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[CRITIQUE] “Pigalle, la nuit”, une série entre réalisme et fantastique (2/2)

Les fêtes passées, suite de notre critique de la série de Canal+, Pigalle, la nuit de Hervé Hadmar et Marc Herpoux, après la diffusion des huit épisodes de la série à la fin de l’année 2009.

 

Synopsis :

Thomas (Jalil Lespert) est à la recherche de sa sœur, Emma (Armelle Deutsch), danseuse mystérieusement disparue à Pigalle, alors que le clan de Nadir (Simon Abkarian) et le clan de Dimitri (Eric Ruf) se livrent une guerre féroce pour le contrôle du business de la nuit. À Pigalle, la nuit, tout est possible.

Une baisse de tension

They only want you when you’re seventeen
When you’re twenty-one
You’re no fun
They take a polaroid and let you go
Say they’ll let you know
So come on
We only want you when you’re seventeen
When you’re twenty-one
You’re no fun.”

— Ladytron (Seventeen)


Resté sur une bonne impression lors de la vision de la première partie de la série où la tension dramatique culminait à la fin de l’épisode 4, quelle fut notre surprise de voir une incompréhensible baisse de tension dans la série par la suite.

Dans la plupart des séries américaines de ce type (Damages, The Shield, The Wire pour n’en citer que quelques-unes), les premiers épisodes sont plutôt lents et mettent en place toutes les intrigues et présentent les nombreux personnages. Mais dès que les enjeux de la série sont clairement identifiés, toutes les intrigues s’enchaînent et s’emboîtent les unes dans les autres jusqu’au final tant attendu où tout se résout et où la tension retombe avant un dernier cliffhanger (“un type de fin ouverte visant à créer un fort suspense”, Wikipedia).

Et c’est là où le bât blesse dans Pigalle, la nuit.

Des questions restées en suspens

 

En effet, alors que chaque épisode de la série faisait monter la tension jusqu’à la fin de l’épisode 4 où le face-à-face mortel entre Thomas et le bras droit de Dimitri, Adam (Hubert Koundé), soulève enfin une part du voile sur les motivations de chacun, la suite des épisodes verra une incroyable baisse de tension dramatique par le choix des scénaristes de mettre en avant d’autres personnages jusque-là restés au second plan.

Chaque épisode va alors charrier son lot de questions qui resteront en suspens :

  • le surprenant volte-face d’un personnage (pourquoi la stripteaseuse Fleur va-t-elle aller voir les flics alors qu’elle en expliquait l’inutilité à Thomas dès les premiers épisodes ?),
  • le soudain changement de caractère d’un personnage (pourquoi le dangereux Adam devient-il si faible et si stupide alors qu’il était jusque là très violent et très sûr de lui ?),
  • l’étrange attente de Nadir jusque là très actif (il attend désormais que ses problèmes se résolvent tout seul sans presque rien faire),
  • les connexions quelques peu téléphonés entre Max et les autres personnages (la résolution de ses mystérieux et lynchiens flashbacks sera particulièrement décevante à ce niveau),
  • la non utilisation de la caractérisation du personnage de Thomas en consultant dans la finance (alors qu’il est au cœur d’une guerre d’argent à Pigalle),
  • l’incroyable conclusion de l’intrigue par des personnages extérieurs à Pigalle (le deux ex machina russe) et la perte d’intérêt de la recherche d’Emma exprimé même par son frère (justifiant peut-être le subit intérêt des scénaristes pour d’autres personnages dans la deuxième partie de la série ainsi que la totale disparition de la musique Seventeen de Ladytron associée à Emma).

Pigalle, la nuit :
Un succès critique et public

 

Mais pour contrebalancer ces aspects négatifs, il reste à signaler le plaisir de suivre des acteurs et actrices épatants et totalement impliqués dans chacun de leur rôle ainsi qu’une mise en scène intéressante entre réalisme (les plans volés dans le “vrai” Pigalle) et fantastique (les flashback oniriques du personnage de Max).

Aussi, malgré une fin et une intrigue quelque peu décevantes, la force de la série, et ce qui en fait donc son intérêt, est d’avoir réussi à nous plonger au cœur d’un des quartiers les plus connus, populaires et festifs de Paris : Pigalle (les deux créateurs, Hervé Hadmar et Marc Herpoux, ont d’ailleurs écrit leur histoire sur place).

Succès critique et public, une saison 2 de la série est annoncée et nous espérons qu’à l’image d’autres créateurs de séries avant eux, Hervé Hadmar et Marc Herpoux réussiront mieux leur pari sur la nuit-absence d’originalité des séries françaises et que cette fois-ci, à Pigalle, la nuit, tout sera vraiment possible.

Update 19/04/11 : La saison 2 a été annulée par la chaîne Canal+ (cf. Télérama)

 

En savoir plus :

  • Pigalle, la nuit (2009)
    8 épisodes de 52 minutes
    Équipe technique
    Créateurs : Hervé Hadmar et Marc Herpoux
    Réalisation : Hervé Hadmar
    Production : Christine de Bourbon Busset
    Musique : Eric Demarsan
    Chaîne d’origine : Canal+
    Casting
    Jalil Lespert : Thomas
    Simon Abkarian : Nadir
    Armelle Deutsch : Emma
    Eric Ruf : Dimitri
    Catherine Mouchet : Alice
    Sara Martins : Fleur
    Archie Shepp : Max
    Hubert Koundé : Adam
    Linh Dan Pham : Sinh
    Yasmine Belmadi, Jamil
    Sacha Bourdo : Oswald
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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