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[CRITIQUE] « Persécution » (2009), une forme de folie amoureuse

C’est tout de même une drôle d’idée de sortir un film appelé Persécution en pleine période de fêtes en France. Mais après tout, c’est aussi cela le cinéma du metteur en scène Patrice Chéreau : prendre le spectateur à rebrousse-poil avec des films aux émotions exacerbées.

Synopsis :

Un inconnu. Daniel, 35 ans, est poursuivi par un inconnu qui s’introduit chez lui régulièrement et l’espionne systématiquement. Comment ce garçon est-il entré dans la vie de Daniel ? Daniel lui-même ne s’en souvient pas. Un jour cet inconnu se poste devant lui, le regarde et lui dit : « Tu es l’homme de ma vie ». Daniel le chasse.
Une femme. Daniel vit seul, mais il va deux ou trois fois par semaine chez Sonia, cette femme qu’il persécute et idéalise en même temps. Il ne lui passe rien et vit dans une dépendance affective totale à son égard. Cette femme lui donne tout ce qu’elle peut mais elle travaille beaucoup, et a peu de temps pour elle. Elle veut aimer Daniel et vivre une vie autonome, un amour apaisé, mais il s’acharne à lui réclamer plus…

Le cercle vicieux de la Persécution

 

Toute l’idée du film est résumée dès ses premières images :

  • Persécution dans la scène où une passagère d’un wagon de métro va recevoir sans broncher deux gifles d’une SDF et que Daniel (le personnage joué par Romain Duris) va tenter de faire réagir en vain ;
  • Persécution dans un générique où les noms du casting et de l’équipe technique au lieu de s’effacer au fur et à mesure, s’entassent les uns sur les autres ;
  • Persécution avec un début du film composé d’un écran noir assourdi par une ambiance étrange et irréelle de bruits de machinerie avant l’arrivée salvatrice de la lumière (métro en panne).

Tout est dit : le personnage principal (Daniel), interprété par Romain Duris, devra accepter de se livrer, de faire la lumière sur lui-même pour se sortir du cercle vicieux de la persécution (étant victime et acteur de celle-ci) dans lequel il s’est vite retrouvé enfermé sans s’en rendre compte.

Figure du cercle joliment signifié par cette étrange danse entre Daniel et Sonia (Charlotte Gainsbourg) qui n’arrive jamais à s’aborder directement et frontalement mais se tournent plutôt autour. Et ce dès la mystérieuse scène de bar de leurs premières retrouvailles dans le film.

Une bien étrange forme de folie amoureuse

 

Filmant en cinémascope et au plus près un Romain Duris épatant (qui depuis « De battre mon corps s’est arrêté » de Jacques Audiard voit de nouveaux rôles s’offrir à lui) face une Charlotte Gainsbourg distante (qui dans la lignée d »Antichrist » de Lars von Trier, poursuit dans ses rôles de femme belle et tourmentée) et un Jean-Hugues Anglade amoureux transi (qui retrouve Patrice Chéreau plus de 25 ans après), le réalisateur Patrice Chéreau (toujours aussi excellent dans la direction d’acteurs) persécute ses personnages pendant plus d’une heure et demi avant de peut-être les libérer sur une belle et étrange chanson, « Mysteries of Love » de David Lynch et Angelo Badalamenti (« Blue Vevet », 1986) :

Sometimes a wind blows
And you and i
Float

In love
And kiss
Forever
In a darkness
And the mysteries
Of love
Come clear
And dance
In light
In you
In me
And show
That we
Are love

Sometimes a wind blows
And the mysteries of love
Come clear.

Bon film, « Persécution » nous plonge dans une bien étrange forme de folie amoureuse dans laquelle il est pourtant si simple de tomber sans s’en rendre compte.

 

 

En savoir plus :

  • Casting
    Romain Duris : Daniel
    Charlotte Gainsbourg : Sonia
    Jean-Hugues Anglade : le désaxé
    Alex Descas : Thomas
    Gilles Cohen : Michel
    Michel Duchaussoy : le vieil homme
    Equipe technique
    Réalisation : Patrice Chéreau
    Scénariste : Anne-Louise Trividic et Patrice Chéreau
    Directeur de la photographie : Yves Cape
    Monteur : François Gédigier
    Chef opérateur du son : Guillaume Sciama
    Producteur : Bruno Levy
    Production : Arte France cinéma, Azor Films, S.A., Move Movie

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