’un gratte-ciel new yorkais devant les yeux admiratifs de la foule avant de s’écraser lamentablement sur le toit d’un taxi. Jouant des codes et références du genre, « Kick-Ass » est un réjouissant film d’action, sorte de grand écart entre le réalisme d’un « Fight Club » et l’irréalisme d’un « Spiderman ».

En effet, le principe original du film est de traiter avec le plus de réalisme possible la thématique du super-héros. Ainsi, dès sa première sortie en super-héros, « Kick-Ass » est poignardé et renversé par un taxi. Traité de manière réaliste par la mise en scène efficace et réussie de Matthew Vaughn (« Layer cake », « Stardust, Le Mystère de l’Étoile »), « Kick-Ass » est un peu le prolongement d’un personnage de Jackass (« émission de télévision où on y voit essentiellement un groupe de jeunes adultes exécuter des cascades dangereuses et/ou stupides et ridicules, sans autre but que de faire rire », Wikipedia) qui se prendrait au sérieux dans son délire et qui voudrait sauver la veuve et l’orphelin.

« Pas de pouvoir,
pas de responsabilité »

 

Placé sous le signe de cette nouvelle génération de jeunes férus des nouveaux moyens de communication (page internet, téléphone mobile, webcam, réseau social, …), c’est grâce à sa médiatisation web que Kick-Ass va devenir un super-héros, même sans réel talent. Paré de sa combinaison de plongée verte/jaune achetée sur internet, notre jackass Kick-Ass va alors se trouver rapidement dépassé par le phénomène qu’il a crée et c’est à ce moment là que le film devient réellement intéressant.

Frappé, battu, blessé, des plaques de métal (« comme Wolverine ») plein le corps le rendant insensible, Kick-Ass va continuer sa mission et cette dichotomie entre son univers d’adolescent et la violence du monde extérieur renvoie à l’éternel thème du devenir adulte où le « pas de pouvoir, pas de responsabilité » lancé par notre héros ne renvoie pas seulement à « Spiderman » (« un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ») mais également à ce passage nécessaire et traumatique à l’âge d’adulte.

Hitgirl est le personnage
le plus intéressant du film

 

Mais la starisation de Kick-Ass va également le conduire à rencontrer d’autres personnes, d’autres geeks, dont Big Daddy (Nicolas Cage) et Hitgirl (Chloe Grace Moretz) dont les costumes font explicitement référence à Batman et à Robin.

Fillette de 11 ans dans le film mais jouée par une actrice de 13 ans, Hitgirl est le personnage le plus intéressant du film. Car bourré de talents, ce personnage serait un peu la Nathalie Portman du « Léon » de Luc Besson (1994) qui aurait décidé de prendre la relève après la mort du personnage de Jean Réno. Fusillade éclairée au stroboscope, vision de jeu vidéo, ralentis à la Matrix, l’agilité et la maîtrise de Hitgirl au combat sont époustouflants.

Mais c’est là où le film est intéressant, le réalisme reste de mise : elle ne combat que parce que son papa plus expérimenté (ancien flic dans le film) veille sur elle et la conseille. Mais c’est indéniablement son personnage qui permet au film de ne pas tombe dans un trop grand réalisme et d’atténuer la violence du film en la rendant irréelle (musiques plein d’entrain quand elle coupe des jambes ou tire sur quelqu’un).

Plaisir de geeks,
plaisir de films d’action

 

Conçu en même temps que le comics, le film prend une direction plus optimiste (cf. « Kick-Ass », la parfaite combinaison de solitude et de désespoir).

Il faut en tout cas remercier le réalisateur de nous avoir épargné les sempiternels caméras agités et montages saccadés (dont abuse sans vergogne des films comme « Green Zone » de Paul Greengrass) pour nous permettre de voir exactement ce qui se passe et en prendre du plaisir.

Enfin, il est à noter qu’en France, un film, « La femme invisible (d’après une histoire vraie) » (2008) d’Agathe Teyssier, avait également abordé la notion de super-héros au quotidien. Mais malgré ses qualités, la faiblesse du film (par manque de moyen ou d’intérêt) était de s’intéresser à cette thématique uniquement sur le plan social (être une femme invisible aux yeux des autres) et non d’élargir la thématique et de confronter son héroïne à d’autres super-héros (besoin que la réalisatrice a tout de même ressentie en ajoutant un inutile épilogue à son film).

Plaisir de geeks, plaisir de films d’action avec un méchant mafieux réussi (parfait Mark Strong), « Kick-Ass » est un film jouissif et violent dont vous pouvez enfin espérer être le super-héros… mais à vos risques et périls !

 

 

En savoir plus :

  • « Kick-Ass » (2010)
    Réalisation : Matthew Vaughn
    Scénario : Jane Goldman et Matthew Vaughn d’après les comic books éponymes de John S. Romita Jr et Mark Millar
    Directeur de la photographie : Ben Davis
    Montage : Eddie Hamilton, Jon Harris et Pietro Scalia
    Casting : Aaron Johnson, Chloe Grace Moretz, Christopher Mintz-Plasse, Mark Strong, Nicolas Cage…

Check Also

Blockbusters

Sorties cinéma 2017: 12 films américains blockbusters à voir

En 2017, l’Empire (Américain) contre-attaque! Les grosses franchises (de plus en plus nombreuses) sortent le grand …

Nos pires voisins 2 affiche

[CRITIQUE] « Nos pires voisins 2 » (2016), gode, weed… et tampons !

Deux ans à peine après le succès international du premier volet, Nicholas Stoller revient avec Nos pires …

Laisser un commentaire